7 clés pour réussir ses vacances en solo

Ça y est, cette année, vous vous lancez, vous partez au loin sans conjoint ni copines ! L’occasion rêvée de renouer avec une version de vous-même plus audacieuse, plus curieuse, plus indépendante. À vous la liberté !

Avec Martine Teillac, psychothérapeute et psychanalyste

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S’offrir un périple dans un pays lointain, une rando dans les Cévennes, un club de vacances dans les Landes, une thalasso en Bretagne… il existe autant de façons de partir seule en vacances que d’envies de se réinventer ! Il est loin le temps où les voyageuses qui se dispensaient d’accompagnateurs subissaient le regard social. Aujourd’hui, les femmes, quelle que soit leur situation familiale ou amoureuse, sont de plus en plus nombreuses à revendiquer le fait de se passer de compagnie pendant leurs congés. Les chiffres sont éloquents : selon l’Organisation mondiale du tourisme, 138 millions de femmes ont voyagé de cette manière en 2017, contre 59 millions en 2014 !* Prendre (enfin) du temps pour soi, aller à son propre rythme, découvrir d’autres facettes de soi-même, faire des rencontres inattendues : loin de les vivre comme une punition, il est temps d’aborder nos vacances en tête à tête avec nous-même comme une aventure excitante ! Voici nos conseils pour vivre à fond ce grand moment d’émancipation.

J’assume pleinement mon statut de vacancière solitaire

Soyons sincère : il est difficile d’échapper à un sentiment d’abandon lorsque l’on part en vacances sans famille, copains… surtout lorsque c’est la première fois. On ne peut s’empêcher de se dire que l’on vit cette situation parce que personne n’a envie de passer du temps avec nous ! Mais mieux vaut tourner le dos à ces pensées négatives, souvent dictées par le regard social. Pour aborder au mieux cette expérience, il est essentiel sortir de la posture de victime pour se vivre comme une femme indépendante, capable d’affronter l’inconnu, de s’adapter aux aléas, d’assumer sa liberté…

L’avis de la psy. « Même si vous subissez la situation, mettez-vous en position de la choisir ! Faites-vous confiance : dans ce qui sera aussi un voyage intérieur, vous allez révéler des facettes de vous-même que vous ne soupçonnez pas. Ce sera une expérience très valorisante au cours de laquelle vous allez apprendre à mieux vous connaître. Elle vous permettra d’être dans l’affirmation de vous-même et fera évoluer le regard de vos proches sur vous. Que du bonus ! »

Notre conseil : consultez les blogs de voyageuses en solo inspirantes. Nos préférés : osevoyagerseule.com, histoiresdetongs.com, leptitreporter.com

J’anticipe les difficultés

C’est un des inconvénients majeurs des vacances sans épaule sur qui se reposer ! En cas de problème (panne de voiture, location foireuse, vols de bagages, perte de papiers, etc.), vous ne pourrez compter que sur vous-même. Mieux vaut donc préparer ses vacances en amont : planifier permet de s’éviter quelques déconvenues et de partir sereine.

L’avis de la psy. « Il est nécessaire de border ce nouveau chemin que vous allez emprunter pour vous sentir le plus en sécurité possible. Si vous partez à l’étranger, prenez le temps de vous renseigner sur la culture, l’histoire, les conditions de vie du pays. Et n’hésitez pas à prendre une assurance pour vous protéger des imprévus. D’une façon générale, être capable de se projeter dans les situations les plus problématiques aide à les rendre plus gérables lorsqu’elles adviennent. De même que s’y confronter favorise la confiance en soi. »

Notre conseil : demandez conseil à des femmes qui ont déjà vécu l’expérience. Partagez avec elles vos appréhensions, elles sauront vous rassurer.

Je reste ouverte à l’imprévu

Si planifier a l’avantage de nous rassurer, cela peut aussi nous conduire à rater les opportunités qui se présentent. Or dès lors qu’on voyage seule, elles ne manquent pas. Arriver à lâcher prise sans se sentir en danger, tel est le challenge de la vacancière émancipée. Dès que vous aurez pris vos marques dans ce territoire inconnu, il vous faudra accepter de ne pas tout contrôler pour profiter pleinement du moment présent.

L’avis de la psy. « Lorsqu’on passe du temps seule avec soi-même, on développe une sensibilité plus fine. Cela permet d’être à l’écoute de son ressenti. Autant de moyens d’accueillir l’imprévu. Si vous êtes brusquement séduite par un paysage, l’ambiance d’une ville, le bien-être d’une activité, la bienveillance de personnes rencontrées, vous pouvez prendre sans risque le choix de vous attarder à cet endroit. C’est justement le but du voyage en solo : se connecter à des émotions que l’on n’aurait pas eu l’occasion de connaître autrement. »

Notre conseil : planifiez uniquement le début de votre séjour. Vous déciderez du programme des suivants au jour le jour, selon vos rencontres, vos envies, vos découvertes…

Je profite de la joie de ne penser qu’à moi

Rappelez-vous : en vacances, l’enfer, c’est souvent les autres ! Quelle liberté de faire ce qu’on veut quand on veut, sans avoir à se préoccuper de son conjoint, des enfants, des amis… De ne pas être obligée d’enchaîner les visites de chapelles médiévales quand on voudrait rester à bouquiner sur sa chaise longue ni de cuire à petit feu sur la plage quand on rêve de crapahuter sur les chemins de montagne. Là, vous êtes la maîtresse du jeu !

L’avis de la psy. « Dès le départ, choisissez vos vacances en y intégrant des activités qui vous font vraiment plaisir. Nombre de voyages organisés, stages ou clubs proposent des séjours à thème : sportif, culturel, artistique… L’occasion de satisfaire ses préférences, mais aussi, de rencontrer des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêt. Et si votre passion est le farniente à l’ombre d’un parasol, surtout profitez à 100 %, sans culpabilité ! »

Notre conseil. Autorisez-vous des moments régressifs rien que pour vous. Par exemple se ménager une bonne grasse matinée au détriment d’une énième visite culturelle ou zapper le resto réputé du coin pour aller grignoter des chips dans un parc ou sur un bout de rocher…

Je choisis qui j’ai envie de rencontrer

Partir seule en vacances ne signifie pas renoncer à tout contact avec ses congénères. Bien au contraire ! Nous sommes des animaux sociables, avides du regard et du partage avec l’autre. Bonne nouvelle : on a beaucoup plus de facilités à lier connaissance quand on n’est pas cernée par un mari, des enfants, des copines… Et si besoin, on n’hésite pas à forcer sa chance.

L’avis de la psy. « Dans un premier temps, on observe, on écoute. Ce qu’on entend, ce qu’on voit nous plaît ? La ou les personnes nous semblent sympathiques ? Alors on prend le risque de faire le premier pas. Rester dans une position attentiste est contre-productif. Il est essentiel de lancer, avec délicatesse et franchise, des signes montrant que vous êtes intéressée. Parfois, il suffit de réagir par un sourire ou un rire à une blague lancée à la cantonade… Vous verrez : dès lors qu’on se montre curieuse des autres, eux aussi se montrent à leur tour curieux envers vous. »

Notre conseil. Participez à des activités collectives. Et privilégiez les petits groupes où l’on peut plus aisément entrer en communication.

Je savoure les moments de solitude

Plus que la confrontation avec soi-même, c’est souvent le regard social impitoyable posé sur les gens seuls qui nous effraie. Aller au restaurant, par exemple, s’avère parfois difficile à vivre, alors que dîner en solitaire sur sa terrasse face à la mer n’a rien d’embarrassant. Bien au contraire ! Pour peu qu’on les accueille avec joie, ces moments loin de l’agitation du monde et des sollicitations constantes peuvent se révéler précieux. Un luxe suprême…

L’avis de la psy. « Passer des vacances seule est l’occasion de s’ancrer dans le présent. C’est pourquoi il est essentiel parfois de ne rien faire, de ne rien planifier, de se contenter d’observer ce qui nous entoure. Réservez-vous des moments de solitude en pleine conscience : se mettre en retrait de l’agitation, des conversations, des interférences ; s’ouvrir aux paysages, aux parfums, aux lumières, aux chants des oiseaux ; être à l’écoute de ce que l’on ressent, de ce que l’on éprouve. »

Notre conseil. Accordez-vous chaque jour des rituels : un café en terrasse, une promenade sur la plage, une méditation dans la nature…

Je garde le contact avec mes proches

La frustration de ne pas pouvoir partager avec ceux qu’on aime les bons moments, les paysages lumineux, les belles rencontres, la nourriture exquise a longtemps freiné les candidates au départ sans acolyte. Aujourd’hui, les nouvelles technologies nous permettent de ne pas couper les ponts : grâce à nos téléphones, tablettes… on peut tenir informés tous ceux qu’on aime de ce que nous expérimentons et partager avec eux nos enthousiasmes. Profitons-en.

L’avis du psy. « Les réseaux sociaux sont un réel atout dont il ne faut pas se priver. Mais en complément de ces témoignages instantanés, je propose d’écrire, de dessiner un carnet de voyage que l’on donnera à lire aux êtres qui nous sont chers : ce témoignage intime permettra de leur raconter les merveilles qu’on a vues, les expériences qu’on a traversées mais aussi la manière dont on les a vécues. »

Notre conseil. Programmez des appels en FaceTime ou sur Skype réguliers. Réalisez des storys de votre journée sur votre réseau social préféré et partagez-les avec ceux que vous aimez.

* Le Parisien, août 2021.

Merci à notre experte Martine Teillac, psychothérapeute et psychanalyste.

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