“Les Rois de l’arnaque” : 5 bonnes raisons de voir ce documentaire complètement fou de Netflix

Les Rois de l’arnaque, sorti en France le 3 novembre 2021 sur Netflix, raconte l’histoire complètement folle et romanesque d’escrocs français. Zoom sur cinq bonnes raisons de voir ce documentaire.

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Documentaire hallucinant disponible sur Netflix depuis le 3 novembre 2021, Les Rois de l’arnaque revient sur l’histoire complètement folle et romanesque d’escrocs français devenus riches grâce à la fraude à la TVA sur les quotas de carbone, depuis leur ascension dorée jusqu’à leur chute vertigineuse. Découvrez cinq bonnes raisons de se plonger dans cette affaire.

1. Une histoire complètement folle

Le pitch de ce documentaire ? Le parcours d’escrocs qui ont réussi à tirer profit du système de quotas d’émission de l’Union Européenne afin d’empocher indûment des milliards d’euros avant de s’entre-détruire. Pas encore convaincus ? Sachez que cette histoire – vraie, donc – est aussi folle que celle d’un film. Elle en a d’ailleurs inspiré un : Carbone, d’Olivier Marchal, sorti en 2017. Dans ce documentaire, les faits et les protagonistes sont tellement extravagants qu’ils seraient sans doute jugés trop irréalistes dans une fiction… Fraude organsiée, petits escrocs devenus grands, argent à l’infini (ou presque), scandales à gogo, tromperies, et même assassinats : tout est réuni pour un cocktail explosif. À l’époque, l’affaire, surnommée “le casse du siècle” par les médias, avait fait la couverture de tous les journaux télévisés.

2. Des personnages romanesques

Il faut voir et entendre parler le protagoniste principal du documentaire, Mardoché Mouly, dit “Marco Mouly”, pour réaliser que cet hurluberlu existe en chair et en os. Plus fantasque qu’un personnage de roman, plus déluré qu’un mafieux de cinéma, plus extravagant qu’une caricature de one-man-show (le célèbre personnage de Gad Elmaleh, “Coco”, en serait d’ailleurs inspiré), Marco Mouly est un homme unique en son genre. Et il donne, à lui seul, presque tout le sel du documentaire. Les autres ne sont pas en reste : Arnaud Mimran, le beau gosse de la jeunesse dorée parisienne qui finit ruiné et soupçonné du meurtre de son ancien beau-père le milliardaire Claude Dray (il reste toutefois présumé innocent), Sami Souied l’homme qui se pensait invincible et qui finira tué, mais aussi Serge Madar dit “l’ancien”, Steve Uzan, dit “le playboy”, Dominique Ghez dit “Dodo” ou encore Grégory Zaoui dit “le cerveau” : tous ont un rôle incroyable dans cette histoire improbable.

3. Un sujet passionnant

Vous ne comprenez rien à cette histoire de fraude à la TVA sur les quotas de carbone ? Tout devrait être plus clair après ce documentaire. “C’était la banque de France avec les portes ouvertes”, entend-on. Les escrocs ont en fait appliqué la magouille de la fraude à la TVA sur la bourse d’échange de quotas d’émission de CO2, instituée en 2005 par l’Union européenne pour lutter contre le réchauffement climatique. Selon un article du Monde publié en 2017, il s’agit de “la plus grande escroquerie jamais mise au jour en France.” Et le journal de rappeler : “L’idée de départ se voulait vertueuse : pour limiter l’émission des gaz à effet de serre, l’Etat français crée en 2007 un grand marché des quotas carbone, BlueNext. Chaque année, des quotas étaient attribués aux entreprises les plus polluantes, qui pouvaient les revendre si elles n’avaient pas atteint leur plafond ou racheter ceux des entreprises qui n’avaient pas dépensé les leurs. Pour être encore plus citoyen, le marché s’ouvre à toutes les sociétés, qu’elles soient ou non identifiées comme pollueuses. Sans contrôles sur la réalité des acheteurs et des vendeurs. On institue une TVA (taxe sur la valeur ajoutée) sur ces quotas achetés hors taxe et revendus toutes taxes comprises (TTC) – l’Etat se chargeant d’avancer la TVA. Personne n’avait prévu que des escrocs familiers de l’arnaque à la TVA se précipiteraient dans cette faille et voleraient systématiquement les 20 % de TVA sur chaque transaction. Jusqu’à gagner, pour certains d’entre eux, plus de 500.000 euros par jour.”

4. Un documentaire rythmé et décalé

Impossible de s’ennuyer avec Les Rois de l’arnaque. Le réalisateur, Guillaume Nicloux, épaulé par le scénariste Olivier Bouchara, offre un documentaire qui mêle tragédie, comédie et thriller. L’histoire est narrée par certains des escrocs eux-mêmes (Mouly en tête), mais aussi par leurs avocats, des journalistes spécialisés, un procureur de la République ou encore un ancien chef de la police judiciaire qui, tous, ne peuvent s’empêcher de s’amuser de cette affaire et de trouver ces pauvres anti-héros presque sympathiques dans leur folie. Les décors des interviews sont par ailleurs originaux : un des protagonistes balance face caméra, torse nu dans un hammam; l’autre vogue entre un garage, l’arrière d’une limousine, une boîte de nuit, un restaurant ou un chapiteau de cirque; quand un dernier s’exprime dans une salle de billard un peu glauque. Bref, des décors de film de mafieux… Sauf qu’ici, tout est vrai. Hormis les mensonges de Marco Mouly.

5. Des répliques démentes

L’avantage, avec des personnages aussi fantasques que ceux des Rois de l’arnaque, c’est que leurs confessions sont aussi délurées que leurs méfaits. Ainsi, Marco Mouly, escroc sulfureux aux faux airs de Mathieu Kassovitz, libre le jour et incarcéré la nuit, s’amuse de ses années de décadence et de ses virées de jet-setteur : “Le créateur de Las Vegas, je lui dis chapeau !” Puis balance, l’air de rien : “Je regrette tout ce que j’ai fait, mais je suis content d’être allé en prison. Enfin, pas autant que ça. Attention, sept ans, c’est beaucoup.” D’ailleurs, avant d’être rattrapé par la justice, Mouly en profite pour… partir en vacances. “Je ne suis pas en cavale, je prends du recul”, lâche-t-il à l’époque afin de justifier son escapade à Rome. Jean Baptiste Carpentier, ancien directeur de Tracfin [service de renseignement français chargé de la lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ndlr.], analyse pour sa part avec philosophie : “J’ai eu un sentiment de raisonnable humilité en me disant que ces escrocs nous avaient collé une baffe monumentale dont on avait de la peine à se remettre. Rétrospectivement, je me dis que j’étais parfaitement capable de le faire. Mais j’ai eu l’intelligence de ne pas le faire. Du coup je ne suis pas en prison ni mort. Ce qui est un avantage.” Quant à Nicolas Hulot, ancien ministre de l’Écologie invité à donner son avis sur cette fameuse idée de quotas de carbone supposée louable, il concède avec lucidité : “À l’époque, je ne peux pas imaginer que quelque chose censé créer un cercle vertueux allait créer un cercle vicieux. L’histoire nous montre qu’il ne faut jamais sous-estimer la malice.” Et aujourd’hui, l’histoire nous montre qu’il ne faut jamais sous-estimer un documentaire Netflix.

Synopsis :

Ce documentaire relate le parcours d’escrocs qui ont tiré profit du système de quotas d’émission de l’UE pour empocher indûment des milliards avant de s’entre-détruire.

Les Rois de l’arnaque, disponible sur Netflix depuis le 3 novembre 2021.

https://youtube.com/watch?v=tVV9ncJjgEY%3Frel%3D0%26showinfo%3D1
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