"Cela crée un lien nouveau entre l'artiste et le public" : le musicien français Jacques vend son nouveau morceau en NFT

Vous en avez sûrement entendu parler. De plus en plus d’artistes se mettent aux NFT, les “non fungible tokens”, sortes de certificats d’authenticité d’une oeuvre achetés avec de la cryptomonnaie. En France, le musicien électro Jacques a décidé lui aussi de se lancer : il met en vente cette semaine les droits de son nouveau single, Vous, avec une démarche collective et militante.

Vous, son nouveau titre, sort ce vendredi. Beaucoup l’attendent, et pour l’occasion Jacques se fait précurseur en France. Il propose de vendre les droits de cette chanson sous la forme de NFT. Dans le monde de l’art, des acheteurs ont déjà déboursé des millions pour acheter ces certificats d’authenticité numériques, alors que dans l’industrie musicale, de Grimes à The Weeknd, ils sont plusieurs à avoir déjà pris ce tournant-là.

Pour Jacques, il a d’abord fallu se poser des questions : “Que vaut une chanson ? Qu’est-ce qu’elle va rapporter ? Est-ce qu’on se base sur des estimations optimistes ou sur ce que mes morceaux passés ont rapporté ? Cela pose ces questions-là.”

Chaque seconde du morceau est à vendre

Pour acheter les droits d’une des 194 secondes du morceau, il faudra donc débourser l’équivalent de 145 euros. Expliquée sur le site jacques.live, l’expérience est un pari sur le succès, dans lequel chacun pourrait trouver son compte : “L’idée c’est d’essayer d’utiliser internet comme on imaginait qu’internet serait, cette espèce d’utopie des débuts, explique Jacques. Au lieu d’aller voir une maison de disques et de leur demander une avance, on va voir le public directement ; cela crée un nouveau lien entre l’artiste et le public.”

Potentiellement, un ‘petit’ artiste n’a pas beaucoup de gens qui le suivent. Mais s’il y a des gens qui croient en lui, peut-être ces gens pourront-ils lui donner de l’argent, un peu à la manière d’un crowdfunding, poursuit-il. Et je pense que le business de la musique pourrait s’orienter vers ça. Ce ne serait pas si révolutionnaire que ça, c’est quand même un peu le même genre de fonctionnement que le capitalisme.

Une chanson, 194 propriétaires et une rémunération fixe et juste pour l’artiste : la spéculation rôde, certes, mais l’idée séduit de plus en plus, face aux dérives du système actuel, dans lequel le streaming tout-puissant ne rémunère que très peu ceux qui en ont le plus besoin. La vente de NFT sur le nouveau morceau de Jacques s’achèvera le 10 juin prochain.

Vendre sa musique en NFT : reportage de Yann Bertrandécouter

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