Robert Ménard : qui est sa femme Emmanuelle, son « pygmalion » ?

Dans la famille politique Ménard, il n’y a pas seulement Robert, le tonitruant ancien patron de Reporters Sans Frontières : il faut aussi compter sa femme, Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault depuis 2017, et pilier de la carrière politique de son époux.

Un pilier, un soutien, et un relais politique, voilà ce que peut représenter Emmanuelle Ménard pour son mari. La députée de l’Hérault, un temps restée dans l’ombre de Robert Ménard, fait depuis 2017 son chemin politique sur son propre nom. En juin 2017, elle qui n’avait jamais occupé de fonctions politiques officielles jusqu’alors, accède au siège de députée de l’Hérault. Désormais, le couple Ménard incarne à la fois la politique locale et nationale, aux positions accordées au diapason. Si elle quitte l’ombre et les conseils officieux prodigués à son mari, elle n’en reste pas moins hautement influente auprès du maire de Béziers, Le Point la surnommant même “son pygmalion et principale conseillère.”

Car Emmanuelle Ménard, née Duverger, a beaucoup donné à son époux. De son temps, de son attention et de son savoir. Ils se rencontrent en 2000, à l’occasion d’un sommet sur la francophonie qui a lieu dans la capitale malienne de Bamako. Elle est alors juriste, à la tête du département Justice Internationale de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme, après être passée par son département Afrique, lui dirige l’ONG Reporters Sans Frontières.

Boussole du maire, principale conseillère

Elle deviendra sa quatrième épouse, et ils auront ensemble une fille. Dès lors, leurs vies se mêlent également professionnellement : en 2003, elle quitte la FIDH, et coécrit un premier livre avec son mari, La Dictature des bien-pensants. C’est ensemble aussi qu’ils fondent Boulevard Voltaire, en 2012, dont Emmanuelle Ménard (qui porte alors encore son nom de jeune fille), est rédactrice en cheffe. C’est également elle qui est la gérante des éditions Mordicus, où Robert Ménard publie ses ouvrages.

Emmanuelle Ménard a une forte influence sur Robert, qui dit s’être reconnecté à sa foi au contact de cette catholique pratiquante, née un 15 août, qu’on dit proche des mouvements Civitas ou de la Manif pour Tous. Et ses avis sont parmi les plus importants pour le premier magistrat de Béziers, comme il l’affirme au Monde en 2016 : “C’est elle qui, de loin, pèse le plus sur mes décisions politiques. Quand elle désapprouve une de mes idées, je ne la mets pas en œuvre“. C’est d’ailleurs elle qui aurait poussé l’ancien journaliste à se présenter à la mairie de Béziers en 2014. Trois ans plus tard, il lui rend la pareille, en l’encourageant à briguer la députation. Le couple sera finalement présent sur la même liste pour la mairie de Béziers, en 2020, élection qu’ils remportent. Elle devient alors conseillère municipale de la ville, mandat pour lequel elle a promis pendant la campagne qu’elle ne touchera pas d’indemnité.

Non-inscrite mais hyperactive comme députée

Les Ménard prônent l’union des droites : elle ne manque pas de soutenir certains députés LR à l’Assemblée quand cela lui paraît pertinent, et assure au Point, ce dimanche 15 août : “Nous parlons à tout le monde quand bien même Xavier Bertrand dit qu’il ne pourra jamais travailler avec nous. À l’Assemblée nationale, je n’ai aucun mal à échanger avec mes collègues de LR comme Julien Aubert.” Elle serait d’ailleurs dépositaire légalement de l’appellation “Union des droites” à l’INPI, selon nos collègues de Challenges. Si elle est considérée par l’administration de l’Assemblée nationale comme “non-inscrite“, c’est bien au Rassemblement National, dont son mari est historiquement proche, qu’elle est rattachée financièrement.

Non-inscrite” sur le papier, Emmanuelle Ménard est pourtant une des députés les plus active de l’hémicycle, où elle intervient très régulièrement, pour défendre ses positions assez conservatrices. Elle défend notamment une certaine notion de la famille : opposée à la PMA pour toutes, elle met régulièrement en garde contre la “banalisation de l’avortement“, ou encore de la liberté d’expression, étant favorable à l’abrogation de la loi Gayssot, qui punit tout acte raciste, antisémite ou xénophobe.

Crédits photos : Raphael Lafargue / Pool / Bestimage

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