« Je vais mourir, bientôt » : malade, Axel Kahn publie une lettre d’adieu bouleversante

Le généticien Axel Kahn, qui a révélé récemment être atteint d’un cancer, a publié ce vendredi 21 mai 2021 une lettre d’adieu bouleversante dans laquelle il évoque son rapport à la mort.

Axel Kahn

“La maladie que je combats avec acharnement en tant que président de Ligue ne s’était pas avouée vaincue, elle m’attendait au tournant, lançant une attaque massive”, déclarait Axel Kahn sur le micro de France Inter le lundi 17 mai 2021, alors qu’il révélait être atteint d’un cancer. Ce vendredi 21 mai, il a publié une lettre sur Facebook. Un “au revoir” à ses “amis” très émouvant.Je vais mourrir, bientôt. Tout traitement à visée curative, ou même frénatrice, est désormais sans objet.”

Le généticien est à la fin de sa vie. Et il le sait. C’est avec une grande sagesse qu’il a décidé de mettre en mots ce qu’il ressentait et sa façon d’appréhender la mort. La mort m’est habituelle depuis si longtemps, elle ne m’obsède pas. Il n’empêche, j’ai depuis longtemps la curiosité de ce que sera mon attitude devant la mort. Il y a ce que l’on désir qu’elle soit et ce qu’elle est. Des croyants sincères qui ne doutent pas du royaume de Dieu sont submergés par la terreur lorsqu’elle s’annonce”. Aucune “terreur” ne saurait donc l’animer. Au contraire. Le médecin explique être comme il l’avait espéré : “d’une totale sérénité”.

“Alors, des pensées belles m’assaillent”

“Je souris quand mes collègues médecins me demandent si la prescription d’un anxiolytique me soulagerait. De rien, en fait, je ne ressens aucune anxiété. Ni espoir – je ne fais toujours pas l’hypothèse du bon Dieu -, ni angoisse. Un certain soulagement plutôt”, avant d’ajouter que selon lui “limiter la vie au désir de ne pas mourir est absurde”. Une attitude philosophe dont Axel Kahn nous a très souvent habitués et qui a suscité beaucoup d’émotions. Celui qui confiait au micro de Léa Salamé que “mort ou pas mort, [il a] été intensément heureux !” se rappelle aujourd’hui que des bons souvenirs qui l’ont gardé éveillé jusqu’alors. “Alors, des pensées belles m’assaillent, celles de mes amours, de mes enfants, des miens, de mes amis, des fleurs et des levers de soleil cristallins. Alors, épuisé, je suis bien.”

“Alors, souriant et apaisé, je vous dis au revoir, amis” conclut-il, signant “Axel Le Loup“, un clin d’oeil au poème d’Alfred de Vigny, La mort du loup, qu’il avait déclaré avoir été son “totem de ses dernières semaines de vie”.

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