C’est quoi ce film surnommé le « Seigneur des Anneaux alsacien » ?

  • Une association vient de sortir un film qu’elle aime surnommer « Le Seigneur des anneaux alsacien ».
  • Pourquoi ? Car tous ceux qui ont participé au projet de long métrage de « médiéval fantastique » étaient fans de l’œuvre de Tolkien et des films de Peter Jackson.
  • Le projet a duré dix ans et fait appel à près de 500 personnes, en étant tourné dans toute l’Alsace.

Une trilogie culte, une série et maintenant… une version alsacienne ! Le Seigneur des Anneaux n’en finit décidément pas de séduire et d’influencer des générations entières. La vingtaine de membres de l’association « Trustwonder peut en témoigner. Pendant une dizaine d’années, ils ont travaillé à l’élaboration du film Edahlion, le royaume orphelin. Un long métrage « médiéval fantastique » de deux heures qui doit beaucoup aux aventures de Frodon Sacquet…

« Ça a été notre principale inspiration », confirme le réalisateur de ce film 100 % bénévole, Michel C. Jacky. Avant vite de nuancer : « Attention, on ne veut pas du tout se comparer. Ou alors toutes proportions gardées car on n’avait pas vraiment le même budget ! » Loin de là puisque les amateurs évoquent « 15.000 euros de nos poches et grâce à des campagnes de financement participatif » quand Peter Jackson s’appuyait sur des centaines de millions de dollars.

Mais la passion et l’atmosphère générale sont les mêmes. Pour les transmettre aux spectateurs, les Alsaciens ont dû redoubler d’efforts. Pendant un peu plus d’une décennie donc. « On a commencé en 2012 la préproduction avec mon meilleur ami, Jonathan Ott », rembobine le natif d’Hunspach (Bas-Rhin), 33 ans. « On faisait jusque-là des courts-métrages chacun de notre côté et on a décidé de se lancer ensemble. En bossant d’abord sur le scénario, le matériel, en cherchant des lieux où tourner, etc. »

Vaste chantier, juste un brin facilité par l’abondance de forteresses, ou leurs ruines, dans la région. « On a pu aller au château du Lichtenberg, à celui du Haut-Barr à Saverne, aux remparts de Wissembourg. On a vraiment tourné dans les quatre coins de l’Alsace, même dans des ruelles de Ribeauvillé ou à Châtenois où on a dû recouvrir de paille car il y avait trop de bitume », détaille le réalisateur, ravi toutes ces péripéties, « une vraie expérience de vie ».

500 participants, figurants compris

Humaine aussi, car les rencontres ont été nombreuses. Couturiers pour réaliser certains costumes, cadreurs, acteurs, etc. Au total, ce sont « 500 personnes, figurants compris » qui ont participé au projet. Avec des castings pour les principaux rôles, dont le héros Edahlion, incarné par Korantin Bahezre de Lanlay. Lui non plus pas du tout professionnel du métier. « Mais il avait un gros avantage, il faisait beaucoup de combats médiévaux, ça nous a aidés », sourit encore Michel C. Jacky, qui sort de près de quatre ans de postproduction. Le temps d’ajouter quelques effets spéciaux « car ça prend du temps » et de finaliser le long métrage.

Michel C. Jacky et ses acolytes ont tourné avec du matériel semi-professionnel.

Celui-ci a été présenté en avant-première fin novembre à Haguenau « pour les gens qui nous avaient aidés ». Les projections vont se multiplier ces prochaines semaines, à Strasbourg (le 24 janvier), Obernai (28), Wissembourg (31) et même en Allemagne fin février. A chaque fois, l’association de production Trustwonder loue la salle puisqu’elle n’a pas de distributeur. « Mais si quelqu’un est intéressé, ça nous ferait évidemment très plaisir », espère le producteur sans se faire trop d’illusions. « On a fait tout ça pour notre plaisir et j’espère que ça encouragera d’autres personnes à se lancer. On est parti de trois fois rien et c’était une superbe aventure. » Qui pourrait même avoir des suites. « Pourquoi pas faire une petite série, mais dans des formats plus courts ! »

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