Mort de Jacques Chirac : pourquoi sa fille Claude a tenu à distance Nicolas Sarkozy et François Hollande

Le 26 septembre 2019, Jacques Chirac est mort. Si Emmanuel et Brigitte Macron ont été autorisés à venir se recueillir devant sa dépouille, Claude Chirac a tenu à écarter Nicolas Sarkozy et François Hollande. Béatrice Gurrey, auteure du livre Le roi emmuré, explique ce choix à gala.fr.

“Jacques Chirac fait désormais partie de l’Histoire de France.” Ces mots, ce sont choisis par Richard Ferrand, président de l’Assemblée Nationale, pour rendre hommage à l’ancien président, mort le 26 septembre 2019, deux mois avant son 87ème anniversaire. Si c’est son gendre, Frédéric Salat-Baroux, qui a été chargé d’annoncer la triste nouvelle via un communiqué adressé à l’AFP, c’est bien sa fille Claude Chirac la seule et l’unique gardienne du temple familial. Pour rien au monde, la fille de Bernadette et Jacques Chirac n’envisage pas d’organiser un défilé mortuaire autour de la dépouille de son père. “Une mise en scène où tout Paris défile devant le cadavre, Jacques Chirac, ça lui aurait fait horreur un truc comme ça”, observe Béatrice Gurrey, journaliste au Monde et auteure du livre Le roi emmuré (Ed. des Équateurs) à gala.fr.

Si la foule ne se massera pas rue de Tournon pour dire au revoir à l’ancien homme d’État, un couple, et pas des moindres, sollicite Claude Chirac, comme le raconte Béatrice Gurrey dans son livre consacré à Jacques Chirac. “Le président et sa femme demandent à venir s’incliner devant le vieux guerrier qui fait désormais partie de l’histoire”, peut-on lire dans Le roi emmuré. L’auteure ajoute : C’est difficile de refuser cette demande au président de la République. C’est à l’initiative du couple Macron, ce n’est pas absolument pas Claude qui leur a proposé.” Si elle ne voit pas d’inconvénient à ce qu’Emmanuel et Brigitte Macron vienne dire au revoir à son père, elle tient en revanche Nicolas Sarkozy et François Hollande à distance. L’ex de Ségolène Royal, qui avait une relation personnelle avec l’ancien président selon ses dires, a du mal à digérer la nouvelle.

François Hollande mis à l’écart à la mort de Jacques Chirac… à cause de Nicolas Sarkozy ?

Dans Le roi emmuré, Béatrice Gurrey raconte cet épisode marquant survenu à la mort de Jacques Chirac : “Voyant que le couple (Macron, ndlr) avait été convié, chacun des deux présidents, bien plus familiers de Jacques Chirac qu’Emmanuel Macron ne l’a jamais été – “Il n’a pas eu le temps de le connaître”, dit François Hollande -, a sollicité Claude pour savoir si leur présence était souhaitée. Elle ne l’était pas.” Auprès de gala.fr, la journaliste du Monde confirme : “Nicolas Sarkozy, il le connaissait depuis toujours et François Hollande, il l’a aidé à monter sur le trône. Il a tout fait pour le favoriser, il n’arrêtait pas d’en dire du bien. Il est donc légitime que François Hollande ne comprenne pas, sur le moment, pourquoi il n’est pas le bienvenu dans le clan Chirac…

Claude Chirac et Nicolas Sarkozy, une relation particulière

On peut aussi se demander si Claude Chirac n’a pas tenu à l’écart Nicolas Sarkozy, en raison des rapports tendus que celui-ci entrentenait avec son paternel comme de leur passif à tous les deux. Amis de longue date, ils ont fait les 400 coups ensemble. Mais Claude Chirac n’a pas oublié la trahison de Nicolas Sarkozy, qui a quitté le cercle intime des Chirac pour rejoindre Édouard Balladur et devenir son porte-parole au moment de la présidentielle de 1995.

Alors, l’absence du mari de Carla Bruni pourrait-elle s’expliquer du fait de son passé avec la famille Chirac ? Pour Béatrice Gurrey, l’hypothèse n’est en tout cas pas à exclure : Peut-être que Claude Chirac ne voulait pas que Nicolas Sarkozy vienne. À partir du moment où elle aurait refusé à Nicolas Sarkozy, il était difficile de dire oui à François Hollande.” Et d’ajouter : “Connaissant Jacques Chirac et ses rapports avec Nicolas Sarkozy, ça lui aurait sans doute fait horreur qu’il vienne le contempler sur son lit de mort.

Claude Chirac, la gardienne du temple familial

En tant que gardienne du temple, Claude Chirac est consciente du poids qu’elle porte sur ses épaules. Si elle a protégé son père “comme une lionne” de son vivant, elle n’a pas l’intention de le lâcher après sa mort. Bien au contraire. “J’ai le nom en partage, cela me donne une responsabilité particulière”, avait-elle prévenu, en novembre 2013, lors d’un discours prononcé au musée du Quai Branly. Une phrase, presque une devise, que la fille cadette de Bernadette et Jacques Chirac a toujours gardé précieusement en tête.

Crédits photos : Bruno Bebert / Bestimage

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