Agnès Buzyn : quelle était sa relation avec son ex-belle-mère Simone Veil ?

Ce mardi 1er novembre, Agnès Buzyn célèbre ses 60 ans. L’ex-ministre de la Santé entretenait un lien particulier avec Simone Veil, sa belle-mère pendant quelques années. Retour sur cette relation qui a “marqué” la deuxième épouse de Pierre-François Veil.

Une belle-mère pareille ne s’oublie pas. Agnès Buzyn, qui célèbre ses 60 ans ce 1er novembre, a eu la chance de connaître intimement Simone Veil. De 1985 au milieu des années 1990, durée du mariage de l’hématologue avec le cadet de l’illustre magistrate, Pierre-François Veil, les deux femmes se sont côtoyées régulièrement. Ensemble, le couple a eu deux garçons : Raphaël et Lucas, marié à Nelly Auteuil depuis 2018. Mais quelle relation entretenaient l’ancienne et la future ministre de la Santé ?

Ce lien familial a beaucoup marqué Agnès Buzyn, personnellement mais aussi dans son cheminement. Ministre en charge de la Santé et des Affaires sociales de 1974 à 1979 puis de 1993 à 1995, Simone Veil a bouleversé la vie de nombreuses femmes avec ses lois. Celle visant à autoriser l’interruption volontaire de grossesse (IVG) a changé la politique française et donné envie à une certaine Agnès Buzyn, alors âgée de 12 ans, de faire de même lorsqu’elle serait adulte. Le film Simone : le voyage du siècle, avec Rebecca Marder et Elsa Zylberstein, sorti au cinéma le 12 octobre dernier, met en lumière cette vie de lutte.

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Agnès Buzyn fière de l’héritage laissé par Simone Veil

“Si je suis ministre, c’est pour ce goût de travailler au service des autres. (…) Je suis dans ce ministère grâce à ce que Simone Veil m’a légué. (…) C’est très symbolique et assez douloureux. Me retrouver à la tête de ce ministère quand elle disparaît, c’est très chargé d’émotion”, confiait Agnès Buzyn à France Inter à la disparition de son ex-belle-mère, en juin 2017. Cela faisait alors un mois qu’elle avait fait son entrée au ministère de la Santé. 43 ans après les premiers pas de Simone Veil en politique, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

“Simone Veil incarne un modèle de détermination et d’humanité au service des autres. Elle restera une figure emblématique au parcours personnel et politique hors du commun”, avait salué Agnès Buzyn dans un sobre hommage publié sur le site du ministère à son décès. Un extrait de son brillant discours pour la dépénalisation de l’IVG en 1974, avait alors été cité, preuve de l’admiration que portait la ministre à sa prédécesseur et bien aimée ex-belle-mère. “Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme — je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes”, était-il rappelé, comme quelques lignes à ne jamais oublier.

Quand Agnès Buzyn racontait la Simone Veil “privée”

Dans un entretien accordé au Parisien en 2018, Agnès Buzyn s’était épanchée sur la femme que Simone Veil était en privé. “Elle était pudique, très proche de sa famille, très chaleureuse, très aimante. Très soupe au lait aussi. Elle était capable de grandes colères. C’était une femme de convictions, elle pouvait s’emporter. Mais toujours dans la bienveillance”, avait-elle rapporté, émue, avant de souligner tous les combats que cette “héroïne” avait menés au fil de sa vie. “Ce qui la guidait c’était avant tout la dignité de la personne. Que chacun ait sa place. Elle n’avait pour seule boussole que l’intérêt des gens. Elle cherchait des solutions pragmatiques. N’était jamais dans l’invective ou l’idéologie”, avait salué Agnès Buzyn.

Quelques années plus tôt, la future ministre, aujourd’hui mise en examen pour sa gestion de la crise sanitaire, avait par ailleurs témoigné des désavantages que lui avait apportés ce lien de parenté précieux dans sa carrière. Notamment lorsqu’elle a été nommée à la présidence de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire en 2008. “Certains de mes collègues m’ont dit que j’avais été nommée parce que j’avais été la belle-fille de Simone Veil”, avait-elle ainsi déploré dans Libération en 2011.

Crédits photos : Pierre Perusseau / Bestimage

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