Phoebe Dynevor : "Je me suis toujours sentie comme une outsider"

Interview.- Phoebe Dynevor, qui incarne Daphne dans La Chronique des Bridgerton, a remporté le Madame Figaro Rising Star Award, un prix qui récompense une étoile montante, le vendredi 8 octobre, lors du Festival Canneséries.

«C’est un peu surréaliste d’être ici en personne, et de recevoir le Madame Figaro Rising Star Award», s’enthousiasme-t-elle. Au lendemain de la remise de prix, qui a eu lieu durant la cérémonie d’ouverture du Festival Canneséries, le 8 octobre, Phoebe Dynevor flotte toujours sur un petit nuage. L’actrice de 26 ans incarne Daphne, l’héroïne de La Chronique des Bridgerton, dans le show adapté des romans éponymes de Julia Quinn. Cette série produite par Netflix, sortie en décembre 2020, a séduit plus de 82 millions de foyers dans le monde. Elle relate les premiers émois de Daphne, une jeune femme bien née en quête d’un époux, dans l’Angleterre du XIXe siècle. Les projets de la «débutante» se voient pourtant compromis par Lady Whistledown, sorte de Gossip Girl de l’époque, et l’arrivée du mystérieux duc d’Hastings (Regé-Jean Page). Aucun doute, Phoebe Dynevor a parcouru bien du chemin depuis ses débuts dans une autre série, Prisoners’ Wives, en 2012. Elle officiera prochainement dans le biopic The Colour Room, de Claire McCarthy, centré sur Clarice Cliff, une pionnière dans le domaine de la poterie. Les adeptes de La Chronique des Bridgerton la retrouveront également dans la saison 2 du show…. cette fois sans son partenaire à l’écran, Regé-Jean Page.

« Regé-Jean Page nous manque à tous »

Madame Figaro. – Que ressentez-vous à l’idée que Regé-Jean Page, l’interprète du duc d’Hastings, ne figure pas dans la saison 2 de La Chronique des Bridgerton ?
Phoebe Dynevor. – Il me manque, bien sûr. Il nous manque à tous. Mais chaque saison de La Chronique des Bridgerton explore le destin de l’un des membres de cette famille. Les lecteurs de la saga qui a inspiré la série le savent, et le public tombera immédiatement amoureux de Johnny Bailey et de Simone Ashley, le couple d’acteurs qui sera au cœur de ces nouveaux épisodes.

Qu’aimez-vous le plus chez votre personnage, Daphne Bridgerton ?
J’admire beaucoup de choses en elle. Ce que j’aime le plus dans la première saison, c’est son évolution. Au début de la série, nous découvrons une jeune fille naïve. Mais dans l’épisode 8, Daphne est devenue une femme puissante, qui a beaucoup appris. J’aime aussi son empathie. Elle se préoccupe réellement des personnes qui l’entourent et compatit à leurs malheurs.

Pensez-vous qu’elle soit un personnage féministe ?
Si l’on compare Eloise Bridgerton à sa sœur Daphne, la première apparaît comme la plus féministe des deux. Il faut dire que Daphne a toujours écouté son entourage. Les femmes se comportaient de cette manière à l’époque, c’est ainsi que la société patriarcale les éduquait. C’était le seul chemin possible pour elles. Mais je pense que Daphne est une féministe. Si elle avait vécu à notre époque, elle aurait fait bien plus que de partir en quête d’un époux.

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« Cela m’est égal de me sentir à part »

Quel est votre rituel avant chaque tournage ?
Ma manière de travailler change en fonction des rôles que j’accepte. Pour incarner Daphne, j’ai dû suivre des cours d’étiquette, de danse, d’équitation et de piano. Mais avant chaque projet, je lis le scénario tant de fois que si l’on me parle d’une scène, je sais exactement à quel moment elle se produit dans l’histoire.

Vous avez récemment évoqué, durant une interview accordée à Harper’s Bazaar, la pression à laquelle sont soumises les jeunes femmes célèbres. Comment composez-vous avec cela ?
Je suis très chanceuse d’avoir une famille géniale et d’excellents amis, que je connais depuis de nombreuses années. Je suis actrice depuis le plus jeune âge, et le fait de l’être depuis si longtemps, tout en ayant connu une réussite plus tardive, m’a permis de garder les pieds sur terre. Cela m’a demandé beaucoup de travail d’en arriver là. J’apprécie d’autant plus ce succès et ses bénéfices. Cette renommée me permet de recevoir encore plus de projets intéressants.

Vous avez également déclaré qu’être un outsider va souvent de pair avec l’envie de devenir acteur. Vous voyez-vous comme telle ?
Je pense que tout le monde est le produit de son histoire. Je me suis toujours sentie comme une outsider, mais cela ne me dérange pas, je trouve cela charmant. C’est important de prendre le temps de découvrir qui vous êtes vraiment et ce que vous voulez dans la vie. Beaucoup de personnalités que j’admire ont éprouvé ce sentiment, alors cela m’est égal de me sentir un peu à part.

Femmes puissantes

Vous êtes ici, au Festival Canneséries, grâce à votre prestation dans La Chronique des Bridgerton. Mais vous, quelle est votre série préférée ?
En ce moment, je suis obsédée par The Morning Show. Je suis aussi impatiente de découvrir la nouvelle saison de Succession. Je n’ai pas encore regardé ce show coréen dont tout le monde parle, Squid Game, qui pourrait bientôt détrôner La Chronique des Bridgerton

Quel est votre personnage de série préféré ?
Jennifer Aniston est mon idole. Donc je dirais Rachel, dans Friends. Mais j’adore voir des personnages féminins puissants dans les shows télévisés. J’aime toutes les femmes fortes du petit écran.

Pouvez-vous nous en dire plus sur The Colour Room, votre prochain film ?
J’y incarne Clarice Cliff, une céramiste renommée. C’est une véritable pionnière dans le domaine de la poterie. Elle a connu le succès dans les années 1930. Elle était la première femme à vendre sa propre collection d’objets en céramique. Elle a également engagé du personnel féminin dans son entreprise. Le fait qu’une femme soit capable de créer sa propre collection de poteries à cette époque, et de monter une entreprise à partir de rien, m’a véritablement impressionnée. C’est un honneur d’avoir l’opportunité de jouer ce rôle et de raconter cette histoire.

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