Mort de Jean-Paul Belmondo : itinéraire d’un magnifique

Carnet noir pour le septième art. Ce lundi 6 septembre, l’avocat de Jean-Paul Belmondo a annoncé la mort de l’acteur à l’AFP. Ce dernier s’en est allé à l’âge de 88 ans. Retour sur le fulgurant parcours d’un monument du cinéma.

Un monstre sacré s’est envolé ce lundi 6 septembre. Esseulé par les disparitions de ses grands copains Charles Gérard, Robert Hossein ou encore Rémy Julienne, Jean-Paul Belmondo les a rejoints à l’âge de 88 ans, a annoncé son avocat à l’AFP.

Deuxième d’une fratrie de trois enfants, Jean-Paul Belmondo a vu le jour le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine. Élève indiscipliné, il se tourne vers le sport dès son plus jeune âge en multipliant les disciplines. C’est finalement la boxe qui l’emporte sur le cyclisme et le football. Mais à l’âge de 16 ans, alors qu’il est en convalescence d’une primo-infection de la tuberculose à Allanche, l’appel de la comédie se fait entendre. Le jeune homme ne peut que y répondre et met fin à ses études pour poursuivre sa passion. Un début de parcours marqué par la persévérance, ses professeurs ne tenant pas son talent en haute estime.

L'acteur Jean-Paul Belmondo est mort (son avocat à l'#AFP) pic.twitter.com/rvkDF2OwF4

La Nouvelle Vague, le début de la gloire

Après des premiers pas peu concluants sur les planches, il se tourne vers le cinéma dès 1958 avec un petit rôle dans Sois belle et tais-toi. Là où il croise la route d’un certain Alain Delon, également débutant. Appelé à servir lors de la guerre d’Algérie la même année, il reprend le chemin des plateaux de tournage une fois démobilisé. Sans se douter que le succès ne fait que l’attendre. À la suite d’un premier passage important devant la caméra de Claude Chabrol pour À double tour, il se glisse dans la peau de Michel Poiccard dans À bout de souffle de Jean-Luc Godard en 1960.

Sa carrière est lancée. Il enchaîne les rôles à un rythme effréné et collabore avec de nombreux réalisateurs emblématiques du cinéma français comme Claude Sautet, François Truffaut, Henri Verneuil, Jean-Pierre Melville ou Philippe de Broca, mais aussi avec des cinéastes italiens tel que Vittorio De Sica. Son mythe prend peu à peu forme. Admiratif du personnage “Pepel” de Jean Gabin dans Les Bas-fonds, il est rapidement affublé du surnom “Bebel” par son ami Henri Deschamps. Un sobriquet entré dans la légende.

L’éloignement des caméras

Survolté, il réalise lui-même ses cascades guidé par son ami Rémy Julienne. Il fonde même sa propre société de production baptisée Cerito Films. La Scoumoune (1972), Le Magnifique (1973), L’As des as (1982)… les tournages s’enchaînent et l’accueil du public est le même, au cinéma comme au théâtre (avec lequel il se réconcilie en 1987). Si bien que, en février 1989, et pour la première fois de sa carrière, il reçoit le César du Meilleur acteur pour Itinéraire d’un enfant gâté de Claude Lelouch. Sa première récompense : en 2011, il se verra décerner la Palme d’honneur au Festival de Cannes.

Les années 1990 et 2000 marquent un temps de répit pour Jean-Paul Belmondo. Son rythme habituellement soutenu ralentit et il accepte des rôles au cinéma avec parcimonie. En 2009, il participe au long-métrage Un homme et son chien de Francis Huster avant une ultime apparition dans D’un film à l’autre de Claude Lelouch, deux ans plus tard.

Problèmes de santé et relation houleuse

Une activité réduite certainement due à une santé fragilisée. Victime d’un AVC le 8 août 2001, Jean-Paul Belmondo a mis plusieurs années avant de récupérer de ses séquelles et perd notamment l’usage de sa main droite. Éloigné des feux de la rampe, il a également été victime d’une grave chute en septembre 2019 qui l’a laissé avec des douleurs aux épaules, aux côtes et aux jambes. Depuis, sa famille n’a cessé de rassurer ses fans. Car, homme de cinéma, Jean-Paul Belmondo a aussi été un époux et un père aimant.

Marié une première fois en 1954 à Élodie Constantin, il a accueilli trois enfants : Patricia (décédée à l’âge de 40 ans en 1994), Florence et Paul. Onze ans plus tard, il s’affiche au bras de l’actrice américaine Ursula Andress avant de succomber aux charmes de l’Italienne Laura Antonelli dans les années 1970. La décennie suivante, il partage le quotidien de Natty Tardivel, sa deuxième épouse et mère de sa fille Stella, née en 2003. En 2008, le couple divorce et il se réfugie dans les bras de Barbara Gandolfi. Une relation tumultueuse qui l’a mené au tribunal. En 2020, c’est une ex-compagne qui lui a redonné le sourire : Carlos Sotto Mayor. Une idylle à laquelle il a laissé une deuxième chance après avoir perdu cette chanteuse de vue dans les années 1980. C’est elle qui l’a accompagné dans ses derniers jours.

Crédits photos : Guignebourg Denis/ABACA

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