« Allez-y… » : Eric Dupond-Moretti, les coulisses de sa perquisition tendue

Convoqué vendredi, en vue d’une probable mise en examen pour “prise illégale d’intérêts”, Eric Dupond-Moretti est dans la tourmente. Une affaire embarrassante marquée par une perquisition spectaculaire au ministère de la Justice, dont de nouveaux détails viennent d’être révélés.

A-t-il profité de sa fonction ministérielle pour régler des comptes ? Soupçonné d’avoir ordonné des enquêtes administratives sur des magistrats auxquels il a été opposé comme avocat, Eric Dupond-Moretti est convoqué vendredi devant les juges de la Cour de justice de la République (CJR) en vue d’une probable mise en examen. La suite d’une affaire gênante pour le garde de Sceaux et Emmanuel Macron, plus de deux semaines après une perquisition qui avait fait grand bruit. Le 1er juillet, le bureau de l’ex-figure du barreau a été fouillé pendant pas moins de 15h par les gendarmes de la section de recherche de Paris. Même des vieux coffres – finalement vides – ont été ouverts à la meuleuse.

Disproportionné ? C’était bien la réaction d’un Eric Dupond-Moretti très remonté durant les opérations. Comme le prouve cette scène tendue racontée par Le Parisien :Quand je fais une perquisition, je la fais jusqu’au bout“, a dû justifier un magistrat face au garde des Sceaux. Ce dernier s’est alors tourné vers un “gros instrument de l’époque Napoléon“, une presse à authentifier les modifications de la Constitution, avant de montrer son agacement : “Allez-y, il y a dessous un meuble avec une serrure secrète“. Mais les enquêteurs n’ont pas voulu fracturer ce “mobilier national“.

Eric Dupond-Moretti et la démission

Un an après sa nomination, Eric Dupond-Moretti ne semble pas pour autant sur un siège éjectable. Si beaucoup ont parié sur sa sortie du gouvernement, l’ex-avocat peut compter sur des soutiens de poids. A commencer par Emmanuel Macron. “La justice est une autorité, pas un pouvoir. Je ne laisserai pas la justice devenir un pouvoir”, a tranché le président lors du dernier Conseil des ministres. Pour le chef de l’Etat, cela semble être clair : c’est le compagnon d’Isabelle Boulay qui est victime d’un règlement de comptes de syndicats de magistrats.

De quoi repousser le scénario d’une démission forcée. D’autant qu’Eric Dupond-Moretti peut compter sur un autre élément favorable : l’actualité liée au Covid-19 qui pourrait faire passer l’affaire au second plan. “Hors contexte sanitaire, cela aurait été difficile, pense un conseiller du gouvernement. Mais en ce moment, les gens s’en contrefoutent“.

Crédits photos : Panoramic / Bestimage

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