A Los Angeles, Factory 93 au cœur du revival de la techno européenne

Pour les touristes de passage, Los Angeles est davantage connue pour ses clubs hollywoodiens VIP que ses raves. Mais malgré les annulations en cascade avec la pandémie, plus de 6.000 personnes ont dansé – à ciel ouvert – pour fêter la nouvelle année, samedi dernier, au son de la DJ belge Charlotte de Witte. Un revival semi-underground qui doit beaucoup à Factory 93. Crée en 2016, la filiale d’Insomniac, le géant mondial des festivals électro (Electric Daisy Carnival, Beyond Wonderland), fait la passerelle entre la techno nord-américaine et européenne.

A deux pas de Skid row, en plein Warehouse district, les festivaliers sont réunis à Row DTLA, temple habituel de la street food avec son rendez-vous hebdomadaire Smorgasburg. Preuve de vaccination obligatoire pour rentrer. Aux platines, le Britannique Eli Brown, signé sur le label maison Factory 93 records, fait monter une température qui fraîchît au coucher du soleil avec un gros son nourri à la jungle et au drum’n’bass de Bristol. L’Italien Enrico Sangiuliano lui succède avant le plat de résistance : Testpilot, versant techno minimaliste de DeadMau5, qui prend plaisir à explorer son côté obscur. Avec des basses saturées et syncopées, Charlotte de Witte met les amplis à genoux. La foule, qui oublie pour un temps, en plein air, la menace Omicron et les « cloud rave » à domicile du confinement de 2020, en redemande.

La DJ belge Charlotte de Witte à Los Angeles, le 1er janvier 2022.

Retour aux sources

En Californie du sud, loin des scènes de Détroit et de Chicago, la musique électronique doit beaucoup à Pasquale Rotella. A 1993, à tout juste 18 ans, il organise sa première rave dans un hangar de South-Central LA – un quartier plus connu pour le hip-hop que la techno. 300 personnes répondent présent. A la tête d’Insomniac, Rotella lance coup sur coup les festivals Nocturnal Wonderland en 1995 puis l’Electric Daisy Carnival (EDC) en 1997.

En 2009-2010, la vague électro grand public emporte tout sur son passage aux Etats-Unis. David Guetta collabore avec les Black Eyed Peas, Kelly Rowlands et Rihanna. Afrojack et Calvin Harris se font payer 100.000 dollars le set à Vegas. Swedish House Mafia conquiert les charts puis Avicii reprend le flambeau. EDC accueille 185.000 personnes à Los Angeles en 2010 et même 400.000 à Las Vegas en 2016.

Dans ces festivals XXL, une partie de l’énergie rebelle et bouillonnante des débuts s’est perdue. C’est pour la recapturer que naît Factory 93. Pasquale Rotella fait vite venir des grands noms européens comme Carl Cox et Eric Prydz, que les Californiens les plus jeunes redécouvrent dans un hangar presque intimiste où musique et art immersif se mélangent.

En 2021, Factory 93 part à la conquête de l’Europe avec ses premiers rendez-vous en Belgique et en Roumanie. A Los Angeles, l’année va se poursuivre avec le Français Sébastien Léger (29 janvier) et le duo de Belfast Bicep (24 et 25 mars). Le son européen se porte bien.

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