INTERVIEW – Vie amoureuse, Emmanuel Macron, vaccin… Danièle Gilbert se confie sans tabou

Il y a 40 ans tout juste, elle présentait pour la dernière fois l’incontournable émission de variété Midi Première. Toujours sur scène à 78 ans, Danièle Gilbert, alias « La grande Duduche », qui avait le culot de poser nue pour Lui à 45 ans, a toujours le goût de l’autodérision. Et pas la langue dans sa poche.

Au moment où on la joint par téléphone, elle sort à peine de chez le coiffeur. Danièle Gilbert, qui est en tournée pour deux ans avec Grosse chaleur, une pièce à six personnages de Laurent Ruquier, se veut toujours impeccable. Elle n’est pas le genre à se laisser aller… sauf quad elle se livre avec sa franchise connue de tous.

Gala.fr : On ne vous verra donc jamais en jogging avec des bigoudis sur la tête ?
Danièle Gilbert :
Certainement pas ! Je suis quelqu’un de plutôt naturel, mais j’estime qu’il faut être propre sur soi. C’est une politesse vis-à-vis des gens. Je n’aime pas le côté on sort débraillé, on fait grunge, il n’y a plus de stars comme Bardot ou Marilyn Monroe et c’est bien dommage ! Mais à part ça, je ne passe pas mon temps à m’observer.

Gala.fr : Médecine ou chirurgie esthétique, ça vous tente quand même ?
Danièle Gilbert :
Non, non, c’est pas mon truc. Et puis il faut en faire quand on en a besoin. Moi je ne pense pas en avoir besoin, voilà, c’est tout. A 90 ans, maman n’avait pas une ride, encore moins que moi.

Gala.fr : Quand, au début de la pandémie, on a commencé par vacciner les plus de 75 ans -vous en avez 78 aujourd’hui. Ça vous a donné un coup de vieux ?
Danièle Gilbert :
Pas du tout ! Vous m’avez l’air obsédée par la vieillesse, mais moi je n’ai aucun état d’âme ! Vous savez il y a des gens qui sont vieux à 20 ans ! C’est quand on n’a plus de curiosité qu’on devient vieux.

Gala.fr : Ça vous angoisse la Covid-19 ?
Danièle Gilbert :
Non. Vous savez, j’ai été contaminée la première semaine de janvier 2021 et je n’ai eu aucun symptôme. Et puis ce qui me fait doucement rigoler, c’est qu’on est dans une époque où il est interdit de mourir ! Mais il faut quand même savoir que c’est le chemin de tout le monde ! Après, ça ne n’empêche pas de respecter les gestes barrière, j’ai fait mes trois vaccins… Mais je ne suis ni obéissante, ni farfelue. Moi ça m’a sidérée de voir défiler les médecins pendant le confinement sur les plateaux télé, il n’y en avait pas deux qui étaient d’accord, mais ils ont pris un peu goût à être chroniqueur hein ! C’est comme les politiques, maintenant, ils se recyclent.

Gala.fr : Vous connaissiez les frères Bogdanoff ?
Danièle Gilbert :
Très bien. J’ai fait leur première télé. Ils étaient tout beaux. C’était en 1975. C’est vrai qu’il ne faut pas braver tous les dangers, mais on ne sait pas, ils avaient peut-être quelque chose qui les a empêché de se faire vacciner, ils n’étaient pas antivax.

Gala.fr : Vous avez été élue dans votre région dans le passé, vous avez soutenu Valéry Giscard d’Estaing. Que pensez-vous de cette présidentielle ?
Danièle Gilbert :
En ce moment, on a l’impression que la société, la civilisation même, se fait hara-kiri ! C’est tout. Rien n’est à sa place. On vit dans un grand foutoir. Et pour l’instant c’est super négatif, en espérant que tout va se reconstruire en bien.

Gala.fr : Ça vous choque un Macron qui veux « emmerder » les antivax ?
Danièle Gilbert :
Rien ne me choque, mais les gens n’ont pas du tout envie que le président de la République parle comme eux. C’est ce que je pense. C’est une erreur. Ça ne sert à rien de faire comme si on se mettait à niveau, il faut vraiment s’intéresser aux gens, voilà.

Gala.fr : Avez-vous toujours le cœur à droite ?
Danièle Gilbert :
J’ai le cœur ni à droite ni à gauche, j’ai le cœur du bon sens. Je ne sais pas ce qui va sortir de cette élection, en tout cas, il y a du suspense.

Gala.fr : Il y avait eu des rumeurs sur une histoire entre vous et Giscard d’Estaing…
Danièle Gilbert :
Giscard d’Estaing ? Je lui dois indirectement d’avoir été virée de la télé par Mitterrand parce que je venais de Chamalières, comme lui, et il n’a rien fait pour moi, alors…. Mais je m’en fiche, je ne demande rien, je ne veux pas être pistonnée, à part par le public.

Gala.fr : Une femme à l’Elysée, ça vous plairait ?
Danièle Gilbert :
Je ne suis pas féministe. Je suis d’accord qu’à une époque les femmes étaient juste là pour rester à la maison, c’est sûr, -moi d’ailleurs je ne suis pas du tout femme d’intérieur, je suis une femme d’extérieur-, mais ça m’énerve cette histoire de quotas. C’est de l’humain, c’est pas des maths. Si une femme sait bien faire, c’est très bien qu’il y ait une femme, si c’est un mec qui sait très bien faire, c’est très bien que ce soit un mec. Et c’est tout.

Gala.fr : À 45 ans, vous avez accepté de poser nue pour Lui. Vous n’avez peur de rien ?
Danièle Gilbert :
Au contraire, je me suis régalée ! On me l’avait d’abord proposé pour Playboy. On m’apporte le contrat, il y avait marqué « nu intégral » en grosses lettres. J’ai déchiré le contrat devant le mec et j’ai dit « Bye bye ». Après, Lui m’a contactée, et j’ai dit OK mais à condition d’avoir des habits sur moi. Et moi qui ne suis pas du tout une femme d’affaires, -si vous voulez manger la ferme vous me prenez comme conseillère financière et vous êtes sûre que vous n’avez plus rien-, là, j’ai été la meilleure vente du journal ! Six ans plus tard j’ai même dansé en nuisette avec les filles du Crazy Horse !

Gala.fr : A 78 ans, vous le referiez si on vous le proposait ?
Danièle Gilbert :
Je ne sais pas. On ne me le demande pas. Mais plus les trucs qu’on me propose sont farfelus, plus ça m’amuse.

Gala.fr : Avez-vous été une croqueuse d’hommes ?
Danièle Gilbert :
Non. Parce qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné. Et puis j’ai eu un compagnon pendant 28 ans, Patrick (Patrick Semana, ndlr). Il est parti il y a trois ans. On me dit souvent « Tu vas retrouver quelqu’un », mais je ne veux personne, moi ! J’ai vécu ma vraie histoire d’amour, j’ai eu l’homme de ma vie, je n’ai aucune frustration.

Gala.fr : Avez-vous été troublée par des stars que vous avez reçus, Julio Iglesias par exemple, il était très sexy ?
Danièle Gilbert :
Hum… Je m’entends très bien avec Julio, j’étais la première à le recevoir en France, j’ai d’ailleurs eu beaucoup de premières fois, c’est le privilège de l’âge, parce que j’ai des heures de vol ! Bref, j’ai dansé avec lui à l’antenne et, franchement, il avait des petits problèmes de peau. Mais il était drôle. Il me disait : « On croit que j’ai une fille par soir dans mon lit, alors que quand j’en ai une par mois, je suis déjà content ! ». Lui et Céline Dion, je les adore.

Gala.fr : Vous avez des nouvelles de Céline Dion ?
Danièle Gilbert :
Non, mais elle n’est pas bien là. Je suis allée à Las Vegas pour son dernier spectacle au César Palace. Je venais de perdre Patrick et elle avait perdu René. On en a beaucoup parlé toutes les deux. Aujourd’hui, je crois qu’elle est à Las Vegas dans une nouvelle maison. Et puis elle a sans doute besoin de faire un break et on la comprend, elle n’a pas arrêté depuis l’âge de 13 ans. C’est l’âge qu’elle avait la première fois que je l’ai reçue.

Gala.fr : Aujourd’hui vous êtes sur scène, sinon, vous vous en sortiriez financièrement ?
Danièle Gilbert :
Quand j’étais petite, on vivait sur le salaire de maman qui était prof et c’était pas l’opulence… Bien sûr que je n’ai pas une grosse retraite, mais je trouverais toujours quelque chose à faire.

Gala.fr : On vous souhaite quoi Danièle pour 2022 ?
Danièle Gilbert :
Que toute ma famille -j’ai un frère et une belle-sœur qui ont trois enfants et six petits-enfants- aille bien, soit en bonne santé et heureuse. C’est tout.

Crédits photos : CEDRIC PERRIN / BESTIMAGE

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