“C’est intense” : Élisabeth Borne sans fard sur “l’enfer de Matignon”

Trois jours après s’être vue refusée sa démission par Emmanuel Macron, Élisabeth Borne était interviewée par Ruth Elkrief ce jeudi 23 juin sur LCI. Avant de parler des préoccupations des Français, la journaliste a questionné la Première ministre sur son état, un mois après sa nomination.

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  1. Elisabeth Borne

Semaine compliquée pour Élisabeth Borne. Après une victoire en demi-teinte pour Ensemble !, la coalition présidentielle, au second tour des législatives de ce 19 juin, et bien qu’elle ait remporté l’élection de sa circonscription du Calvados, la Première ministre a remis sa démission à Emmanuel Macron, dès le 21 juin. Refusé par le président, cet aveu d’échec est le signe que, depuis la composition officielle du Parlement, l’exécutif se trouve dans une impasse politique. Pour l’expliquer, Élisabeth Borne répondait ce jeudi 23 juin aux questions de Ruth Elkrief, sur LCI. “Est-ce que vous vous dites : c’est l’enfer de Matignon ?” lui a demandé la journaliste. “Je vous le confirme : c’est intense. Mais je ne suis pas vraiment surprise parce que j’ai eu l’occasion de passer quelques années comme conseillère ici”, a répondu l’ex-ministre du Travail.

“On est là pour régler tous les problèmes qui n’ont pas pu se régler auparavant dans un ministère. Il y a beaucoup de sujets qui peuvent remonter ici et généralement ce ne sont pas des sujets simples”, a-t-elle précisé au début de l’entretien. Fragilisée par l’absence de majorité absolue de son camp à l’Assemblée nationale, Élisabeth Borne doit ces derniers jours composer avec les deux forces d’opposition à Ensemble ! à savoir la Nupes et le Rassemblement national, ayant respectivement remporté 131 et 89 sièges dans l’hémicycle.

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👉 C'est "l'enfer" de #Matignon ?

🗣️ @Elisabeth_Borne
"C'est intense mais je ne suis pas surprise […] Nous sommes là pour régler les problèmes qui n'ont pas pu se régler auparavant dans un ministère."

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Élisabeth Borne sur un siège éjectable ?

Et si Emmanuel Macron a refusé la démission de son bras droit, ce n’est pas pour autant qu’Élisabeth Borne ne se trouve pas sur un siège éjectable. Plus que jamais convoité par de nombreuses personnalités politiques, notamment à droite, Matignon se doit aujourd’hui de symboliser l’équilibre au sein de l’exécutif. Même si chacun, y compris le chef de l’État, a bien compris que ce concept était fragile. La nomination d’Aurore Bergé comme présidence de Renaissance, ainsi que la candidature de Yaël Braun-Pivet pour tenir les rênes de l’Assemblée nationale, pourraient augurer d’un changement de cap.Une femme à l’Assemblée permet un homme à Matignon”, a ainsi soufflé un macroniste à Libération.

Après avoir reçu tous les chefs de partis, Emmanuel Macron s’est exprimé depuis l’Élysée ce mercredi 22 juin pour admettre la position délicate dans lequel se trouve son alliance mais aussi tenter de faire son mea culpa. Le chef d’État n’a toutefois pas minimisé la responsabilité de l’opposition. “Tous ont fait part de leur respect de nos institutions et de leur volonté d’éviter un blocage pour notre pays. Je sais cet esprit de responsabilité et je souhaite qu’il s’inscrive dans la durée”, a-t-il reconnu. “Pour avancer utilement, il revient maintenant aux groupes politiques de dire en toute transparence jusqu’où ils sont prêts à aller”, a conclu le président de la République lors de son allocution télévisée.

Crédits photos : Capture d’écran / LCI

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