"J'avais envie de pousser Barack par la fenêtre" : Michelle Obama se confie sur son couple

Dans le dernier épisode de son podcast, l’ex-première dame est revenue sur les hauts et les bas de son mariage.

Chaque couple connaît des hauts et des bas. Et Michelle Obama ne dira pas le contraire. Dans le dernier épisode de son podcast, diffusé le 2 septembre, l’ex-première dame a levé le voile sur les moments difficiles qu’elle a connu avec son époux, Barack Obama. «Les gens ne sont pas parfaits. Le mariage, c’est quelque chose de difficile. C’est une épreuve pour tout le monde. Vous devez savoir qu’il y aura des moments – de longues périodes – où vous ne pourrez pas vous supporter. Il y a des fois où j’avais envie de pousser Barack par la fenêtre», a-t-elle confié en riant. «Et je le dis parce que vous devez savoir que ces sentiments seront assez intenses. Mais ça ne veut pas dire que vous vous quittez.»

La mère de Malia et Sasha tient aussi à rassurer les jeunes couples, parfois déstabilisés après les premières disputes : «Nous n’avons pas l’habitude de parler de ça, et les jeunes couples, quand ils se retrouvent face à ces difficultés, ils abandonnent parce qu’ils pensent que tout est fini. Je voudrais leur dire que si ce genre de choses brise un mariage, alors Barack et moi avons passé notre temps à rompre et à nous réconcilier.» Puis d’ajouter : «Et si j’avais abandonné, si j’étais partie, dans ces temps difficiles, j’aurais aussi manqué toute la beauté qui s’y cachait aussi.»

Une thérapie de couple

Le 8 février dernier, Michelle Obama s’était déjà exprimée sur ses problèmes de couple. Invitée d’Oprah Winfrey à Brooklyn, lors d’une étape de sa tournée Oprah’s 2020 Vision, série de conférences dans laquelle l’animatrice s’entretient en public avec des personnalités (comme Lady Gaga ou Jennifer Lopez), l’ex-First Lady avait fait le show, entre confidences et leçons de vie, devant 15.000 personnes conquises.

À cette occasion, elle était revenue sur sa relation avec Barack Obama. Un thème qu’elle avait abordé dans ses mémoires, Becoming, parues en 2018, lorsqu’elle confiait avoir suivi une thérapie de couple après la naissance de leurs filles. «Parfois, on a besoin d’une personne objective pour vous écouter, déclarait-elle alors. Cela m’a appris que j’étais responsable de mon propre bonheur. Je n’ai pas épousé Barack pour qu’il me rende heureuse. Personne ne le peut. Si je veux que cette relation soit équitable, je dois être capable d’être heureuse par moi-même, pour arrêter de me focaliser sur ce qu’il ne fait pas et commencer à penser à la façon de construire la vie que je veux, pour moi, avec ou sans Barack.»

En vidéo, Michelle Obama, de première dame à mégastar

Une “meilleure” relation

Plus loin dans l’entretien, Oprah Winfrey demandait à Michelle Obama si, après vingt-huit ans de mariage, leur relation était «meilleure, ou plus relevée» : «Tout ça à la fois, avait répondu Michelle Obama. C’est ce que je n’arrête pas d’essayer de dire aux jeunes. Le mariage, c’est difficile, élever une famille ensemble, c’est dur». Mais aujourd’hui, Michelle Obama se réjouit de «retrouver» son mari. «Nous retrouvons le temps de nous voir à nouveau. (…) Nous avons traversé des moments difficiles, nous avons fait des choses difficiles ensemble. Mais maintenant, nous sommes de l’autre côté. Je le regarde, et je reconnais toujours mon mari. Il est toujours l’homme dont je suis tombée amoureuse.»

Ce qui ne l’a empêchée de se moquer (gentiment) de Barack Obama. L’année dernière, Michelle et lui ont vu leur fille cadette, Sasha, 19 ans, partir à l’université. Malia, 22 ans, est quant à elle à Harvard depuis 2017. «Elles sont parties, Dieu merci !», s’écriait l’ex-première dame, faussement soulagée. Un départ qui a valu quelques larmes à l’ancien président : «On essayait de se retenir, pour que [Malia] prenne la voiture sans se mettre à pleurer elle aussi, se souvient la mère des deux jeunes filles. Mais on s’est mis à brailler comme des bébés. Barack pousse de vilains gros sanglots.» Et de se mettre à l’imiter, provoquant l’hilarité générale. «Il va me tuer», avait ensuite plaisanté Michelle, avant de décrire leur nouvelle vie, dans leur manoir de Martha’s Vineyard. «Nous avons plus de temps émotionnel, d’énergie émotionnelle. C’est juste lui, moi, Bo et Sunny (leurs chiens, NDLR), et un dîner. Et les chiens ne parlent pas, eux.»

Michelle Robinson et Barack Obama se rencontrent durant l’été 1989. Elle est jeune avocate, diplômée de la faculté de droit d’Harvard. Lui, son stagiaire. Tous les deux sont alors les deux seuls Afro-Américains travaillant dans le cabinet d’avocats Sidley Austin à Chicago.

Très vite, Barack Obama tombe sous le charme de celle qui est alors son mentor, et l’invite à un premier rendez-vous. Au fil de la soirée, le jeune homme originaire du Kenya par son père, et du Kansas par sa mère, décide de lui offrir une glace au chocolat. Le premier rendez-vous de Barack et Michelle se clôture par un baiser. Le 3 octobre 1992, Michelle Robinson deviendra Barack Obama. (3 octobre 1992.)

Le couple décide dans un premier temps de rester à Chicago. Avocate de renom et considérée comme une figure influente du Parti démocrate de Chicago, Michelle Obama conseillera à son époux de se lancer dans la politique. Barack Obama suivra l’intuition de son épouse. (Los Angeles, 19 mars 2005.)

Une intuition qui s’avérera être la bonne. En 1996, sept ans après leur première rencontre dans un cabinet d’avocat, Barack Obama est élu sénateur de l’Etat d’Illinois. (Des Moines, 16 août 2007.)

Aimer son corps à tout âge

Durant l’entretien, Michelle Obama n’avait pas manqué d’évoquer son âge, et l’importance de s’accepter. À 56 ans, elle s’inquiètait de voir ses filles commencer à émettre des jugements négatifs sur leur propre allure : «C’est intéressant de les entendre dire : “Je ne rentre plus dans mes jeans de l’année dernière.” Je leur réponds : “Mais tu as une année de plus. Tu deviens une femme. Tu n’as plus le corps d’un enfant.” (…) C’est comme si l’on disait à 20 ans, qu’on est agacé de ne plus pouvoir porter la salopette de nos 10 ans. C’est aussi ridicule que de penser qu’à 56 ans, je devrais ressembler à celle que j’étais à 36, qu’on me juge comme ça, ou qu’on juge une femme comme cela.»

L’ex-première dame s’efforce, en effet, d’entretenir un rapport apaisé avec son corps : «Nous sommes des êtres vivants. Nous ne sommes pas des machines. (…) Ce que j’essaie de comprendre, c’est quel équilibre trouver pour être sûre de prendre aussi bien soin que possible de ce corps, que Dieu m’a donné, afin qu’il me serve bien quand je vieillirai.»

Le passé (et l’avenir ?) à la Maison-Blanche

Michelle Obama avait aussi profité de la conférence pour revenir sur son passage à Washington, passé aux côtés de son président de mari : les baisses de confiance («certaines personnes pensaient que j’étais le diable incarné, vous voyez ? En politique, on attire le bon comme le venin») ; les invités un peu éméchés («dans une fête, les gens boivent trop parce qu’ils sont nerveux (…) Nous en avons vu tomber, et je en donnerai pas de noms») ; et le fait que huit années de présidence ne l’ont pas changée : «Je suis Michelle, des quartiers sud de Chicago (…). La Maison-Blanche ne nous a pas définis. Ce sont nos valeurs qui nous définissent.»

Quant à l’avenir, elle n’avait pas voulu aborder la question d’une éventuelle candidature à la présidence des États-Unis. Mais espère travailler avec les plus jeunes : «Je veux donner du pouvoir à la prochaine génération de politiciens, de communautés d’activistes, de professeurs, de docteurs, d’avocats. Je veux faire partie de ceux qui mettront à plat un ensemble de valeurs et de principes dont nous pouvons tous être fiers, dans ce pays.»

*Cet article, initialement publié le 11 février 2020, a fait l’objet d’une mise à jour.

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