Guy Bedos aidé à mourir dignement : son fils Nicolas bouleversant

Guy Bedos est mort le 28 mai 2020. Dans un long texte publié dans L’Obs ce mercredi 12 mai, Nicolas Bedos est revenu sur les derniers jours de son père et a raconté comment il a aidé ce dernier à mourir dignement.

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“Il nous a dit au revoir comme un prince.” C’est ainsi que Nicolas Bedos avait parlé des derniers instants de vie de son père, Guy Bedos, dans les colonnes du Point, en juillet 2020, peu de temps après la disparition de l’acteur. Dans un long texte écrit par ses soins et publié dans les pages de L’Obs ce mercredi 12 mai, soit près d’un an après le décès de son père, l’ex de Doria Tillier s’est une nouvelle fois confié au sujet de son paternel et a raconté comment il l’avait aidé à mourir dignement, malgré la maladie. Alors que sa mère, Joëlle Bercot, qui s’occupait sans cesse de son père, était de plus en plus épuisée, Guy Bedos continuait à perdre beaucoup de poids. “Il ne sort plus de son lit, ses mains sont devenues si fines qu’on a peur de les briser sous le poids des baisers”, a écrit Nicolas Bedos.

Ensemble, la famille a alors pris une décision importante : celle de faire partir Guy Bedos, dans sa chambre, entouré des siens. À ce moment-là, le comédien a tout de même demandé à son père ce qu’il souhaitait. Mais ce dernier n’a plus la force de répondre. “Il me répond par un silence, balancé droit dans les yeux. Nous en sommes réduits à traduire ce qu’il ne dit plus.” Après avoir tenté de joindre le “docteur T.”, avec qui Guy Bedos s’était lié d’amitié, Nicolas Bedos est parvenu, grâce à l’aide d’un autre médecin, à se procurer “une ordonnance de Rivotril, un antiépileptique couramment utilisé dans ces cas-là, comme l’a expliqué l’intéressé. Par mesure de précaution, le fils de Guy Bedos se l’est fait prescrire à son nom et a dû invoquer des problèmes d’insomnie chronique. “Je me revois sur mon scooter, me rendant à la pharmacie pour acheter la mort de l’homme que j’aime le plus au monde.”

Guy et Nicolas Bedos, fervents défenseurs de l’euthanasie

Les jours qui ont été suivis ont sans doute été les plus éprouvants. “La nuit suivante sera la dernière. Longue. Bouleversante. Le lendemain, le flacon est plein. Mon père n’en a pas eu besoin pour offrir à son médecin l’état somnolent apparemment nécessaire à une intervention – qui eut lieu vers 17 heures”, s’est souvenu Nicolas Bedos. Une délivrance qui aurait dû avoir lieu plus tôt, selon l’acteur et réalisateur : “Il aura donc fallu qu’il baisse entièrement le rideau et ne pèse plus que quelques kilos pour que la société daigne choisir ‘le jour et l’heure'”, a-t-il déploré.

Guy Bedos et son fils Nicolas ont toujours défendu l’euthanasie avec conviction. Dans l’émission De vous à moi, Guy Bedos avait confié à Serge Moati : “Je veux mourir dans la dignité, décider du jour et de l’heure.” Et d’ajouter, avec l’humour grinçant qui le caractérisait : “C’est hideux les vieillards. Je veux mourir avant d’avoir des couches.” Son fils a lui aussi démontré qu’il était animé par le même combat.

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“Il y a des pères qui partagent la passion du football ou de la guitare avec leur fils, mon père et moi avons toujours eu en commun une relation étroite avec l’envie de débrancher la machine, faisant de cette idée une sorte de compagne presque réconfortante en cas de désespoir, de déroute affective ou intellectuelle”, a raconté le frère de Victoria Bedos. Une tribune nécessaire, alors que la question de l’euthanasie, défendue par plusieurs autres personnalités telles que Françoise Hardy, est au coeur du débat en France.

A la Une de @lobs en kiosque aujourd’hui « Mon père voulait mourir autrement », par Nicolas Bedos. Dans un texte poignant, l’auteur et cinéaste revient sur la disparition douloureuse de son père, Guy Bedos, il y a un an. Il appelle à une modification de la loi sur la fin de vie. pic.twitter.com/dM4JSfOeNx

Crédits photos : RACHID BELLAK / BESTIMAGE

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