L'humour de Sempé, la légende John Lennon, les photos du Liban… Nos 5 incontournables culturels

Musique, expositions, livres… Tous les quinze jours, Madame Figaro propose sa sélection culturelle. Voici les cinq événements à ne pas rater.

Goossens, l’excellence des arts décoratifs

L’histoire de la maison Goossens est indéfectiblement liée à celle de Gabrielle Chanel. C’est pour elle que Robert Goossens, héritier d’une dynastie de fondeurs et créateur d’un atelier d’orfèvrerie, dessine des bijoux byzantins et baroques en écho au Venise qu’elle aime tant. C’est aussi Mademoiselle qui l’encouragera à créer ses propres objets de décoration pour son appartement de la rue Cambon : piètement de table en gerbe d’épis de blé, socle au trois lions de la boule de cristal, bouquets de camélias en cristal de roche… Cette tradition d’ornements précieux a perduré chez Goossens (maison d’art rachetée par Chanel en 2005) en parallèle à celle de bijoux couture. En septembre 2020, Goossens a ouvert sa galerie, en forme d’écrin, pour ces objets précieux dont le vocabulaire marie cristaux de roche et métal doré à l’or fin : pieds de lampes, cadres de miroirs, rampes d’escaliers, sans compter les lustres de toutes tailles… comme autant de sculptures.

Galerie Goossens, 20 rue Cambon, 75001 Paris.

Sempé, dessinateur essentiel

Garder le cap, Editions denoel et Editions Martine Gossieaux 2020.

Le 4 novembre 2020 sortait le 21e album de dessins d’humour Garder le cap de Jean-Jacques Sempé prépubliés dans Paris-Match de 1990 à nos jours. Presque soixante ans se sont écoulés depuis son premier album, déjà publié chez Denöel en 1962, et baptisé avec prémonition (ou pragmatisme) Rien n’est simple. À 88 ans, Sempé reste le chroniqueur ironique de notre quotidien. Ses dessins, souvent en noir et blanc, réalisés à la plume et à l’encre de Chine, ont en commun élégance légère et tendre ironie. Il croque l’époque, les tracas et les joies de nos contemporains. À partir du 17 décembre la galerie Martine Gossieaux expose en exclusivité les dessins inédits de Garder le cap, œuvre d’un des dessinateurs les plus célèbres et populaires au monde.

Garder le cap, Sempé, exposition du 17 décembre 2020 au 6 mai 2021, Galerie Martine Gossieaux, 56 rue de l’Université 75007 Paris.

John Lennon, héros rock n’roll

Gimme Some Truth, John Lennon, Universal.

II y a quarante ans, John Lennon était assassiné à New York par un fan déséquilibré. Il venait d’avoir quarante ans. Quelques jours avant sa mort, la sortie de l’album, Double Fantasy, rompait un silence discographique de cinq longues années que l’ex-Beatle avait passées confiné dans son vaste appartement du Dakota, un immeuble mythique de Manhattan. Après la séparation des Beatles, en avril 1970, il s’était lancé dans une carrière solo, qui avait donné plusieurs chefs d’œuvres ( Imagine, Mother, God, Instant Karma, Woman, etc.). Universal a eu la bonne idée de les rassembler dans un coffret, Gimme Some Truth, en les remixant et en leur donnant un son plus actuel (augmentation des basses), le tout accompagné d’un luxueux livret de photos choisies par sa veuve, Yoko Ono. Résultat, une plongée passionnante dans une époque à jamais enfuie.

Gimme Some Truth, John Lennon, Universal.

Le Liban, esprit de résistance

Le Liban n’a pas d’âge,

Au lendemain de la fête nationale du Liban (le 22 novembre 1943) et du centenaire de cette nation sort aux éditions Bernard Chauveau un ouvrage bilingue (français/anglais) intitulé Le Liban n’a pas d’âge 1920-2020. En trois images, une trentaine d’artistes photographes de toutes générations et de toutes sensibilités, ont livré leur vision du Liban. Ces images sont accompagnées de textes qui usent de la prière, de la menace… à la façon d’un cri. Ce livre témoigne de la création, de l’énergie, du courage et de la résilience des Libanais en dépit des crises qui touchent le pays, des soulèvements d’octobre 2019 à la destruction d’une partie de Beyrouth le 4 août 2020. Une ode à la beauté d’un pays et d’un peuple.

Le Liban n’a pas d’âge, 1920-1940, Editons Bernard Chauveau, 45 €.

Dominique Rolin, le lit et la page

Lettre à Philippe Sollers 1920-1940, Editons Bernard Chauveau, de Dominique Rolin.

Les éditions Gallimard publient la correspondance amoureuse de Philippe Sollers et Dominique Rolin, soit cinquante ans scandés de billets doux. Il y eut la saison 1 amorcée en 1958 ; Voici la saison 2, qui court de 1981 à 2008. Les deux écrivains sont liés par l’axiome, règle secrète, lien indissoluble entre écriture et amour. «Au tableau !» ordonne Philippe Sollers à Dominique Rolin qui rétorque : «j’ai fait ma page». Où l’on voit l’œuvre de deux écrivains s’élaborer, se répondre, les méandres de la création avec les questions afférentes à l’écriture, au temps, à l’espace, à la musique. En toile de fond, se succèdent leurs lieux, la chambre 32 à Venise, l’ile-bateau de Ré, la rue de Verneuil baptisé Le Veineux. Il y a l’amour qui ne cesse de croitre au fil des jours et l’écriture, la plume sur le papier, qui relève de la mystique.

Lettres à Philippe Sollers, 1981-2008, Dominique Rolin, Editions Gallimard, 24 €.

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