Emmanuel Macron et Édouard Philippe : ce dîner à l’Élysée pour contrer « les divisions mortifères »

Le Parisien revient ce vendredi 1er octobre sur ce dîner où Emmanuel Macron a reçu les figures de sa majorité, afin de poser les bases du futur de celle-ci, et de lutter contre « les divisions mortifères » qui la menacent.

Ce n’était pas encore un dîner de réconciliation, plutôt de prévention. Ce mercredi 29 septembre, Emmanuel Macron recevait dans le salon d’hiver de l’Élysée les chefs de file de sa majorité présidentielle, avec pour objectif de lancer les bases de la refonte de l’union de celle-ci autour du président, en vue de sa réélection. Parmi les invités, et celui à qui semblait se destiner le message d’union : Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre. Une présence précieuse et nécessaire, d’autant plus que le maire du Havre ne sera pas en Avignon ce samedi 2 octobre, pour le « Campus En Marche !« . Précédemment engagé dans « des rendez-vous calés de longue date » au Havre, l’édile y enverra cependant une participation vidéo, selon Le Parisien de ce vendredi 1er octobre.

Car ces dernières semaines, l’ancien locataire de Matignon, qui s’affirme libre, mais loyal à Emmanuel Macron, a mis en avant sa soif de liberté plutôt que sa loyauté. Notamment dans le magazine Challenges de ce jeudi 30 septembre, où Édouard Philippe s’affiche en Une, une « Alerte ! » en lettres blanches étalées à ses côtés. Dans le magazine économique, il ne ménage pas l’exécutif, critique l’explosion de la dette, et pousse pour une priorité à la réforme des retraites, qui ne ferait pas l’impasse sur le recul de l’âge de départ à la retraite, entre 65 et 67 ans. « Ceux qui promettent de régler la question des retraites sans prolonger la durée de la vie active mentent aux Français« , assène-t-il sans détour. Dernier coup de canif : le revenu d’engagement pour les jeunes, cher à Emmanuel Macron, qu’il juge « contestable« , car il prend « le risque de désinciter à l’entrée sur le marché du travail« .

« C’est le propre du débat » s’agace un proche d’Édouard Philippe

Des positions qui n’ont pas manqué de faire réagir les proches d’Emmanuel Macron, qui s’alarment dans Le Parisien : « Il torpille la campagne, c’est un coup monté. C’est mortel », juge ainsi un des soutiens du président. Un autre y voit la tentative d’Édouard Philippe de « récupérer une partie de la droite orpheline« . Dans l’entourage du Havrais, on rappelle simplement son droit à la liberté d’expression : « Édouard a tourné la page de Matignon, et entre dans un autre moment. Il fait entendre sa liberté de parole. Cela ne plaît pas forcément à tout le monde, mais c’est le propre du débat !« , défend un de ses proches.

D’où l’apparente nécessité pour le chef de l’État de sonner le rassemblement des troupes ce mercredi soir, où il a formellement prévenu contre « les divisions mortifères » dans le futur de la majorité présidentielle. Tout en étant conscient de la nécessité de la réformer : « Ça ne doit pas être l’UMP, mais ça ne doit pas être des chapelles non plus« , a détaillé le chef de l’État. Car pour certains, comme François Bayrou les divergences entre les composantes de cette majorité sont bien présentes. Lui se positionne clairement comme un homme du centre, marquant sa « différence » avec une droite incarnée par Édouard Philippe, selon Le Parisien.

« Maison commune », ou « maison du bonheur » pour En Marche ?

Devant l’expression de « maison commune » volontiers mise en avant par François Bayrou, Édouard Philippe relance : « Maison commune oui, mais surtout maison du bonheur où chacun se sente bien dedans. » Et quelle place dans cette maison, qu’elle soit commune ou du bonheur, pour le parti politique qu’Édouard Philippe s’apprête à lancer, le 9 octobre ? Pour un des conseillers du gouvernement, la question se pose : « À quoi ça sert de l’avoir autour de la table, si c’est pour qu’il fasse entendre sa musique en Une de Challenges ? Ce n’est pas bon« , s’agace-t-il.

Mais côté Édouard Philippe, on s’amuse de la fébrilité des responsables de la majorité : « Je note que la majorité se structure de façon accélérée depuis qu’Édouard a annoncé son projet de parti politique. Sans doute une coïncidence de dates« , souligne un des proches de l’édile havrais. Entre divisions dangereuses et volonté d’émancipation, ce dîner promet d’être le premier d’une longue série…

Crédits photos : Ludovic Marin/Pool/Bestimage

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