« Sorore » : « On veut renvoyer une image de femmes qui se donnent de la force », expliquent Camélia Jordana, Vitaa et Amel Bent

Amel Bent, Camélia Jordana et Vitaa se sont réunies pour le projet musical « Sorore », dont l’album sort ce vendredi. Elles ont accordé un long entretien à « 20 Minutes »

« On aimait beaucoup chanter les chansons les unes des autres. On connaît le parcours et la carrière de chacune. On s’est dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire en commun », résume Vitaa, entourée d’Amel Bent et Camélia Jordana. Le résultat, l’album Sorore, sort ce vendredi. Si leurs trois voix s’accordent en harmonie au fil des titres, en promo, chacune fait entendre ses nuances. 20 Minutes a pu le constater lors de l’entretien à bâtons rompus qu’elles lui ont accordé. Pendant trois quarts d’heure, le trio s’est exprimé sur ce projet musical, leurs carrières respectives ou encore leur rapport au féminisme… Entretien fleuve.

Pourquoi avez-vous choisi ce mot, « Sorore », pour intituler votre projet ?

Camélia Jordana : C’est un mot que j’ai proposé à l’équipe et moi-même je n’étais pas très sûre d’y arriver…

Vitaa : Tu n’as pas fait l’unanimité au début !

Camélia Jordana : Tout le monde débattait, on s’envoyait des notes vocales où chacun demandait en direct aux gens autour de soi. « Sorore » est un mot latin qui signifie « sœur ». C’est un mot assez récurrent dans les groupes féministes au sein desquels j’évolue. Il y a l’idée que nous sommes toutes les trois très complémentaires et complices. On a vraiment des relations sororales. On est très différentes, on passe des nuits entières à débattre, ça rit, ça crie et parfois même ça pleure ! Comme trois sœurs qui ont grandi ensemble et ont des points de désaccord. Ça faisait hyper sens. On est aussi toutes les trois des business women et on avait envie de se serrer les coudes et de mettre en avant cette sororité, de renvoyer cette image de femmes qui font des choses ensemble et se donnent de la force les unes les autres.

Amel Bent : Sorore, c’est aussi la musique qui nous rassemble, ça reste quand même l’un des plus beaux traits d’union qu’on puisse avoir entre êtres humains. Là où on peut ne pas parler la même langue, ne pas avoir les mêmes convictions, on peut se retrouver.

Cette union musicale s’affirme donc dans une démarche féministe ?

Vitaa : On a toutes une approche un peu différente. C’est une cause qu’on défend toutes les trois avec fierté.

Amel Bent : Pour moi c’est quelque chose d’absolument naturel. Je suis née dans un matriarcat donc je ne vois pas la vie autrement qu’avec des femmes fortes. Il n’y a pas de militantisme dans ce projet, mais c’est ce que ça évoque naturellement, parce qu’on est trois nanas, on est coproductrices, on a fait notre clip toutes seules et on n’a pas besoin d’un interprète pour raconter cette histoire.

Camélia Jordana : Prôner la sororité poings en l’air, je le fais de mon côté mais ce n’est pas l’idée de ce projet, même s’il s’appelle Sorore. Je n’ai pas de références de trois femmes, artistes indépendantes, business women, coproductrices, qui s’associent pour chanter leurs propres chansons, se donner de la force sur leurs chansons respectives…

Amel Bent : On n’est pas un girls band, quoi !

Vous faites partie de la génération des Millenials, et la génération Z qui arrive après, qui est très conscientisée, plus woke. Est-ce que cette génération vous influence d’une certaine manière ? Ou est-ce que vous vous considérez comme des grandes sœurs qui ont ouvert le chemin ?

Vitaa : Je vais répondre pour moi et je pense qu’Amel me rejoint un petit peu – on a une différence d’âge avec Camélia qui est pour moi un peu entre les deux générations. Nous, on a ce rapport de grandes sœurs avec tous ces nouveaux et nouvelles artistes qui arrivent, sont bourrés de talent, et font de la musique différemment. La musique a tellement changé, ça évolue tellement vite et moi je n’ai aucun problème à le dire, à le ressentir et à travailler avec pleins d’artistes super jeunes, à échanger avec eux et à écrire pour eux. Et à apprendre aussi leurs idées, leurs concepts. Camélia, tu es plus jeune, peut-être que ça ne te parle pas du tout…

Camélia Jordana : Moi, la notion de grande sœur, avec les kids, je trouve qu’elle n’a pas sa place à mes yeux dans mon rapport à eux et à elles, dans la mesure où je les trouve tellement woke que ce sont elles et eux qui m’instruisent, qui m’ouvrent sur des sujets sur lesquels je vais essayer de me déconstruire. En échangeant avec eux, parce que j’ai des amis très proches qui sont vraiment plus jeunes que moi, c’est hyper beau. Je me vois sur ces causes en question, dans mes angles morts. Et je me dis « Oh ! Celle-là, je ne l’avais pas vue venir ! »

Amel Bent : Moi, en fait, je vois des âmes autour de moi. Il y a des gens qui sont très jeunes et qui sont très modernes dans leur façon de penser et il y en a d’autres qui sont étroits d’esprit. Je pense que la vie reste un apprentissage jusqu’au bout et qu’on se construit et on se déconstruit en étant toujours à l’écoute et dans l’échange. J’apprends beaucoup de mes anciens mais aussi tellement de la jeune génération.

La première chanson pour porter ce projet c’est « Marine » de Diam’s, pourquoi avez-vous choisi cette chanson en particulier ?

Camélia Jordana : La première raison, c’est qu’on l’adore. Mélanie/Diam’s est l’une des meilleures amies de Vitaa. Amel a chanté avec elle il y a des années…

Amel Bent : C’est ma grande sœur.

Camélia Jordana : Diam’s c’est la première artiste que je suis allée voir sur scène quand j’étais petite, j’étais complètement folle j’avais la coupe de Diam’s, son album Dans ma bulle, c’était ma vie.

Vitaa : Au début on voulait faire que nos titres mais on s’est dit que s’il y a une artiste incontournable pour nous, c’était Diam’s. On avait envie de rendre hommage à son œuvre, ses titres et cette chanson qui est un classique pour toutes les trois. Marine a été écrite il y a tellement d’années et dans un climat encore tellement d’actualité. Est-ce que les jeunes le savent ? Cette chanson n’est-elle pas encore tellement pertinente qu’il faudrait leur en reparler ? Ça nous paraissait être une évidence.

Amel : On en a fait une chanson un peu plus pop, un peu plus douce. Toutes les chansons de Sorore ont été un petit peu revisitées dans ce sens. On essaye de mettre en avant l’harmonie, le fait de superposer des voix les unes sur les autres et de ne pas être dans un concours de celle qui va crier le plus fort. On peut s’imaginer que trois chanteuses ça va être une compétition de vibes, et c’est tout ce qu’on ne voulait pas.

La première fois que j’ai compris que je pouvais voter c’est parce que j’ai entendu cette chanson, Marine. Et aujourd’hui il y a d’autres gens, un autre public qui n’est pas celui de l’urbain, du hip-hop, qui va entendre cette chanson parce qu’elle est habillée différemment. (Amel Bent)

Vous avez décidé de gommer la mention au FN dans le refrain…

Amel Bent : En fait il existe deux versions de cette chanson, Diam’s en a fait une avec Front national et une sans. On s’est dit que c’était plus pertinent aujourd’hui de ne pas nommer un parti qui n’existe plus, en tout cas pas sous ce nom. L’idée ce n’était pas de faire un copier collé de ce qu’on a pu voir avant, mais de l’amener ailleurs. Une petite dame dans mon quartier m’a dit « Moi je n’écoute pas du tout de rap donc j’étais complètement passée à côté de la chanson de Diam’s mais j’ai entendu votre reprise avec Camélia Jordana et Vitaa, j’adore tout ce que vous dites dedans, vous le dites avec tellement de douceur qu’on comprend bien votre message ! » Diam’s l’a fait, c’est la première, la pionnière, c’est elle qui a envoyé ce message et c’était hyper fort. La première fois que j’ai compris que je pouvais voter c’est parce que j’ai entendu cette chanson. Et aujourd’hui il y a d’autres gens, un autre public qui n’est pas celui de l’urbain, du hip-hop, qui va entendre cette chanson parce qu’elle est habillée différemment. C’est là aussi qu’on gagne quelque chose, on va aller chercher un auditoire différent.

Nous sommes à moins d’un an de la présidentielle et la présence de Marine Le Pen au second tour semble être de plus en plus envisageable, voire ne plus poser question. C’est une perspective qui vous effraie ?

Vitaa : Ça a pesé dans la balance. On sent, à notre âge, en tant que femmes, citoyennes françaises, le besoin de dire qu’il est dramatique que ce soit une perspective tellement proche…

Amel Bent : Tellement probable en fait. Après, notre projet est apolitique. Vitaa et moi, on évite de trop déborder sur des sujets comme celui-là. Je pense qu’on peut en parler sans faire de la politique. C’est juste de la prévention, simplement s’adresser à notre jeune public qui ne sait pas trop où il en est. C’était important pour nous de dire, comme l’a fait Diam’s qui n’était pas une politicienne : « Regardez les gars, il y a ça qui se passe. Votre droit de vote est important. Ne le négligez pas, vous allez faire pencher la balance ». On le sait, ce sont les jeunes qui aujourd’hui sont parmi les plus susceptibles de voter en masse pour le Rassemblement national. Il y en a quand même qui pensent que c’est la solution. Je ne pense pas que ce soit parce qu’ils estiment que c’est la bonne solution mais que c’est juste qu’ils n’en voient pas d’autres. C’est là où pour moi on a quand même ce rôle d’informer, d’en parler, de dire « Les gars ça a l’air bien, mais ce n’est pas vers là où il faut aller, il y a d’autres options ».

Après « Marine » et un premier interlude, « Ma sœur » est la deuxième chanson de l’album. Cette chanson n’est-elle pas un peu contradictoire avec le titre « Sorore » ?

Vitaa : Notre projet consistait à reprendre les chansons qui nous ont le plus marquées. Ma sœur est une chanson que les gens qui viennent me voir en concert connaissent par cœur. C’est une histoire que j’ai vécue. Le contresens, c’est le fait que je parle de celle qui était ma meilleure amie, que j’appelais ma sœur, c’est ça ? Pour moi, c’est la vérité, la réalité, c’est ce qui arrive. Je trouve qu’il faut parler de tout. Que ce soit avec des femmes ou avec des hommes, les trahisons, ça arrive…

Nous nous interrogions sur le choix de cette chanson où il est question de trahison féminine…

Vitaa : C’est une question que je ne me suis même pas posée.

Amel Bent : J’y ai pensé mais j’aurais dit comme toi. Cela fait partie de la vie. Ce n’est pas parce qu’on aime les femmes qu’elles sont parfaites et ne font pas d’erreur.

Camélia Jordana : On était quatre, dans Sorore – il y a aussi Renaud Rebillaud avec lequel on a enregistré tout l’album. On s’est posé la question ensemble de l’ordre des titres. On s’est surtout demandé quelle devait être la place des interludes, par quelle chanson commencer, la note avec laquelle on a envie de laisser le public à la fin, etc. Au final, c’était une question d’esthétique et sonore plutôt que de propos.

Est-ce facile de « laisser » une chanson de son répertoire être reprise et emmenée dans une direction différente ?

Vitaa : Cela nous a vraiment amenées dans des univers, dans chaque titre, où on ne pensait pas du tout aller. C’est la force des collaborations : tu as une vision différente et cela emmène les chansons ailleurs. Parfois, on ne veut pas entendre une autre harmonie, un autre accord, sur telle chanson, mais c’est tellement enrichissant.

Amel Bent : On sentait que Vitaa venait du projet Versus avec Slimane. Elle nous a apporté cette sagesse, ce recul et cette expérience. Elle nous a apaisées sur des craintes que l’on avait. Ces chansons sont des bouts de nous, quand ça fait plus de dix ans qu’on les chante, qu’elles nous collent à la peau et qu’on en connaît les moindres recoins… Un accord, ça peut te briser le cœur. C’est dur de s’en détacher. Une fois que c’est fait, en revanche, c’est comme un accouchement, c’est un soulagement.

Camélia Jordana : Entendre deux chanteuses que tu apprécies depuis tes quatorze piges chanter tes chansons, c’est un kif aussi. Amel, si j’avais pu voter pour elle à l’époque [à Nouvelle Star], je l’aurais fait. Vitaa, je refaisais tous ses clips avec ma sœur et ma cousine. On refaisait les mises en scène. (rires) Donc c’était un petit processus de lâcher prise, il fallait se dire que la priorité, c’était la chanson et qu’elle sonne bien. Renaud, lui, avait moins d’affect avec nos titres qu’il ne connaissait même pas (rires). Une fois qu’on avait lâché prise, on pouvait être émues.

Amel Bent : Lors de l’enregistrement c’était ça : je suis émue, je suis vénère parce que vous avez changé un accord, je suis émue, j’aime pas ta note (rires). C’était entre plaisir, émotion, un peu de frustration parfois. Quand on a tout écouté et validé les masters, on s’est toutes envoyé un message en se disant qu’on avait un album de malade.

L’album a parfois des sonorités R’n’B. C’est un courant musical qui, après s’être essoufflé, est en train de repartir en France…

Camélia Jordana : Ça ne s’est pas essoufflé, y’a des Imen Es, des  Lynda…

Vitaa : Depuis peu, depuis quelques années. Moi, pour avoir vécu avec Amel cette traversée du désert des artistes et féminines et à connotation pop urbaine/R’n’B où il n’y avait aucun média pour nous diffuser, cela a été très compliqué à un moment donné. Je suis très heureuse de voir de nouvelles artistes s’imposer. C’est la preuve que la musique, ce sont des cycles qui reviennent, des influences qui se mélangent. Les gens ont souvent tort de mettre des artistes dans une case à vie.

Amel Bent : Nous, on l’a vraiment vécu. Cela a été terrible. On a connu l’âge d’or du R’n’B entre 2004 et 2006. En 2010, cela a commencé à être plus dur.

Pour les filles en particulier ?

Vitaa : Oui, je me souviens d’une période en radio où c’était très dur d’avoir une place.

Amel Bent : Toutes les artistes avec lesquelles on a évolué au début, quand on est arrivées, vers 2005, on ne les voit plus. Il y a eu une espèce d’écran noir : on ne veut plus d’elles. Pour les femmes, il y a ce côté date de péremption dont on ne parle jamais. C’est abusé que du jour au lendemain, on dise : « Elle est encore là, elle ? » Mais en fait, j’ai 30 ans, les gens. Ce n’est pas que je suis encore là, c’est que je viens de commencer. Alors que les hommes durent beaucoup plus facilement dans le temps.

Camélia Jordana : Il y a plus de femmes aujourd’hui, mais il y a toujours une majorité d’hommes dans les playlists en radio. Dans les émissions de variété avec des artistes qui viennent chanter, il y a toujours 70 % d’hommes, 30 % de femmes.

Amel Bent : Et des femmes qui sont jeunes, qui viennent d’arriver. Nous, on en est à notre sixième ou septième album, mais les femmes dont on parle, elles sont en train de défendre leur premier ou viennent de sortir leur deuxième. On est prêtes à donner de la force à ces jeunes artistes femmes. On a notre carrière, notre expérience… La relation qu’on a avec les médias qu’on souffle aujourd’hui à l’oreille des programmateurs. On le fait. Vraiment. On leur dit : « Tu n’as pas entendu cette artiste ? Elle déchire. » On en parle parce qu’on se dit qu’on a aussi ce rôle à jouer, en sous-marin. On parle des artistes femmes, parce qu’il faut qu’il y en ait. Pourquoi on ne voit pas toutes ces nanas qui déchirent ?

On sait que pour Camélia Jordana, beaucoup de choses ont été sorties de leur contexte, on sait comment elle en a souffert. J’admire son courage parce que c’est quelqu’un d’engagé et qu’elle n’a jamais peur… (Vitaa)

Vous reprenez « Pourquoi les hommes ». Ce titre de Vitaa datant de 2007 évoque des questions très actuelles comme la misogynie, l’oppression masculine… Pensez-vous, que vous auriez pu sortir cette chanson aujourd’hui ?

Camélia Jordana : Je pense que ça dépend de qui l’aurait sortie (sourire).

Vitaa : Cette chanson dénonce tellement de choses qui sont, comme vous le dites, d’actualité, qu’elle aurait peut-être même eu plus d’impact aujourd’hui.

Amel Bent : C’est pour ça qu’on la reprend.

Vous n’auriez pas craint les critiques, d’y laisser des plumes ?

Vitaa : Sincèrement, mon premier album, il était fait pour se faire défoncer. On a fait de moi l’artiste qui pleure, on m’a enfermée dans une case, j’en ai d’ailleurs souffert au début. C’était une tornade, un ascenseur émotionnel, je m’en suis pris plein la tête. Mais je suis très fière de ces chansons qui étaient mes histoires. Je ne me suis jamais cachée derrière un personnage ou une image. C’était ma vie, je racontais mes histoires de femmes. Quand j’écris une chanson, je ne me demande jamais si c’est dangereux. On se fait toujours terminer d’une façon ou d’une autre quand on fait ce métier…

Camélia Jordana n’a pas été épargnée, dans la manière dont ses propos ont été interprétés. Il en faut peut pour déclencher une polémique…

Amel Bent : Oui, souvent, c’est sur les déclarations plus que sur les chansons, quand même…

Vitaa : On sait que pour Camélia Jordana, beaucoup de choses ont été sorties de leur contexte, on sait comment elle en a souffert. J’admire son courage parce que c’est quelqu’un d’engagé et qu’elle n’a jamais peur…

Amel Bent : … d’y laisser des plumes justement.

Vitaa : Je ne pense pas qu’elle a mesuré combien elle allait en souffrir, elle a préféré se battre pour une cause plutôt que de penser à sa petite personne. Quand je vais en télé pour défendre un projet ou un album, je ne vais pas parler de mes convictions personnelles parce que j’aime bien séparer les deux. Camélia est une artiste engagée, elle ne se dit pas là je suis chanteuse, là je suis actrice. Elle y va, elle parle des femmes, de ce qui la touche…

Amel Bent : Même si on n’est pas forcément tout le temps d’accord avec ce qu’elle a pu dire ou ce que d’autres disent qu’elle a dit, on l’admire. Elle va dans les médias et dit ce qu’elle ressent et trouve important de dire, à mettre en lumière ou à combattre. A l’ère des réseaux sociaux et de la polémique, du buzz, on sait à quel point ça va vite. On peut dire des choses avec bon cœur, en voulant faire avancer les choses et cela peut se retourner contre toi. Cela force l’admiration. C’est plus facile de se dire « Moi, je suis chanteuse, il ne faut pas me parler de ça ». Après, ce qui restera ce sera, je l’espère, nos chansons.

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