Cinq jeunes militantes pour le climat à suivre

Alors que se déroule actuellement la COP26 à Glasgow, en Écosse, tout le monde a entendu parler de Greta Thunberg. À la COP24, en 2018, à Katowice, en Pologne, ses mots avaient résonné : « Certains disent que je devrais plutôt être à l’école, mais pourquoi étudier pour un futur qui n’existera peut-être pas, quand personne n’essaie de sauver ce futur ? »

Depuis, d’autres figures l’ont rejoint dans sa lutte de défense de notre planète. En 2019, les Grèves étudiantes pour le climat, renommées Fridays For Future se sont répandues à travers le monde grâce aux jeunes engagés, mobilisés sur tous les continents. 

Elles ont désormais plus de vingt ans, continuent de manifester et d’interpeller les responsables politiques. Voici cinq militantes pour l’environnement à ne pas perdre de vue.

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Vanessa Nakate (Ouganda)

Elle a 24 ans et a commencé sa lutte contre le réchauffement climatique dans son pays natal, en Ouganda. D’abord en manifestant devant le Parlement, fraîchement diplômée de l’université Makerere, puis en créant le mouvement « Youth For Future Africa ». Un engagement risqué, puisque les manifestations sont interdites, mais cela a fait d’elle la porte-parole d’un continent. 

Vanessa Nakate s’est faite remarquer en décembre 2019, lorsqu’elle a prononcé son premier discours à la COP25 de Madrid. Là-bas, elle explique à Democracy now ! la particularité de son engagement : « Mon pays dépend fortement de l’agriculture, donc la plupart des gens dépendent de l’agriculture. Donc, si nos fermes sont détruites par des inondations, si les fermes sont détruites par des sécheresses et que la production agricole est moindre, cela signifie que le prix des denrées alimentaires va augmenter. »

En 2020, la jeune fille apparaît au Forum économique mondial de Davos avec quatre autres militantes, dont Greta Thunberg, pour dénoncer l’inaction climatique. À cette occasion, une photo a été prise par l’agence Associated Press. Une fois publiée, l’image crée la polémique, puisque Vanessa Nakate, seule militante noire présente sur la photo, avait été coupée. 

« Le photographe a essayé de faire sortir une photo rapidement dans un délai très court et l’a recadrée pour des raisons de composition, car il pensait que le bâtiment en arrière-plan était distrayant », justifiait alors le directeur de la photographie de l’agence, David Ake. La jeune militante a, elle, réagi dans une vidéo publiée sur Twitter, expliquant que cet événement a été « la première fois qu'[elle a] compris la définition du mot racisme ». 

En amont de la COP26 et alors qu’elle présente son premier livre, Une écologie sans frontières,Vanessa Nakate apparaît en couverture du Time, faisant d’elle la nouvelle icône de la lutte contre le changement climatique.

https://www.instagram.com/p/CVlRyCIt7fN/

 Interrogée par Libération, elle confie croire à « un activisme intergénérationnel, qui partage les connaissances et les sagesses. »

Ralyn Satidtanasarn (Thaïlande)

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Ralyn Satidtanasarn a seulement 14 ans et se fait plutôt appeler « Lily ». L’adolescente se bat contre la propagation du plastique en Thaïlande, et notamment des sacs en plastique. Comme Greta Thunberg, elle a commencé son activisme en 2019 en loupant l’école pour défendre sa cause. 

Le sac en plastique est un véritable fléau dans ce pays d’Asie du Sud-Est. Comme le rappelle Libération, une personne en utilise en moyenne huit chaque jour. 

Lily Satidtanasarn a eu un déclic à l’âge de 8 ans, alors qu’elle se trouvait sur une plage de Phuket, au Sud du pays, surprise par le nombre de sacs en plastique laissés par les vacanciers. La Thaïlande demeure le sixième contributeur à la pollution des océans.

Elle a expliqué aux médias locaux s’être inspirée de Greta Thunberg pour se lancer et et immédiatement bénéficié du soutien physique et psychologique de sa mère, elle-même ancienne militante pour la cause climatique. Elle a alors créé une page Facebook, Bye Bye Plastig Bags, depuis devenue une ONG active dans une trentaine de pays.

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 Anuna De Wever (Belgique)

Âgée de 20 ans et originaire d’Anvers, Anuna De Wever a co-fondé le mouvement Youth For Climate en Belgique avec Kyra Gantois. C’est lors d’un voyage à New York, à 16 ans où elle participe à une conférence sur les femmes avec sa mère, qu’elle remarque que les femmes sont plus touchées par les changements climatiques. Elle commence à s’intéresser aux questions environnementales.

Elle lance la première marche pour le climat en Belgique en janvier 2019. Comme la militante pour le climat suédoise, elle appelle à faire grève chaque vendredi. Depuis, les deux militantes se rencontrent régulièrement lors de rassemblements internationaux, et sont même devenues amies. 

La même année, elle publie son premier ouvrage, co-écrit avec Kyra Gantois : Nous sommes le climat : lettre à tous. Lors de sa participation au festival belge Pukkelpop, pendant l’été 2020, elle est victime de menaces de mort. La jeune femme a aussi déjà expliqué avoir été la cible de cyberharcèlement après son engagement dans le mouvement Youth For Climate.

Pour autant, Anuna De Wever ne baisse pas les bras et interpelle les dirigeants belges dans les médias et via ses réseaux sociaux, très présente sur Instagram et Twitter.

Venue assister à la COP26 de Glasgow, elle dénonce dans une publication Instagram le manque d’action de son pays : « La Belgique n’a pas d’accord fédéral sur un objectif commun. Le pays refuse de faire partie de la coalition à haute ambition, dépense 13 milliards d’euros par an en combustibles fossiles et n’a absolument aucune crédibilité ou volonté de faire pression sur les objectifs mondiaux internationaux. Personnellement, j’ai honte que notre pays minimise continuellement la crise climatique et agisse comme si nous étions sur la bonne voie. »

Jamie Margolin (Etats-Unis)

Âgée de 19 ans, Jamie Margolin est une américaine originaire de Seattle qui s’est lancée dans l’activisme à 15 ans, en organisant sa première manifestation à Washington et en co-fondant avec Nadia Nazar, « Zero Hour », un mouvement de jeunes engagés contre le changement climatique.

Sa détermination à défendre les enjeux environnementaux se concrétise pendant l’été 2017, confie-t-elle aux Inrocks : « Je suis dit ‘trop, c’est trop’. C’était affreux, il y a eu des ouragans et de gros incendies. J’habite à Seattle qui est très proche de la frontière avec le Canada, où il y avait d’énormes incendies dus à la sécheresse. Et la fumée de ces incendies a totalement recouvert la ville d’une couche épaisse de fumée. C’était horrible et écrasant. De nombreuses personnes sont tombées malades, je n’étais pas bien non plus. Et c’est là que j’ai vraiment expérimenté les conséquences du dérèglement climatique. »

Ses premières années d’engagement interviennent pendant le mandat de Donald Trump et renforcent ses convictions. En 2018, elle attaque l’État de Washington, où elle vit, pour inaction climatique. 

En septembre 2019, Jamie Margolin se tient devant les membres de Congrès des États-Unis avec Greta Thunberg pour alerter du réchauffement climatique. L’année suivante, Jamie Margolin partage ses convictions dans un livre intitulé Youth To Power et s’engage dans la campagne de Bernie Sanders pour l’investiture à la primaire des démocrates.

Au-delà de la défense du climat, Jamie Margolin affiche ses positions féministes et plaide pour la prise en compte du climat comme d’une « problématique intersectionnelle ». On peut la suivre sur Instagram et sur Twitter.

Camille Etienne (France)

https://www.instagram.com/p/CJoG4zVhJD9/

En France, Camille Étienne, aujourd’hui âgée de 22 ans, est devenue le symbole de la jeunesse qui lutte pour le climat. En 2019, elle a lancé lancé les Fridays For Futur France, dans le sillage de Greta Thunberg. Son engagement est alors déjà bien ancré, et date de son adolescence, où elle s’est d’abord mobilisé contre la délinquance juvénile avant de de s’intéresser à la crise migratoire, puis à l’écologie. 

Étudiante à Sciences Po Paris, en 2021, elle choisit de faire une césure avant son entrée en Master pour se consacrer à sa lutte en faveur de la préservation de la planète. À France Inter, elle partageait l’étendue de ses combats : « L’urgence climatique et la biodiversité, la justice climatique et la justice sociale, qui sont très liées dans un monde où les plus riches sont ceux qui polluent le plus. C’est une société entière qui ne fonctionne plus et il faut qu’on ose bousculer le vieux monde, et amener des nouvelles valeurs. »

Elle est aussi devenue la porte-parole de « On est prêt », un collectif de vidéastes militants. Au printemps 2020, en pleine crise sanitaire de la Covid-19, sa vidéo « Réveillons-nous », créé avec le collectif « Pensée sauvage » est un coup de poing de 10 minutes vue des millions de fois dans le monde entier.

Face à la caméra, la militante livre un message clair avec une phrase limpide : « Nous sommes la première génération à vivre les conséquences du réchauffement climatique et la dernière à pouvoir y faire quelque chose. »

Adepte des actions marquantes, elle participe notamment à celles d’Extinction Rebellion. Depuis, Camille Étienne est devenue bien plus qu’une militante pour le climat. Elle aussi conférencière, et murmure aux oreilles des personnalités politiques, s’affichant lors de mobilisations aux côtés de Cécile Duflot ou encore Cyril Dion, notamment pour dénoncer la loi climat, finalement promulguée pendant l’été 2021.

Interrogée par Quotidien elle explique que « plus [les personnalités politiques] sont éloignées d'[elle], plus c’est intéressant ». Sur son compte Instagram, elle chronique ses combats au quotidien.

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