Autotests et Covid-19 : comment fonctionne ce dispositif de dépistage disponible le 12 avril en pharmacie ?

Après avoir été validés par la Haute Autorité de Santé (HAS) en mars, les autotests de dépistage de la Covid-19 seront disponibles en pharmacie à partir du 12 avril. En quoi consistent-ils ? On fait le point sur leur fonctionnement.

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Dans le cadre du dépistage de la Covid-19, plusieurs outils sont disponibles en France. Il est possible de réaliser des tests PCR en laboratoire et des tests antigéniques en pharmacie. Des tests salivaires ont également été déployés dans les écoles. Le 16 mars, un nouveau dispositif a été autorisé par la Haute Autorité de Santé (HAS) : les autotests. Vendredi 2 avril, le ministre de la Santé Olivier Véran a révélé qu’ils seraient vendus en pharmacie à partir du 12 avril. “Les autotests, ce sera un complément utile pour ceux qui souhaitent avoir des tests chez eux”, a-t-il expliqué à Brut. Il a cependant indiqué que ce dispositif de dépistage ne serait pas disponible en grande surface : “Il faut qu’il y ait un professionnel de santé pour vendre ces tests-là, en expliquer le fonctionnement, ce n’est pas si simple”, a précisé le ministre de la Santé.

Depuis le début du mois de mars, ces autotests sont disponibles en Autriche : chaque habitant peut ainsi se procurer gratuitement cinq kits par mois en pharmacie. En Allemagne, les magasins Lidl et Aldi ont mis en vente des autotests de dépistage de la Covid-19. Ce dispositif est également disponible en Angleterre pour les élèves du secondaires, mais aussi Portugal. Comment fonctionne-t-il et comment se procurer des autotests en France ?

Autotests : des outils destinés aux plus de 15 ans

Le 16 mars dernier, la Haute Autorité de Santé a donné son feu vert au déploiement des autotests en France. “La HAS valide l’utilisation des tests antigéniques sur prélèvement nasal en dépistage : tests de diagnostic rapide (TDR), tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) et autotests”, a-t-elle écrit sur Twitter.

#Communiqué | #COVID19 – La HAS valide l’utilisation des tests antigéniques sur prélèvement nasal en dépistage : tests de diagnostic rapide (TDR), tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) et autotests
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L’autorité de santé a expliqué dans un communiqué que les autotests représentaient “des outils de dépistage complémentaires aux tests déjà utilisés en France”. Elle a également donné des indications sur ses conditions d’utilisation : ils s’adressent aux personnes asymptomatiques âgées de plus de 15 ans.

La HAS recommande l’utilisation de ces tests “dans le cadre d’un dépistage itératif ciblé à large échelle en alternative aux TDR/TROD antigéniques sur prélèvement nasopharyngé ou nasal” ainsi que “dans le cadre d’une utilisation restreinte à la sphère privée (par exemple, avant une rencontre avec des proches…)”, peut-on lire dans le communiqué.

Comment fonctionnent les autotests de dépistage de la Covid-19 ?

Tout comme les tests PCR et antigéniques, les autotests de dépistage de la Covid-19 sont réalisés à l’aide d’un écouvillon nasal. Ils sont cependant présentés comme moins douloureux car ils nécessitent un prélèvement nasal moins profond. L’objectif est d’“introduire un écouvillon spécifique pour le prélèvement nasal dans le vestibule narinaire sur 3 à 4 cm jusqu’au cornet nasal médian”, précise la HAS.

Après avoir réalisé ce prélèvement, l’écouvillon est inséré dans un tube contenant un réactif. Les résultats sont disponibles au bout d’une vingtaine de minutes grâce à une bandelette de lecture. Certains de ces tests sont associés à des applications permettant de recenser les cas positifs. Un résultat positif doit cependant être confirmé par un test PCR réalisé en laboratoire.

Autotests : leurs résultats sont-ils fiables ?

Quid de la fiabilité de ces autotests ? La question divise, car certains d’entre eux détecteraient mieux le Sars-CoV-2 en cas de charge virale élevée. Une étude parue sur le site de pré-publication scientifique medRxiv et menée sur 146 personnes symptomatiques indique néanmoins que l’autotest de dépistage de la Covid-19 développé par le laboratoire Roche a montré une sensibilité de 82,5%.

“Le dépistage antigénique massif est l’outil le plus pertinent face au besoin d’accélération. Mieux vaut un test performant à 80 % avec un résultat rapide, simple et dix fois moins coûteux qu’un PCR, qu’un résultat fiable à 100 % en deux jours”, expliquait en mars au JDD Xavier Guérin, vice-président EMEA d’Innova Medical Group, dont l’autotest a été autorisé en Grande-Bretagne.

La HAS précise que “les critères de performance cliniques retenus pour valider les tests sont une sensibilité clinique supérieure ou égale à 80 % et une spécificité clinique supérieure ou égale à 99% chez les sujets symptomatiques”.

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