Éric Dupond-Moretti convoqué devant les juges dans le cadre d’une enquête pour conflit d’intérêt

Jeudi 1er juillet dernier, le ministère de la Justice a été perquisitionné dans le cadre d’une enquête sur Éric Dupond-Moretti, soupçonné de conflit d’intérêt. Les magistrats n’ont pas traîné pour convoquer le garde des Sceaux : il sera entendu le 16 juillet prochain en vue d’être mis en examen, nous apprend Le Parisien.

Eric Dupond-Moretti

Éric Dupond-Moretti connaît la procédure qui l’attend. Pour l’avocat, qui se disait “serein” jusqu’à présent dans le cadre de l’enquête ouverte à son encontre, les choses ont pris une tournure plus sérieuse ce lundi 5 juillet. “Extrêmement serein” : c’était bien le sentiment exprimé par Éric Dupond-Moretti, après la longue perquisition effectuée jeudi dans ses bureaux au ministère de la justice. Dans le Journal du Dimanche (JDD) du 4 juillet, il met en cause, sans le nommer directement, le principal syndicat de magistrats. “Le but de ce syndicat est d’obtenir un nouveau garde des sceaux. Ce n’est pas ce que prévoit la Constitution… C’est du Premier ministre et du président de la République que je tiens ma légitimité, et d’eux seuls, a ajouté le ministre de la Justice visé par une enquête des magistrats de la Cour de justice de la République (CJR) sur de possibles conflits d’intérêts entre son action de garde des sceaux et ses anciennes fonctions d’avocat.

“J’ai suivi les recommandations de mon administration », s’est défendu M. Dupond-Moretti dans le JDD. Or l’affaire vient de prendre un tout autre tournant en ce lundi 5 juillet, puisque selon les informations exclusives du Parisien, le garde des Sceaux est convoqué devant les juges le 16 juillet prochain.

Les juges décideront

Les magistrats de la Cour de justice de la République, seule juridiction autorisée à pouvoir enquêter et auditionner un ministre sur des faits commis lorsqu’il était en poste, ont remis sa convocation d’audition au ministre. Le ministère de la Justice avait été perquisitionné dans le cadre d’une enquête sur l’homme politique et avocat, soupçonné de conflit d’intérêt. Sur place, gendarmes et juges avaient attendu “l’arrivée d’un serrurier pour pouvoir ouvrir, à la disqueuse, de vieux coffres-forts installés dans le propre bureau du ministre”. Les données du téléphone professionnel du ministre avaient également été saisies.

Plusieurs collaborateurs du ministre, mais aussi l’ex-associé de l’ancien avocat, ont été auditionnés comme témoins par les magistrats ou les gendarmes. Le Premier ministre, Jean Castex, a lui aussi été entendu le 7 juin, comme l’a révélé le Canard enchaîné. Dans l’entourage du ministre, on s’étonne de la rapidité des investigations et de la notification de la convocation au ministre le jour même de la perquisition, alors qu’aucun document n’avait pu être encore analysé, relève le Parisien. Certaines têtes doivent-elles tomber ? La justice tranchera.

Source: Lire L’Article Complet