L'hommage vibrant de Damian Lewis à Helen McCrory

« Alors que je m’assieds pour écrire ceci, je peux entendre Helen me lancer depuis le lit : “Fais court, Damian, ce n’est pas à propos de toi” », écrit le comédien britannique Damian Lewis dans les premières lignes de l’hommage qu’il a rédigé pour sa femme,
Helen McCrory, disparue à l’âge de 52 ans le 16 avril après une bataille contre le cancer. Il débute en faisant un parallèle entre le décès de son épouse et la triste actualité qui touche la
couronne britannique : « Pendant le week-end où les journaux ont rendu hommage, à juste titre, au duc d’Edimbourg, des milliers d’autres, partout dans le monde ont tenu à se remémorer ma Duchesse, ma Petite, royale à sa manière. Et j’aimerais y ajouter mon grain de sable. »

Damian Lewis évoque ensuite brièvement la carrière de sa femme, dont les rôles dans les films Harry Potter et la série Peaky Blinders, entre autres, ont marqué des millions de fans par-delà le monde. Si « beaucoup ont parlé de sa carrière, et beaucoup le feront encore », Damian Lewis préfère parler de la personne plutôt que de l’actrice.

Gentillesse et générosité

« Helen était encore meilleure personne qu’elle était actrice », explique-t-il. Mettant l’accent sur « les principes de gentillesse et de générosité » selon lesquels elle vivait, il ajoute qu’elle se disait « beaucoup plus intéressée par avec qui elle était que par qui elle était ». « Je n’ai jamais connu quelqu’un de si conscient dans sa manière de propager du bonheur », appuie l’acteur, avant d’évoquer les derniers moments de son épouse. « Personne ne disait autant “s’il vous plaît”, “merci” et “vous êtes si gentil” qu’elle. Même lorsqu’elle était mourante pendant ses derniers jours, à moitié délirante, elle répétait “je vous remercie tellement” aux formidables soignants », ajoute-t-il.
Il se rappelle qu’Helen McCrory donnait aussi toujours de gros pourboires, « surtout aux chauffeurs de taxi, qui semblaient lui venir des cieux puisqu’elle ne conduisait pas », ainsi qu’aux serveuses, un emploi qu’elle avait exercé et dont elle se souvenait comme il était « putain de difficile ».

Damian Lewis évoque ensuite la relation que la comédienne entretenait avec leurs deux enfants, Manon, née en 2006, et Gulliver, né en 2007. « Elle comprenait la colère, leur disait de ne pas en avoir peur : “C’est une émotion positive quand tu l’utilises correctement” ». Si elle les a quittés trop tôt, elle avait préparé les enfants à la vie : « Ils ont en eux l’absence de peur, l’esprit, la curiosité, le talent et la beauté de leur mère. Elle nous exhortait à être courageux et à ne pas avoir peur. Elle disait aux enfants “Ne soyez pas tristes, parce que même si je suis sur le point d’y passer, j’ai vécu la vie que je voulais vivre.” »

« Héroïque dans la maladie »

L’acteur raconte que son épouse a été « héroïque dans la maladie », faisant preuve d’un courage et d’un humour à toute épreuve. « Elle ne se plaignait pas, nous rappelait constamment à quel point nous avions été chanceux, à quel point nous étions bénis. Sa générosité nous encourage tous les trois à vivre. A vivre pleinement, à saisir les opportunités, à avoir des aventures. Elle nous a dit depuis son lit “Je veux que Papa ait des petites amies, plein. Vous devez tous aimer à nouveau. L’amour n’est pas possessif. Mais Damian, essaye au moins de ne pas passer les funérailles à bécoter quelqu’un.” »

Drôle, aimante, généreuse, sans peur et digne, Helen McCrory aura été fidèle à elle-même jusqu’à l’ultime moment.

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