"Emily in Paris" a-t-elle volé sa place aux Golden Globes ?

Plus de trente membres de la Hollywood Foreign Press Association (HFPA), en charge des votes de la cérémonie des Golden Globes, se seraient vus offrir un séjour de luxe sur le tournage de la série produite par Netflix, a révélé le Los Angeles Times, le dimanche 21 février.

Parmi les nommés de la cérémonie des Golden Globes, il en est un qui a fait naître des interrogations : la série Emily in Paris, sélectionnée dans les catégories Meilleure série humoristique et Meilleure actrice dans une série humoristique – pour Lily Collins, l’héroïne du show estampillé Netflix et sorti en octobre 2020. Un choix contesté par les internautes, qui ont fait part de leur incrédulité. Même Deborah Copaken, l’une des scénaristes du programme, a exprimé sa stupéfaction dans une tribune publiée par le Guardian.

Elle y affirme que la série I May Destroy You méritait davantage de faire partie des nommés aux Golden Globes. Trois semaines après cette annonce, le Los Angeles Times a quant à lui pointé du doigt des irrégularités dans le processus de sélection des candidats. Le quotidien a ainsi affirmé, dans une enquête parue le dimanche 21 février, qu’une trentaine de membres de la Hollywood Foreign Press Association (HFPA), l’organisme en charge des votes aux Golden Globes, avaient au préalable accepté un séjour de luxe sur le tournage d’Emily in Paris.

En vidéo, “Emily in Paris”, la bande-annonce

Palaces et visites privées

En 2019, la production du show leur aurait ainsi offert deux nuits au Peninsula, un hôtel cinq étoiles situé au cœur de la capitale française. L’établissement propose des suites dont le prix s’élève jusqu’à 1150 euros la nuit. Les membres du comité auraient également eu l’opportunité de déjeuner au Musée des Arts Forains, puis d’effectuer «une visite privée» de l’institution, «remplie de manèges datant de 1850». «Ils nous ont traités comme des rois et des reines», a déclaré l’un des invités, qui a préféré conserver l’anonymat. Le Los Angeles Times s’est donc interrogé : les deux nominations raflées par la série signée Darren Star relèvent-elles réellement d’une simple coïncidence ? Le quotidien californien dénonce en tout cas un «conflit éthique» au sein de la HFPA.

Selon le média, les 87 membres de l’organisation – des journalistes issus de multiples pays du globe – constitueraient des «cibles faciles» pour les studios. Ces derniers se verraient régulièrement offrir des séjours dans des hôtels de luxe, des «cadeaux», des «dîners» ou encore des invitations à des soirées VIP, dans le cadre de la promotion de films et séries. Les différents comités de la HFPA procureraient, par ailleurs, de confortables compléments de revenus à leurs membres les plus âgés. «Fin 2020, l’association versait près de 100.000 dollars (82.000 euros, NDLR) par mois à certains de ses membres, siégeant dans une douzaine de comités différents», peut-on lire dans l’enquête. Des révélations qui pourraient bien ternir l’image de la cérémonie, dont la prochaine édition sera diffusée le 1er mars sur NBC.

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