5 choses à sa voir sur les anticoagulants

Cette classe médicamenteuse effraie souvent en raison du risque de saignements. On fait le point sur les dessous d’un traitement extrêmement répandu.

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Les seniors en sont les premiers consommateurs

Vrai. Utilisés pour s’opposer à la formation de caillots dans les veines, les artères ou même le cœur, ils sont prescrits chaque année à un million de patients en France, majoritairement aux seniors. Ils agissent sur les facteurs de coagulation et se distinguent ainsi de ce qu’on appelle les antiagrégants (comme l’aspirine par exemple), qui n’agissent que sur les plaquettes.

On doit les prendre à vie

Vrai et faux. On les utilise dans le cadre de pathologies veineuses (phlébite, embolie pulmonaire) et artérielles (antécédents de formation de caillots). Les porteurs de certaines prothèses cardiaques mais aussi les malades atteints de fibrillation atriale (arythmie cardiaque fréquente qui favorise la formation de caillots dans le cœur et expose à des accidents vasculaires cérébraux) s’en voient aussi prescrire. En phase aiguë, suite à un événement, on les injecte pour dissoudre un caillot déjà présent (dans le cas d’une phlébite par exemple). Puis, un traitement au long cours – sous forme orale cette fois – est mis en place pour éviter la formation ou reformation d’un caillot. Cela peut durer de quelques mois (pour la phlébite) à quelques années (après une embolie pulmonaire). Les anticoagulants peuvent aussi être recommandés préventivement, principalement aux patients identifiés à haut risque de phlébite ou qui souffrent de fibrillation atriale. Il s’agit alors de traitement à vie. Ce qui explique trop souvent une mauvaise observance. On estime ainsi que trois ans après le démarrage d’un traitement, 30 % des malades prennent mal ou plus du tout leur anticoagulant. Pour aider les patients et éviter ces ruptures de traitement, il existe certains outils comme l’application mobile Mon carnet AVK.

Ce sont des médicaments très contraignants

Faux. Tout dépend en fait du type d’anticoagulants dont on parle. Les plus anciens (ils existent depuis 1940), les anti-vitamine K (AVK), ont en effet un inconvénient majeur en dépit de leur efficacité : l’obligation de surveillance permanente du patient, via un bilan de coagulation chaque mois. Par ailleurs, la posologie varie d’une personne à l’autre et de façon imprévisible dans le temps, ce qui oblige à des ajustements permanents. Enfin, les AVK sont très sensibles à la prise concomitante d’autres médicaments mais aussi à certains types d’aliments (riches en vitamine K). Bref, ils sont contraignants.

Les nouvelles molécules révolutionnent la prise en charge

Vrai. Les anticoagulants oraux directs (AOD), arrivés à la fin des années 2000, sont beaucoup plus faciles à manier car ils ne nécessitent peu de contrôle. Ils ont un plus faible risque d’interaction avec d’autres médicaments que les AVK et aucun avec les aliments. Ces molécules de nouvelle génération sont désormais prescrites en première intention. Principales contre-indications : les patients ayant une mauvaise fonction rénale (car ils les éliminent mal) et ceux porteurs de prothèses mécaniques cardiaques.

Il existe un véritable risque de saignements

Vrai. C’est la première classe thérapeutique qui expose à des passages aux urgences ou à une hospitalisation chez les seniors, en raison des saignements qu’elle peut engendrer. Souvent bénins (gencives, nez, muqueuses digestives…), ils deviennent graves s’ils touchent un organe important, comme le cerveau. Or, des récentes études ont montré que les nouveaux anticoagulants oraux ont une sécurité d’utilisation supérieure à celle des AVK (moins de risque de saignements intracérébraux) avec un bénéfice égal (la fameuse action antithrombotique), ce qui explique qu’on les privilégie aujourd’hui.

Merci au Pr Jean-Claude Deharo, cardiologue, chef de service au CHU de la Timone (Marseille).

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