Passionnées de généalogie, elles partent à la recherche de leurs origines

De plus en plus de Français s’intéressent à leur histoire familiale, en quête de leurs ancêtres. Etudes fournies, arbre généalogique mais aussi tests ADN – pourtant interdits -, ces curieux explorent toutes les pistes.

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Plus qu’un passe-temps, la généalogie est devenue une vraie passion. Plus de cinq millions de personnes* consacrent une grande partie de leurs loisirs à cette quête addictive. Plonger dans leur passé n’est pas l’apanage des plus âgés. Si les clubs de généalogie pâtissent du confinement, les recherches sur internet augmentent sensiblement et attirent un nouveau public, plus jeune et plus réactif. Surtout, la numérisation de documents officiels – recensements, archives militaires, naturalisations, décorations, brevets…- et la possibilité d’accéder à des collections de registres paroissiaux ont ouvert le champ des possibles, sans quitter son canapé. Cet engouement, très ancré dans la culture française prend un nouvel essor avec les tests ADN, bien qu’interdits hors cadre médical ou judiciaire. Pour les puristes, ce procédé n’est pas suffisamment fiable et la conservation des données par les entreprises qui les pratiquent pose question. Pour autant, estiment Jean-Louis Beaucarnot et Nathalie Jovanovic-Floricourt, auteurs de Quoi de neuf dans la famille ? “, “si l’engouement pour la généalogie classique reflète l’expression d’un profond besoin identitaire, les deux approches classique et génétique sont complémentaires. Certains vont pouvoir remplir les cases de leur arbre généalogique restées vides du fait de la présence d’un ancêtre, enfant naturel né de mère célibataire et de père inconnu.” Une quête de sens essentielle, comme le racontent nos témoins.* Fédération française de généalogie; **Editions Buchet-Chastel, 2021

“J’ai fait de jolies découvertes”: Christelle, 35 ans

Difficile de dire ce qui a déclenché mon envie de débuter, dès mes dix ans, un arbre généalogique. Ma mère m’a soutenue, m’accompagnant partout pour mes recherches et m’aidant à rédiger les courriers. Internet a tout changé et m’a permis de faire des pas de géant ! En octobre 2018, j’ai créé un blog* pour partager mes trouvailles sur mes ancêtres, au-delà du cercle familial. J’ai découvert une communauté de généalogistes passionnés. On s’entraide, on se lance des défis, on se motive. J’ai mis très longtemps à me décider à franchir le pas des tests ADN. Mais la curiosité a été la plus forte. J’ai fait de jolies découvertes et confirmé deux hypothèses sur une de mes branches. J’avais fait une partie du chemin. J’ai pu conclure. *autantdenosancetres.wordpress.com

“J’ai pu retrouvé mon père biologique”: Morgan, 46 ans

Depuis que ma mère m’a appris que mon père n’était pas mon père biologique, je suis partie à sa recherche. Sans succès pendant plus de vingt ans, jusqu’à ce que je fasse ce test ADN, à Noël, en 2019. J’ai d’abord découvert mes origines ethniques. Puis, quelques mois plus tard, coup de théâtre. Je reçois un mail m’informant que je partage 49,9 % d’ADN avec une personne qui s’est avérée être mon père. Jacques est âgé de 80 ans. Féru de généalogie, il avait fait le test pour enrichir certaines branches de son arbre. Quelle surprise pour nous deux ! La rencontre s’est très bien passée. Nous mesurons notre chance immense. J’avais construit ma vie sans le connaître, mais depuis nos retrouvailles, je ressens un sentiment de plénitude qui me remplit de joie. Chaque pièce du puzzle est désormais à sa place.

“C’est un immense jeu de pistes”: Patricia, 37 ans

À 17 ans, j’ai lu un article dans un magazine qui expliquait comment débuter son arbre généalogique. Ça m’a intriguée et je me suis lancée, sans but précis au départ. J’ai tout de suite été happée par cet immense jeu de pistes. J’y consacre au minimum 4 à 6 heures par semaine. Je ne recherche pas d’ancêtres en particulier. Il m’est déjà arrivé de passer par les réseaux sociaux pour retrouver une branche de la famille, ou bien d’écrire à des homonymes. Et à mon plus grand étonnement, ces recherches ont été fructueuses ! Lors d’une cousinade, j’ai présenté des photos de personnes inconnues. Grâce à cette mémoire collective, je suis repartie en ayant identifié plusieurs d’entre elles. Chaque découverte est une petite victoire.

“Chacun doit avoir le droit connaître son histoire”: Nathalie Jovanic-Floricourt, présidente de l’association DNA Pass.

Les résultats de tests génétiques à visée généalogique peuvent changer la vie de personnes adoptées, nées sous X, de PMA avec donneur ou d’enfants naturels ignorant l’identité de leur père. C’est souvent le seul recours pour répondre à leurs questions de filiation, pour leur permettre d’entrer en contact avec leur famille biologique. Ces tests ADN sont aussi la seule réponse à la quête d’identité de millions d’individus cherchant à connaître leurs origines, qu’elles soient historiques ou biologiques. Ils relèvent évidemment de la liberté individuelle, du droit de chacun à connaître ses origines. Leur légalisation en France permettrait d’aménager un cadre protecteur pour les Français qui confient aujourd’hui leurs données génétiques à des sociétés étrangères.

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