Michel Sardou : “Nos routes se séparent…”

Même pour les stars le temps est assassin. Le couple Sardou-Périer en fait la douloureuse expérience…

Il est vrai que celui qui fut longtemps le chanteur préféré des Français ne se reconnaît plus dans ce que notre société est devenue. Ainsi, à l’occasion d’un entretien accordé en janvier dernier à La Nouvelle République du Centre-Ouest, c’est d’un ton las et désabusé qu’il constate : « À l’époque, j’étais le seul à aborder des sujets et à avoir des points de vue différents des autres chanteurs de ma génération. Évidemment, j’étais le premier attaqué. Dès que vous sortez de la norme, vous vous faites attaquer, c’est sûr. Depuis, ça s’est calmé. On ne m’attaque plus là-dessus. Maintenant, je fais partie des meubles. »

À l’étroit

Pire encore, derrière le désenchantement, pointaient déjà la colère et l’envie manifeste d’envoyer tout bazarder. Après tout, les « meubles » ont aussi leur fierté ! Au point de se lâcher, quelques jours plus tard, au micro de Pascal Praud, sur RTL, le jour de son soixante-quinzième anniversaire : « Je suis d’une génération qu’on regrette. Ma génération, ma jeunesse à moi, beaucoup de gens la regrettent, par rapport à la jeunesse d’aujourd’hui. Autrefois, quand on passait faire des concerts dans les villes, c’était la fête et on sentait les gens beaucoup plus détendus, beaucoup plus heureux. C’est de la merde, cette époque, il faut être honnête ! On ne peut plus conduire vite, plus boire, plus fumer, plus rien… » Bref, Michel Sardou se sentirait aujourd’hui à l’étroit ; comme un chanteur malheureux. Et, à défaut de ressusciter les jours heureux, on devine bien qu’il aurait sans doute envie d’autres horizons.

Ingratitude

En outre, les choses se compliquent pour Anne-Marie, son épouse depuis vingt-trois ans. Ainsi ne se serait-elle toujours pas remise de la photo postée sur Instagram par Jean-Marie Périer, son grand frère, jadis photographe des stars, et assortie de ce commentaire : « Ma sœur Anne-Marie et moi du temps où on ne se quittait jamais… » Un coup dur pour elle. Il est vrai que celui qui a immortalisé tant de vedettes, à l’époque de Salut les copains, des Beatles à Françoise Hardy, des Rolling Stones à Johnny Hallyday, et tout le gratin du showbiz d’alors, semblerait lui en vouloir.

Pourtant, quand elle fut la patronne, dix ans durant, du magazine Elle, Anne-Marie Périer s’appliqua à le faire travailler, lui assurant de très belles années, alors que lui commençait à passer de mode : « Lorsqu’elle a décidé de mettre fin à sa carrière, nos routes se sont séparées. Elle avait choisi le bonheur, ce qui est toujours une bonne idée. Il est étrange de réaliser qu’au fond, le travail était le principal ciment de notre tendresse. »

Pour Anne-Marie Périer, l’ingratitude serait manifeste, et le choc, cruel. Surtout lorsqu’il ajoute : « On me demande souvent pourquoi je n’aime pas être vieux. La vérité, c’est que le grand âge vous sépare de tout le monde… » Même de cette sœur autrefois tant aimée avec qui il partageait tant de choses au sein du groupe Filipacchi : la passion des artistes, du travail bien fait, d’un certain glamour à la française et la joie de faire partager leur enthousiasme à des millions de lecteurs ? C’est à croire.

Reste à espérer que Michel, son célèbre et bougon époux, puisse la soutenir dans cette épreuve.

Églantine LEFEBVRE

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