Emma Chamberlain, Léna Situations… Quand les influenceurs jouent la carte de l'authenticité

Ils ont désormais un nom, les genuinfluenceurs. Ces créateurs de contenus des quatre coins du monde qui se débarrassent des filtres et des effets pour apparaître sous leur "vrai" visage devant leur communauté. Une nouvelle ère d’authenticité s’impose sur les réseaux sociaux, habituellement décrit comme un lieu très superficiel et rempli de faux-semblants.

Les subterfuges pour se cacher derrière un écran n’ont plus la cote chez les internautes. Aujourd’hui, ils sont à la recherche d’influenceurs et d’influenceuses qui séduisent par leur authenticité, quitte parfois à se montrer vulnérable et loin d’être parfait. Le mur dressé pendant des années entre influenceurs et influencés s’effondre.

Un influenceur attachant et naturel

Le terme « genuinfluenceurs » a été inventé par la société de prévision de tendances WGSN. C’est un mixte entre « genuine » (authentique en français) et influenceur. Ce sont toutes les stars du web comme Emma Chamberlain, Léna Situations ou Marine LB qui utilisent leurs différentes plateformes pour partager leur quotidien de manière brute. Selon Hilary Williams Dunlap, vice-présidente d’une agence de marketing digital, interrogée par Vogue, « le paysage a complètement changé en ce qui concerne les personnes considérées comme des personnes d’influence et la façon dont nous définissons ce terme« . La nouvelle génération est attachante, avec qui on peut facilement s’identifier, très naturelle, et surtout beaucoup plus ancrée dans la réalité avec de véritables problèmes (mentaux pour la plupart) mais aussi des manières de vivre similaires à leur public.

Une authenticité à double tranchant

« Et aujourd’hui, le fait d’être trop « aspirationnel » (« retouché ») est carrément considéré comme rebutant par une grande partie de la Gen Z », continue Hilary Williams Dunlap. Beaucoup de jeunes internautes se mettent à « cancel » des influenceurs trop « fake » d’après eux, qui ne renvoient pas une bonne image car celle-ci est dénuée de défauts. Les genuinfluenceurs en faisant preuve de transparence, sans même parfois s’en rendre compte, peuvent aussi se faire critiquer mais sur des points beaucoup plus intimes. Le risque avec l’authenticité c’est qu’elle attire aussi une audience beaucoup plus sympathisante presque même amicale et qui va donc se permettre, comme un ami le ferait dans la réalité, à faire certaines remarques. Jouer la carte de l’honnêteté est donc à double tranchant car même si de manière générale la communauté créée autour de l’influenceur est très soudée et d’un soutien indéniable, les haters existent toujours.

Des personnalités plus que des contenus

Le contenu proposé par ce type d’influenceurs ne semble pas intéressant pour la plupart des internautes extérieurs. En réalité, c’est la personnalité qui prévaut sur la nature du contenu. Quoi que fasse ce genre d’influenceurs comme vidéo, la communauté regardera. Par exemple, même si c’est une minute de plan sur Emma Chamberlain qui lit un livre comme l’expliquent les Youtubeurs « Colin and Samir » dans leur vidéo « Dear Emma Chamberlain, You’ve Changed ».

Cette capacité a attiré une audience pour soi est très rare et permet aussi de se maintenir sur le long terme. Car si l’influenceuse ne fait pas de vidéos pendant un certain temps, l’abonné va revenir quand elle ressortira une vidéo. Ce qui n’est pas le cas par exemple pour des vidéos virales comme celles de Logan Paul qui fonctionnent bien sur le coup mais qui, s’il n’y a pas de posts réguliers, vont voir leur audience chuter. Avoir un lien privilégié avec sa communauté n’est donc pas donné à tout le monde. Pourtant, quand on y réfléchit, il suffit « juste » d’être soi-même pour réussir sa carrière d’influenceur. Que ce soit sur Youtube ou sur TikTok, bon  nombre de petits influenceurs se mettent à filmer des daily vlogs. Ce sont de simples vidéos de leur journée auxquelles bon nombre d’adolescents peuvent s’identifier, aussi bien au niveau de leur style de vie (repas peu équilibré, vie sociale très active, heure de couchée tardive…) qu’au niveau que de leur apparence (sans maquillage, au saut du lit, en pyjama…). Fini le temps des vidéos surjouées parfois même scriptées, l’heure est à l’authenticité.

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Léa Dechambre

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