Sandrine Rousseau, « la victime ingérable » : sa descente aux enfers après l’affaire Baupin

Candidate à la primaire des écologistes, Sandrine Rousseau revient pourtant de très loin. Dans “L’Obs”, elle raconte sa descente aux enfers après l’affaire Denis Baupin, l’homme qu’elle a accusé d’agression sexuelle.

Elle avait quitté la politique et ses mâles dominants. En mai 2016, Sandrine Rousseau se retrouve bien malgré elle sous le feu des projecteurs : avec d’autres membres d’EELV, la porte-parole du parti accuse le député Denis Baupin de harcèlement et d’agressions sexuelles. Un coup de tonnerre qui lui coûte cher. Si l’élu est poussé à la démission de l’Assemblée nationale, et qu’il perd son procès en diffamation, “tout s’est effondré” pour elle. Laissée en marge, à une époque où l’affaire Weinstein n’a pas encore déclenché la vague MeToo, la mère de trois enfants doit claquer la porte du parti après avoir tenté d’en prendre la tête.

Ma vie personnelle a changé, je suis devenue la victime ingérable dans mon parti”, témoigne la vice-présidente de l’université de Lille, où elle a pu constater des changements d’attitude. “Des gens ont refusé de me faire la bise, de me serrer la main ou même de prendre l’ascenseur avec moi“, se souvient-elle, la voix brisée. “Ne dites pas que je pleure“, intime-t-elle même au journaliste de L’Obs.

Sandrine Rousseau, outsider de la primaire

Car cinq ans après, les cicatrices ne se sont pas totalement refermées. Mais elles prennent la forme d’une énergie redoutable pour tenter d’incarner les Verts en 2022. Et de faire enfin changer les choses pour les femmes. “C’est quoi cette société où une victime d’agression est ostracisée parce qu’elle a parlé ?, s’indigne celle qui a réintégré EELV l’an dernier. Et moi, je suis une femme connue, je suis capable de parler. Mais la caissière, l’aide-soignante, celle qui nettoie le TGV, elles font comment ?”, souligne-t-elle. Devenue une figure de MeToo rassembleuse, Sandrine Rousseau fait même aujourd’hui figure d’outsider de la primaire face à Eric Piolle et Yannick Jadot. Preuve que s’il reste encore beaucoup de batailles à mener, certaines choses ont heureusement changé.

Crédits photos : Lafargue Raphael/ABACA

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