« Cet endroit a changé ma vie », public et artistes évoquent le Rockstore

  • Le Rockstore, qui fête ses 35 ans, rouvre, après 18 mois de fermeture.
  • La salle culte du centre-ville de Montpellier a accueilli des milliers de concerts, dont Radiohead ou Lenny Kravitz, qui n’étaient encore que des artistes naissants.
  • Pour les artistes, comme pour le public, cette salle n’est pas une salle comme les autres. Elle a même marqué la vie de certains qui l’ont fréquentée.

En 35 ans, les plus grands ont foulé la scène du Rockstore, à
Montpellier (Hérault). Notamment Radiohead, Lenny Kravitz, qui n’étaient encore que des talents naissants. Ou Supreme NTM et IAM. Les portes de cet ancien temple protestant, devenu une imprimerie, un garage auto, un
cinéma, puis un haut lieu du disco, ont aussi vu défiler des générations d’anonymes, pour un concert ou pour faire la fête.

Tandis que la salle, fermée pendant 18 mois en raison du Covid-19, rouvre ce jeudi, 20 Minutes évoque les souvenirs de ceux qui l’ont fréquentée, public et artistes.

« Le Rockstore m’a permis de rencontrer la femme avec qui je partage ma vie »

Laurent se souvient, notamment, d’un concert des Négresses vertes, pépite du rock festif de la fin des années 1980. « Avec mon Perfecto, il faisait 50°C, mais quels souvenirs ! Je me suis pris, le temps de la soirée, pour une véritable rock star ! », raconte-t-il. Un autre n’oubliera pas un Jean-Louis Aubert « à bloc, pour sa première tournée post-Téléphone, en 1987 ». François y a assisté, « il y a un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », à « un concert mémorable » de Zazie.

https://www.instagram.com/p/B-PsziQlUEG/

A post shared by Rockstore (@rockstore_mtp)

Pour d’autres, le Rockstore a une place toute particulière dans leur vie. Notamment pour Pierre. « Le Rockstore m’a tout simplement permis de rencontrer la femme avec qui je partage ma vie actuellement, témoigne-t-il. C’était à la fin du mois de septembre 2019, juste avant que les “emmerdes” actuelles commencent. » Pour Yann Zitouni, le destin s’est aussi écrit au Rockstore. Il fut l’un des animateurs de Radio Alligator, la station qui émettait depuis la salle rock. « J’y ai commencé mon métier d’animateur radio, raconte le Montpelliérain, qui a poussé la porte du bâtiment avec une cassette de ses débuts à Radio Clapas. J’y ai appris des bases qui me servent encore aujourd’hui quand j’ouvre mon micro. C’était en 1988. Cet endroit a changé ma vie, pour le meilleur. »

« Il y a quelque chose de particulier ici »

Pour les artistes, le Rockstore n’est pas, non plus, une salle vraiment comme les autres. « J’ai un souvenir dans tous les moindres recoins du Rockstore, confiait en 2016, à 20 Minutes, Roland Ramade, le leader de Regg’Lyss, qui a inondé la France avec Mets de l’huile, en 1993. Il y a quelque chose de particulier ici, une saveur particulière. Ce n’est surtout pas une salle comme les autres. » Dimoné, lui, loue le talent que cette salle a de « rendre sacrées nos sorties, et nos soirées. Se finir, ou se commencer, au Rockstore, c’est toujours noble. J’y ai tant de souvenirs ! Certains plus glorieux, d’autres moins. »

Julien Doré, aussi, avait ses habitudes, rue de Verdun. « Quand j’étais étudiant à Nîmes, j’allais voir des concerts au Rockstore, témoigne-t-il dans le livre 25 ans Rockstore, paru il y a dix ans. J’y ai vu Brian Jonestown et je rêvais d’être sur scène. Trois ans après, quand j’ai commencé ma première tournée, j’ai demandé à jouer au Rockstore, comme un signe de liberté. C’est le symbole de ce que je suis, c’est là que je me sens bien. »

« Une proximité forte entre les artistes et le public »

Antoine Winling a, lui, « toujours connu le Rockstore ». Co-directeur et programmateur de la salle, il est le fils de Philippe Winling, l’un de ses fondateurs. « Le premier concert que j’y ai vu, c’est Nada Surf, au milieu des années 1990. Et ils sont de retour pour les 35 ans. Je me souviens aussi que je venais voir mon père animer des émissions sur Radio Alligator, dans son studio. Gamin, dans une telle période, très rock alternatif, punk, avec des looks particuliers, des piercings, des tatouages… Ça marque. »

Si le Rockstore marque tant les esprits du public comme des artistes, c’est, selon Antoine Winling, parce qu’il est au cœur de la ville. Et c’est rare. Pour sa longévité, aussi. Et parce que cette salle a une histoire. « Ce n’est pas juste un cube construit pour faire des concerts ! », confie le programmateur. Et surtout parce « qu’elle permet une proximité forte entre les artistes et le publie, note-t-il. C’est une salle à taille humaine ».

Le premier concert après la fermeture a lieu ce jeudi (19 heures) avec les Hypnotic Brass Ensemble, une étonnante fanfare hip-hop composée de huit frères, originaires de Chicago. Tarifs et programmation de la saison,
ici.

Source: Lire L’Article Complet