Peau atopique : qu'est-ce que c'est et comment y remédier ?

Votre peau est sensible, présente des signes d’inflammation et de sécheresse ? Peut-être avez vous une peau atopique sans le savoir. Qu’est ce que que c’est ? Comment y remédier ? Marie Drago, fondatrice de Gallinée nous répond.

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Votre peau est très sèche, elle est irritée, vous démange et présente des signes de rougeurs et d’inflammation ? Alors vous avez peut-être une peau atopique. Ce type de pathologie cutanée est extrêmement répandue, puisqu’elle fait partie des premières causes de consultation en dermatologie, d’après Bioderma. Véritable enfer pour celles et ceux qui en sont touchés, la peau atopique nécessite des soins tout particuliers et une connaissance poussée de ce problème de peau, pour le maîtriser au mieux. Marie Drago, fondatrice de la marque Gallinée, nous éclaire sur le sujet.

Qu’est-ce que l’atopie ?

« L’atopie est un mot qui définit toute peau qui n’est pas là où elle devrait être, en dehors d’elle-même« , nous explique Marie Drago, avant de poursuivre : « Du point de vue scientifique, cela décrit une surréaction et une inflammation de l’organisme. » Le plus souvent, on parle de peau atopique quand on parle d’eczéma, qui englobe les peaux sensibles et sèches, qui grattent, qui ont des plaques rouges, des petits boutons et qui craquellent. Encore plus étonnant, l’atopie ne concerne pas seulement les problèmes de peau ! Elle peut aussi toucher d’autres organes : « pour l’intestin cela va provoquer des allergies alimentaires, pour les poumons de l’asthme et pour le nez des rhinites allergiques« , explique notre experte.

Si cette condition touche « presque 20 % des enfants« , elle peut également survenir à l’âge adulte ! Selon la fondatrice de Gallinée : « on remarque une poussé chez les femmes après 30 ans, même si on n’est pas complètement sûrs de la raison. »

Quels sont les facteurs aggravants de l’atopie ?

Tout d’abord, il est important de noter que l’atopie désigne une prédisposition héréditaire à développer cette condition, que ce soit sur la peau ou ailleurs. D’après l’Inserm, « entre 50 % et 70 % des individus atteints ont un parent au premier degré qui l’est aussi. Si les deux parents sont atteints, le risque pour l’enfant de développer un eczéma allergique atteint 80 %. »

Cela dit, les facteurs environnementaux pèsent dans la balance : l’exposition à un air trop polluée ou au tabac, par exemple, mais également le mode de vie. Pour Marie Drago, il y a en effet 3 gros groupes de facteurs :

  • Un défaut de la barrière cutanée : « soit un facteur génétique … soit une élévation du pH de la peau.« 
  • Un système immunitaire trop nerveux : « il va surréagir à la moindre agression et provoquer une inflammation.« 
  • Le mode de vie : « une peau sèche, abîmée par les nettoyants, ou irritée par la sueur, la chaleur ou les changements de saisons.« 

D’autres facteurs comme la présence d’acariens dans un habitat isolé et mal ventifié, la présence d’animaux domestiques, les habitudes alimentaires ou encore un lavage excessif de la peau surtout avec les mauvais produits, peuvent également jouer.

Comment traiter une peau atopique ?

Le plus important quand on a une peau atopique, c’est d’agir le plus tôt possible, afin de limiter l’évolution de l’atopie. Idéalement, il faudrait agir dès le stade « nourrisson », lorsque des membres de sa famille sont également touchés, ou lorsqu’il présente une peau sèche, rugueuse ou blanchâtre. Selon notre experte : « on peut agir sur les différents facteurs : Recréer la barrière artificiellement avec des crèmes très occlusifs, affaiblir la réponse immunitaire avec des stéroïdes ou des anti-inflammatoires, ou tuer la bactérie responsable avec des antibiotiques. » Mais n’est pas tout ! Elle précise que « la recherche en microbiome commence à apporter une autre réponse : contrôler la mauvaise bactérie en soutenant le microbiome de la peau« , qui s’occupe de reconstruire la barrière cutanée. Si les probiotiques / prébiotiques sont de plus en plus utilisés dans les cosmétiques, « les premiers traitements médicamenteux à base de probiotiques devraient voir le jour sous peu« , confie-t-elle.

En attendant, il faut adopter les bons gestes et également les bons produits. « La première étape est de ne pas endommager la barrière et le « bon » microbiome » nous explique Marie Drago. Elle conseille donc de bannir les produits et savons avec un pH trop élevé et de se méfier des soins naturels : « naturel ne veut pas toujours dire bon pour la peau !« , en effet, faites très attention au pH de votre produit. Il faudra également appliquer quotidiennement un émollient conçu pour les peaux atopiques, qui va favoriser la reconstruction de la barrière cutanée, tout en rendant la peau plus souple et plus douce. Évitez également les douches trop chaudes, ou les bains moussants et les sels de bain, qui vont irriter la peau et l’assécher. À la place, on opte pour des produits « haute tolérance » et/ou surgras.

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