Alimentation vivante : tout ce qu'il faut savoir avant de se lancer

Vous avez envie de tester l’alimentation vivante ? Découvrez les conseils, mais aussi les mises en garde, de Ketty Orain-Ferrela, naturopathe.

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Alimentation vivante : qu’est-ce que c’est ?

Manger régulièrement des crudités et des fruits fait-il de moi une adepte de l’alimentation vivante ? Et bien…pas vraiment ! Comme l’explique Ketty Orain-Ferella, naturopathe, l’alimentation vivante “désigne les aliments naturels qui ne sont non transformés, non pasteurisés, sans additifs, donc essentiellement de qualité biologique pour éviter les engrais, pesticides etc.”. Concrètement, il s’agit donc d’une alimentation basée sur la consommation des fruits, des légumes, des noix, des graines, des oeufs et des algues sous forme crues, ou en jus (non pasteurisés), mixées, germées ou lactofermentées. On oublie en revanche la viande et le poisson qui, bien qu’ils puissent être consommés crus, sont des aliments déjà morts.

La cuisson prive nos repas d’une grande partie des nutriments qui étaient présents à la base dans les aliments. “La cuisson à outrance et le manque d’aliments crus sont un des facteurs responsables des carences que l’on observe aujourd’hui chez de très nombreuses personnes.”, détaille la naturopathe. Dans l’alimentation vivante, les fruits et les légumes sont donc consommés crus car la cuisson altère les nutriments et micro-nutriments qu’ils contiennent. “Par exemple, dès 42°, les enzymes sont altérées. C’est problématique car les enzymes sont les éléments qui permettent une bonne digestion. A partir de 60° c’est la vitamine C qui est détruite. A partir de 90°, ce sont les vitamines B. A 100°, ce sont carrément les minéraux et les oligo-éléments.“, précise-t-elle.

La naturopathe, si elle précise que si l’alimentation vivante est une clé importante pour regagner en vitalité, elle ne peut ne pas être adaptée à tous. “Comme dans tout, il faut se méfier des discours dogmatiques qui prônent l’alimentation crue pour tous. En matière de nutrition, il n’y a pas de vérité absolue. Il y a surtout une variété d’individus, de profils, avec leur histoire, leur parcours, et leur état de santé du moment“, explique-t-elle.

Quels sont les avantages de l’alimentation vivante ?

Ils sont nombreux !“, annonce d’emblée Ketty Orain-Ferella. Comme nous l’avons expliqué, la cuisson altère le potentiel nutritionnel des aliments.

  • L’apport en nutriments

Les manger crus ou en tout cas accorder une place importante à l’alimentation vivante dans nos assiettes est donc l’assurance de voir nos besoins nutritionnels comblés. “La conséquence de cette alimentation riche en micro-nutriments c’est qu’il en résulte non seulement une belle énergie mais aussi une meilleure immunité.“, explique la naturopathe.

Cette dernière insiste en revanche sur les effets délétères des produits industrialisés, transformés et pasteurisés qui sont partout et constituent parfois l’intégralité des repas. “Ces produits transformés sont non seulement carencés mais aussi carençants  : leur consommation demande au corps une suradaptation pour pouvoir les digérer et les rendre inoffensifs pour le corps.”, analyse-t-elle, prenant l’exemple de gâteaux et des biscuits qui ne contiennent absolument aucun micro-nutriments mais sont très riches en sucres raffinés. “Ce sucre va provoquer une hyper-acidité dans le sang. Comme le sang doit garder un pH constant, le corps va devoir utiliser une partie de ses réserves de minéraux pour absorber, tamponner cet excès d’acidité ! Au final, on puise donc dans notre capital santé. Le corps, dans son intelligence, va puiser ces réserves dans ce qu’il juge être le moins important : les cheveux, les ongles, la peau, puis ce sera le squelette. On commence par avoir des cheveux cassants et fins, et on finit avec de l’arthrite et de l’ostéoporose.”, alerte-t-elle.

  • L’apport en fibres

Les fibres assurent un bon transit et donc un bon nettoyage du corps. “Une constipation chronique est souvent due à une alimentation carencée en fruits et légumes crus, ce qui peut aboutir à une auto-intoxication. Les selles, lorsqu’elles ne sont pas évacuées quotidiennement, engendrent fermentations et putréfactions au niveau intestinal et, in fine, une forte inflammation dans le bas du corps pouvant rayonner dans l’utérus chez la femme par exemple“, explique la naturopathe. Avec l’alimentation vivante, vous offrez également à votre corps une sorte de detox permanente, il. est ainsi bien draine et hydraté.

  • Une alimentation riche en antioxydants

Enfin, autre avantage et non des moindres : l’alimentation vivante est gorgée d’antioxydants ! “Les antioxydants ont une action anti-âge. Ils garantissent le bon fonctionnement et la jeunesse des cellules. Une carence en antioxydants aboutit nécessairement à un vieillissement prématuré du corps et à l’altération des cellules.”, détaille la naturopathe.

Face à tous ces avantages, on comprend que l’alimentation vivante devrait constituer la base de notre alimentation alors que malheureusement elle est trop souvent réduite à la partie congrue de l’assiette. “Je ne blâme pas non plus trop rapidement les familles. L’alimentation vivante est coûteuse. Souvent bien plus coûteuse que les produits industrialisés.“, nuance la spécialiste.

Les secrets de l’alimentation vivante : comment cuisiner ?

Manger cru n’est ni triste ni répétitif, mais cela demande tout de même une bonne dose d’imagination. Plus options sont possibles pour varier les plaisir.

  • Manger les fruits et légumes à la croque tout simplement, en salade etc
  • Les consommer sous forme de jus, soit en smoothies (on mixe tout dans un blender avec du lait végétal par exemple), soit en réalisant un jus pressés à froid à l’aide d’un extracteur, mais cette fois les fibres sont ôtées.
  • Procéder à une lacto-fermentation : il s’agit d’un mode de fermentation qui va permet de conserver longtemps des légumes crus grâce à l’aide de certains ferments. Ce procédé a 2 avantages : la conservation longue, mais aussi un effet probiotique sur les intestins.
  • Faire germer les aliments. “Les graines germées sont un élément phare de l’alimentation vivante : nous les appelons “super-aliments” car elles ont une teneur exceptionnelle en micro-nutriments. La graine contient en elle tout le potentiel de la future plante une fois adulte. Une fois que la graine a germé, donc que la vie est activée, elle est une bombe nutritionnelle !“, explique la naturopathe.
  • Déshydrater les produits à l’aide d’un déshydrateur : on peut ainsi réaliser des chips saines etc.

Certains chef se sont spécialisés dans la “crusine”, la cuisine crue. On trouve désormais beaucoup d’inspiration sur le web pour réaliser facilement des sauces, des soupes, des tartares et autres réjouissances.”, observe Ketty Orain-Ferella. Cette dernière précise que l’on peut tout de même chauffer les aliments, mais pas au-delà de 42°, sinon le produit est dénaturé.

Alimentation vivante : comment commencer ?

On ne décide pas du jour au lendemain d’adopter une alimentation basée sur du 100 % cru. La naturopathe recommande au contraire d’y aller progressivement en augmentant petit à petit la ration quotidienne. Consommer trop de cru d’un coup, c’est aussi beaucoup de fibres, et donc le risque d’avoir mal au ventre. “En tant que naturopathe, je conseille souvent de commencer par intégrer le cru sous forme de jus pressé à l’extracteur. De cette façon, on ôte les fibres, donc on ne risque pas de se retrouver avec des douleurs digestives, et on bénéficie d’un grand shoot de micro-nutriments. Ainsi l’énergie remonte en flèche et l’immunité également. Les jus, c’est un moyen très simple d’augmenter considérablement sa part d’alimentation vivante dans la journée, même quand on ne raffole pas des crudités.”, explique-t-elle.

Autre possibilité si on ne souhaite pas pour le moment s’équiper d’un extracteur ou que l’alimentation vivante n’est pas accessible financièrement : commencer par la consommation de jus d’herbe. “On en trouve sous forme déshydratée en magasin bio (marque SFB notamment). Il suffit de rajouter de l’eau dedans et d’en consommer au quotidien. Cela ne remplace pas véritablement l’alimentation vivante, mais ça ajoute une belle part de vivant tout de même, à moindre coût.“, observe la spécialiste.

L’alimentation vivante est-elle adaptée à tous ?

Sur ce point, la naturopathe est formelle. “Non, l’alimentation vivante n’est pas adaptée à tous et c’est bien là le problème concernant les discours en vogue. Le crudivorisme ne convient pas à tout le monde et on peut se retrouver en grandes difficultés en adoptant ce mode de vie si notre physiologie ne nous le permet pas.“, explique-t-elle. Car les avantages de l’alimentation vivante sont également ses inconvénients.

  • Le risque d’un excès de fibres

Les aliments crus contiennent beaucoup de fibres, ils sont donc potentiellement irritants pour l’intestin. “Si on est sujet à des difficultés digestives ou encore à des pathologies de type syndrome de l’intestin irritable, colopathie, maladie de crohn, rectocolite hémorragique etc. le crudivorisme est à oublier“, tranche la spécialiste.

  • Une difficulté à digérer et à assimiler

La cuisson est une forme de pré-digestion des aliments : une partie du travail est déjà faite. Les aliments crus sont également plus difficiles à digérer et à assimiler.

Dans tous les cas, je pense qu’il faut individualiser la part d’alimentation vivante en fonction de chacun. En cela, il n’est pas inutile de consulter un naturopathe qui saura aiguiller une démarche cohérente, en se tenant à l’écart des discours prônant le tout ou rien. On ne peut pas ignorer l’état du corps tel qu’il est dans le moment présent. Il faut composer avec et rester dans le respect de ses capacités actuelles pour pouvoir progresser et être dans une vraie démarche de santé.”, recommande la naturopathe.

L’alimentation vivante peut-elle présenter un danger ?

Elle peut constituer un danger si la personne a un profil qui n’est pas adapté au 100% cru. “Elle peut également être délétère si l’on ne prend pas garde à la variété de ce que l’on consomme.”, ajoute la naturopathe.

Alimentation vivante : utile pour perdre du poids ?

Je ne pense pas qu’il faille aborder l’alimentation vivante comme un régime car la pratique m’a montré que la restriction aboutit toujours à de la prise de poids au final. Se lancer dans l’alimentation vivante ne devrait pas être une façon de se priver, mais plutôt une démarche de santé afin d’apporter un maximum de nutriments à son corps, sous leur forme la plus pure“, explique Ketty Orain-Ferella. Cette dernière précise toutefois qu’adopter ce mode de vie aboutit naturellement à une régulation du poids. “En ôtant tous les produits transformés, industrialisés, on ôte à la source ce qui fait prendre du poids ! De plus, le corps se rééquilibre, moins d’acidité, moins d’inflammation, donc le corps n’est plus en lutte et une detox profonde s’opère. Cela dit, je le répète, ce mode de vie ne convient pas à tous les profils.”, conclut-elle.

Merci à Ketty Orain-Ferella, naturopathe, coach & praticienne en EFT

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