Cancer : les meilleures solutions anti-fatigue

C’est le symptôme dont se plaignent le plus les malades. Contre cette asthénie liée à la maladie et aux traitements pour la soigner, les méthodes naturelles ont leur mot à dire. On fait le point à l’occasion d’Octobre rose, le mois consacré à la lutte contre le cancer du sein.

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Affronter le cancer épuise : un quart des patients se disent encore fatigués cinq ans après l’arrêt des traitements. « Et cette fatigue n’est pas un simple éreintement physique : le repos et le sommeil ne suffisent pas à en venir à bout », rappelle Sébastien Landry, spécialisé en cancérologie. Il y a aussi une dimension émotionnelle (la peur de la maladie et les idées noires encombrent la tête), cognitive (les traitements ont des impacts sur le cerveau, donc la mémoire, les facultés d’attention ou de concentration), sociale (on se sent parfois isolé, incompris)… D’où la nécessité d’une approche globale pour retrouver son énergie « d’avant ». Bonne nouvelle, les méthodes naturelles sont bien plus efficaces que les médicaments.

Cancer : plus de tonus grâce au sport

« Cela peut sembler paradoxal mais ce n’est pas en se reposant davantage qu’on récupère », rappelle le Dr Adrian Chaboche. Bouger est plus efficace ! Les études montrent que l’activité physique réduit la fatigue liée au cancer d’environ 25 %, et jusqu’à 35 % chez les femmes souffrant d’un cancer du sein. « Elle a aussi un impact positif sur le sommeil, la dépression ou les capacités cognitives », complète Sébastien Landry. Et comme avec un médicament, il y a un effet dose : plus on en fait, moins on se sent fatigué. Mais l’activité et l’intensité varient selon chaque patient, l’idéal étant de pratiquer avec un enseignant APA (Activité physique adaptée) et/ou dans des structures spécialisées (Cami, Siel Bleu…).

En cas de fatigue musculaire (la chimiothérapie attaque toutes les cellules et favorise la fonte des muscles), le renforcement et la musculation avec des poids sont recommandés. Si on s’essouffle en marchant, il faut viser des activités de cardio douces (marche, natation, vélo). « Le fait de pratiquer en groupe plutôt que seul chez soi est particulièrement intéressant pour lutter contre l’isolement et la fatigue émotionnelle », ajoute Sébastien Landry. Et si on n’est vraiment pas en forme au début, marcher ou bouger, même par tranche de dix minutes, a quand même un effet. On augmente ensuite la durée et l’intensité progressivement. En prévoyant trois à cinq séances par semaine pour garder les bénéfices.

Moins de pression grâce à la relaxation

Les exercices de relaxation sont très utiles lorsqu’on souffre de fatigue émotionnelle et cognitive : ils favorisent la connexion à soi et aident à s’écouter davantage, à savoir ce dont on a vraiment besoin. « Les méthodes corps/esprit comme la méditation, la sophrologie ou l’hypnose apportent un état de calme très régénérant pour le corps et le cerveau », confirme le Dr Chaboche. Ces approches, que l’on peut apprendre dans des ateliers proposés par les centres anti-cancer, aident à faire le vide dans la tête, ne plus ruminer les idées noires, trouver plus facilement le sommeil… « La sophrologie renforce aussi l’image de soi et la détermination à travers des exercices de visualisation où l’on se voit en forme, plein d’énergie, où l’on valorise les traitements qui deviennent des alliés contre la maladie », note Sébastien Landry. Enfin, elle permet, via des exercices de respiration en mouvement, de refaire bouger doucement le corps et de relâcher les tensions musculaires dont on n’a pas forcément conscience, mais qui entretiennent la fatigue.

Cancer : on se jette à l’eau pour récupérer

L’étude PACTHE menée sur un programme post-cancer du sein de quinze jours dans 3 stations thermales est encourageante et montre une amélioration significative de la qualité de vie des femmes (sommeil, dépression, fatigue…) après la cure par rapport à un groupe de femmes prises en charge à domicile. En plus des soins à base d’eau thermale (pour soulager les effets indésirables des traitements anti-cancer, par exemple au niveau cutané), des ateliers esthétiques ou d’hygiène de vie et de la rééducation, ces cures post-cancer incluent une reprise en douceur de l’activité physique. Par précaution, la plupart des médecins les recommandent une fois les traitements terminés, dans l’année qui suit.

Des mots contre la fatigue émotionnelle

Pouvoir parler de ses peurs, que l’on ne peut pas toujours confier à son entourage, est essentiel. La plupart des centres de soins et hôpitaux spécialisés dans le cancer proposent d’ailleurs les services de psycho-oncologues pendant et après les traitements. Il ne faut pas hésiter à y recourir. « Le thérapeute peut aussi enseigner des petits exercices et des stratégies pour mieux mémoriser, se concentrer sur plusieurs tâches… et réduire la fatigue cognitive », précise Sébastien Landry. Pour une prise en charge gratuite, n’hésitez pas à vous rapprocher des associations de patients ou des comités régionaux de la Ligue contre le cancer.

Plantes et granules pro-énergie

Côté phytothérapie, le ginseng (quinquefolius plutôt que panax ginseng) est conseillé en cas de grosse fatigue physique et intellectuelle par l’AFSOS (Association Francophone des Soins Oncologique de Support). L’astragale a aussi montré son efficacité contre la fatigue liée aux cancers, sous forme d’EPS (Extrait de plante standardisée) notamment, mais ne peut pas être utilisé en cas de cancer hormono-dépendant. Il faut dans tous les cas avoir le feu vert de son oncologue avant de prendre des plantes.

L’homéopathie, dénuée de contre-indications, a son rôle à jouer malgré les polémiques sur son efficacité. Contre la fatigue due à la chimiothérapie, phosphoricum acidum est généralement efficace. Mais un protocole homéo fonctionne à condition d’être le plus personnalisé possible, dès l’annonce de la maladie : un médecin homéopathe saura trouver la formule qui vous correspond.

Merci au Dr Adrian Chaboche, médecin généraliste, coauteur avec Léonard Anthony de « Libérez-vous de la fatigue » (éd. J’ai Lu) et à Sébastien Landry, psycho-sexologue spécialisé en cancérologie, coauteur avec Martin Chartogne de « La fatigue liée au cancer : la connaître pour la combattre » (éd. In Press).

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