Cinéma week-end. "Tromperie" : Arnaud Desplechin pour l'amour du jeu

Attendre des années et agir dans l’urgence. Arnaud Desplechin voulait depuis longtemps adapter Tromperie, le roman autobiographique de l’américain Philip Roth. Il a écrit le scénario durant le premier confinement et l’a tourné en seulement un mois à l’été 2020, dans une sorte d’état de grâce.

Tromperie, c’est dans les années 80 un écrivain américain à succès, installé à Londres, qui reçoit dans son bureau sa jeune maîtresse anglaise. Les rencontres secrètes se suivent, lui ne cesse de prendre des notes, elle l’inspire terriblement, elle malheureuse dans son couple joue à la muse.

« Ce film est un miracle de bout en bout. Tout le plaisir du jeu était là, j’étais débarrassé de moi-même. »

à franceinfo

Quand la femme de l’auteur découvre son carnet, elle ne croit pas que ces phrases soient de la fiction. Est-il un goujat ? Un amoureux des femmes ? Ce qui est sûr, c’est que Philip Roth est d’un autre temps.

Arnaud Desplechin, lui, est joueur : le duo amoureux divinement filmé dans le huis-clos de l’écrivain, les anciennes maîtresses, la scène de ménage, tout est sujet au jeu, la langue est sublime, les plans surprenants. De la légèreté du moment à la gravité des sentiments, c’est un tourbillon délicieux. Denis Podalydès est le double de Philip Roth, et il garde un très beau souvenir du tournage.  


Lambde Valdimar Johannsson 

Un film de genre assez inclassable, entre conte nordique, fantastique et réalisme rural, dans les paysages sauvages et arides de l’Islande. Maria et Ingvar mènent une vie paisible et isolée d’éleveurs de moutons. Dans les journées sans fin de l’été sous les latitudes les plus proches du pôle, nait un jour un être étrange, mi-humain, mi-animal, que le couple décide de garder et d’élever comme son propre enfant. Arrive alors par surprise le frère du berger, une intrusion qui réveille le passé, ses secrets, ses cicatrices.

La mise en scène est chirurgicale, les paysages sublimes et inquiétants, ce thriller fantastique est totalement déroutant, on ne saurait dire comment le charme agit, mais peu importe. Noomi Rapace, l’actrice suédoise qui joue Maria, elle le sait, elle adore le bizarre.
               

Source: Lire L’Article Complet