Bernard Werber: découvrez un extrait de son nouveau roman "La prophétie des abeilles"

Femme actuelle vous propose de découvrir un extrait de La prophétie des abeilles, le nouveau roman de Bernard Werber qui vient de paraître chez Albin Michel.Un roman époustouflant qui va vous faire voyager dans le temps.

  • Christine Angot
  • Raphaël

Envie de lire, oui mais quoi ? Difficile de faire son choix parmi les 521 nouveaux romans parus en cette rentrée littéraire 2021. Nous vous avons déjà conseillé cinq romans formidables que nous avons ADORÉS et vous avons expliqué pourquoi il fallait absolument lire Le Voyage dans l’Est, de Christine Angot (éd. Flammarion) qui vient de remporter le prix Médicis. Nous vous avons également fait découvrir un extrait de Au printemps des Monstres, le nouveau livre de Philippe Jaenada (éd. Mialet Barrault, 752 p., 23 €) et de Une éclipse, le recueil de nouvelles du chanteur Raphaël (éd. Gallimard ,192 p., 18 €). Sans oublier un autre merveilleux recueil signé Christiane Taubira: Ces morceaux de vie… Comme carreaux cassés (éd. Robert Laffont, 256 p.,16,90€). Aujourd’hui c’est un extrait de La prophétie des abeilles le nouveau roman de Bernard Werber que nous vous proposons de découvrir (éd. Albin Michel, 592 p., 22,90 €).

Un roman époustouflant qui va vous faire voyager dans le temps

A sept ans, Bernard Werber prenait déjà la plume pour raconter Les aventures d’une puce. Ses fans l’ont découvert vingt-trois ans plus tard, avec sa Trilogie des fourmis. Depuis l’au-delà nous avez propulsé aux confins du monde réel et de l’invisible. Aujourd’hui il se pique aujourd’hui des abeilles pour notre plus grand plaisir. Son époustouflant roman va vous faire voyager dans le temps. Bonne lecture!

« Dans le casque du chevalier, l’abeille émet par intermittence son bourdonnement.

Il n’ose plus approcher ni la main ni la langue.

Fiche le camp.

Il se demande s’il ne pourrait pas enlever son heaume pendant que les soldats rechargent les catapultes. Sa mentonnière est nouée avec un lacet de cuir bien serré, et le temps qu’il défasse et refasse le nœud, la muraille risque d’être perforée et l’ordre d’attaque serait alors immédiatement lancé.

L’abeille circule toujours dans l’espace intérieur du casque, s’approche de son oreille gauche, confondant le tunnel du pavillon auditif et son cérumen avec la corolle d’une fleur pleine de pollen. Le bourdonnement de l’insecte résonne plus fort. Il a un frisson désagréable.

L’abeille a reconnu les fragrances mais ne comprend pas pourquoi cette rose est aussi bizarre. Elle ne veut pas rentrer bredouille à la ruche, alors elle ressort de l’oreille et continue son exploration.

Le chevalier sent que le l’insecte remonte le long de sa nuque puis par l’arrière de sa tête, pour se retrouver coincé entre les cheveux et le sommet du casque où il bourdonne avec frénésie.

Il faut vraiment que je retire mon heaume.

Il enlève ses gants et commence à tripoter le nœud de sa mentonnière, mais celui-ci est difficile à défaire. Comme le chevalier a la mauvaise habitude de se ronger les ongles, il ne peut s’aider de ceux-ci. Déjà il entend un nouvel ordre derrière lui.

– RECHARGEZ !

Qui s’enchaîne avec un :

– LÂCHEZ !

Les lourds rochers sphériques volent haut. Une fois que la poussière des éclats s’est dispersée, on distingue une brèche nette. Les mille quatre cent quarante chevaliers poussent alors des cris d’allégresse, auxquels se joignent les douze mille fantassins derrière eux. Le soleil est maintenant bien jaune et illumine tout.

– À L’ASSAUT ! DIEU LE VEUT ! crie la voix forte de l’officier.

Aussitôt une trompette retentit, suivie par plusieurs autres cornets. Les tambours se mettent à battre pour donner le rythme, tandis que les fantassins avancent en brandissant les lances, les piques, les longues échelles et les béliers.

Bon, cette fois, tant pis pour l’abeille, je dois y aller.

Le chevalier remet vite ses gants, éperonne son cheval, serre son bouclier et ses rênes de la main gauche, dégaine son épée de la main droite, et reprend le cri de ralliement :

-DIEU LE VEUT !

Tout en fonçant vers les murailles hérissées d’ennemis, il ne peut s’empêcher de s’inquiéter :

Où est passée l’abeille ?

À ce moment précis, l’insecte descend sur sa paupière. Affolée par l’agitation et le vacarme qui ne font qu’augmenter, l’abeille panique et, dans un réflexe désespéré, lui enfonce d’un coup son dard. »

La prophétie des abeilles de Bernard Werber, éd. Albin Michel, 592 p., 22,90 €

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