Affaire Grégory : ces révélations sur les analyses des textes du corbeau

36 ans après le meurtre du petit Grégory, en 1984, l’enquête se poursuit. De nouvelles technologies pourraient permettre de découvrir des indices sur l’identité du fameux corbeau, auteur de lettres anonymes adressées à la famille Villemin après le crime.

  • Grégory Villemin

36 ans ont passé, et l’affaire Grégory continue de fasciner les Français. Enquêteurs et médias ne cessent de passer en revue les éléments de cette affaire hors du commun. En 2019, Netflix diffusait même une mini-série documentaire revenant sur l’affaire. A la rentrée 2021, c’est TF1 qui dévoilera une fiction inspirée de ce terrible meurtre, au grand dam de Jean-Marie et Christine Villemin, les parents du petit Grégory. Tant d’adaptations télévisées qui relancent le débat sur l’identité du fameux corbeau, et donc de l’assassin. Il faut dire que le grand point d’interrogation de cette affaire réside dans les 24 lettres envoyées aux époux Villemin entre mars 1983 et juillet 1985. Des courriers anonymes, d’une rare violence, qui font aujourd’hui l’objet d’analyses approfondies. Le 24 février 2021, nos confrères de Sciences & Vie se sont entretenus avec plusieurs experts chargés de l’examen informatique des textes du corbeau.

La stylométrie au service de l’enquête

C’est la start-up suisse OrphAnalytics qui a été chargée d’analyser les lettres du corbeau, grâce à la stylométrie. Cette technique, encore plus sophistiquée que la graphologie, étudie “le champ lexical, la syntaxe, la ponctuation, l’utilisation d’adverbes, d’adjectifs, et de tous ces mots-outils écrits inconsciemment”. Et avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, la stylométrie pourrait permettre de découvrir des indices sur l’identité du corbeau. “Le procédé consiste à découper le texte en paquets de, par exemple, trois caractères : à partir de ces séquences, les algorithmes parviennent à détecter les propriétés qui trahissent un auteur, et ça marche vraiment bien, avec des taux de fiabilité qui dépassent souvent les 90 % !”, explique ainsi Florian Cafiero, chercheur en linguistique quantitative à l’École nationale des chartes.

“Même un résultat fiable à 90 % ne suffirait pas à établir la culpabilité d’un suspect”, nuance de son côté Gaël Lejeune, maître de conférences en informatique à la Sorbonne, avant d’ajouter : “Mais la stylométrie peut participer au faisceau d’indices et devrait permettre d’en écarter certains.” Pour Florian Cafiero, “ce serait vraiment formidable que cette technique résolve cette affaire emblématique !D’ailleurs, les experts se penchent actuellement sur d’autres crimes non élucidés : “On commence déjà à étudier d’autres cas, comme le tueur en série américain des années 1960 Zodiac, mais aussi Jack l’Éventreur…”, indique finalement Claude-Alain Roten, employé d’OrphAnalytics.

A lire aussi : Affaire Grégory : le nouveau propriétaire de la maison des Villemin a été placé en garde à vue

Source: Lire L’Article Complet