Le jour où Jacques Chirac a expérimenté une méthode bien à lui pour rester calme en débat face à Laurent Fabius

Anecdotes insolites, cocasses ou touchantes… Chaque semaine Candice Nedelec raconte dans Gala.fr un moment méconnu de la vie de femmes et d’hommes politiques.

27 octobre 1985, Jacques Chirac patron du RPR sait qu’il est attendu au tournant. Il joue gros ce jour-là avec son débat prévu face au jeune Premier ministre socialiste Laurent Fabius. Depuis quelques mois, sa fille Claude Chirac travaille à ses côtés et veille à gommer son image de « facho Chirac ». Elle a aussi mis son père au sport, constatant que certains de ses pantalons le boudinaient à la taille. Le maire de Paris a choisi de demander de l’aide à Henry Boério, ancien gymnaste, spécialiste de la barre fixe, chargé de mission pour le sport à la mairie de Paris, et à Guy Drut, médaillé d’or au 110 mètres haies aux Jeux Olympiques de Montréal. En ce jour de débat, il convoque au débotté les deux hommes dans les jardins de l’Hôtel de Ville. Il souhaite transpirer pour mieux affronter son adversaire du soir. « Il a battu lors de cette séance d’entraînement tous ses records, envoyé la balle plus loin que d’habitude , couru plus vite. Son énergie paraissait décuplée, se souvient Henry Boério. Lorsque Laurent Fabius a tenté de le faire sortir de ses gonds durant leur échange télévisuel, rien n’y a fait. Et pour cause, s’amuse le gymnaste, il avait déchargé toute son agressivité durant cet entraînement de tous les diables ».

Un calme à toute épreuve

Redoutable adversaire, qui avait par le passé triomphé dans l’émission « La Tête et les jambes », Laurent Fabius n’a rien pu faire ce jour-là. « Cessez de m’interrompre comme un roquet », lui lancera un Jacques Chirac impérial. Il réussit alors à faire mentir les pronostics, à gommer son image autoritaire et à séduire au-delà de son camp. Sa popularité bondit alors de 57 à 70% chez les électeurs de droite et de 9 à 17% chez les sympathisants de gauche.

Crédits photos : AGENCE / BESTIMAGE

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