« Tu vas t’en prendre plein les gencives » : Eric Dupond-Moretti mis en garde par un ancien ministre

Dans un article du Figaro, on apprend que l’actuel garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a été mis en garde sur les difficultés du poste par un ancien ministre

A propos de

  1. Eric Dupond-Moretti

  2. Nicolas Sarkozy

  3. Robert Badinter

Pas toujours simple d’être ministre. Depuis son arrivée au gouvernement en tant que garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti découvre les coulisses du pouvoir et s’est fait, surtout, de nouveaux ennemis. En premier lieu, notamment, les magistrats qui n’ont cessé d’élever la voix au fil des décisions du ministre ces dernières semaines. Pas étonnant donc, comme le rapporte le Figaro, que l’ex-avocat se voit vu rappelé par l’ancien ministre, Robert Badinter, que tous les ministres de la Justice réformateurs «s’en prennent plein les gencives».

Son accord pour la mise en place de mesures de sûreté pour les auteurs d’infractions terroristes en fin de peine, ou encore la nomination d’une avocate à la tête de l’École nationale de la magistrature, ont fait grincer des dents. Mais Éric Dupond-Moretti traîne également un autre boulet à son pied. Avant de devenir ministre, il avait pris parti pour les arguments de Nicolas Sarkozy, soupçonné par le parquet national financier de corruption d’un magistrat. Depuis, à la surprise générale, quatre ans de prison, dont deux ferme, ont été requis contre l’ancien président de la République. “Vous avez vu à quel point le parquet a été muselé par Dupond-Moretti !” ironise un membre de la Chancellerie dans le Figaro. Pour relativiser ces indignations, le garde des Sceaux se souvient que Robert Badinter l’avait prévenu, lors d’un déjeuner en octobre dernier, qu’il y aurait “des épines et des roses” et qu’il faudrait “attendre un peu pour les roses“.

Une augmentation significative du budget

Et si pour voir les roses, le ministre devait attendre un second mandat ? En tout cas, Éric Dupond-Moretti, qui n’a pas été épargne par ses anciens collègues, conçoit qu’il ne pourra pas mener à bien en 2021 la réforme qu’il réclame depuis fort bien longtemps : la séparation de corps entre les magistrats du siège et du parquet. Mais il pourra toujours s’appuyer sur l’augmentation exceptionnelle obtenue, de 8%, du budget de la Justice, soit la plus importante depuis 2006. “Nous grattons des améliorations partout où c’est possible, nous avons rédigé plusieurs circulaires importantes”, affirme le garde des Sceaux au Figaro.

Article écrit avec la collaboration de 6Medias

Crédits photos : Eliot Blondet/Pool/Bestimage

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