« Civilisation »: Orelsan navigue entre les genres musicaux et s’offre des featurings cinq étoiles

Orelsan a choisi la vue («Regarde ») pour ponctuer l’introduction de son percutant L’odeur de l’essence, extrait du tant attendu Civilisation, dévoilé ce vendredi 19 novembre. Mais si par sa posture moralisatrice et enfonceur de portes ouvertes 
le rappeur de Caen divise
les critiques, la production du projet, signée Skread et Phazz, ses acolytes de toujours, a néanmoins le mérite de proposer une palette musicale audacieuse. Alors concentrons-nous plutôt sur l’ouïe et « écoutons ».

Skread derrière les platines

Orelsan a toujours clamé haut et fort ses goûts éclectiques sur le plan musical. « L’électro bizarre, Kanye West, The Weeknd, Tyler the Creator, Adele, car je suis fan des piano voix, et Lana Del Rey pour sa mélancolie. J’ai des goûts hyperlarges, confiait-il fin octobre dans une interview au Parisien. En France, j’adore Gazo. »
Et c’est l’influence de ce dernier, précurseur de la drill en France, que l’on retrouve dès
le premier morceau de Civilisation intitulé Shonen. Piano doux et caisse claire au rythme irrégulier, caractéristique du genre musical venu tout droit de Chicago… Orelsan surfe sur le style en vogue dans le rap français en ce moment et le remanie à la sauce caennaise.

À l’instar de ses inspirations musicales très variées, le reste du projet du rappeur de Caen est riche en surprises. Il renoue avec son goût pour les morceaux-fleuves, dépourvus de refrain dans Manifeste, s’essaye à la chanson pop avec Baise le monde ou se ré-approprie le disco dans Bébéboa. Derrière ce savant mélange musical, se cache le discret mais omniprésent Skread aux platines, accompagné sur les morceaux plus électro par le producteur lyonnais Phazz.

En mariant rap avec house, afro ou chanson française, Skread – célèbre pour son travail avec Booba, Rohff ou encore 
Diam’s sur le célèbre La Boulette – prouve une fois de plus dans ce quatrième album que sa complicité avec Orelsan est capable de donner naissance aux morceaux les plus créatifs et audacieux.

Un rayonnement outre-atlantique

En douze ans de carrière Orelsan a eu le temps de façonner son image notamment en s’offrant des grands noms de la musique : Stromae,
Nekfeu,
Damso… Mais le rappeur a beau multiplier les collaborations, celui-ci est insatiable. Passionné de rap et de musique d’horizons très divers, le rappeur caennais est un vrai fan de rap US notamment de The Neptunes, – duo de producteur américain célèbre pour ses collaborations avec le gratin de la pop mondiale – dont il mentionne d’ailleurs le nom dans le documentaire Montre jamais ça à personne.

C’est donc un peu comme une sorte de prophétie symbolique qu’Orelsan signe dans Civilisation un featuring avec le tandem formé par Pharrell Williams et de Chad Hugo sur le titre Dernier verre. « Ils sont sur l’album, c’est fou ! Dans mes premières chansons, je les citais, on était archi fans avec Skread, c’est mon groupe préféré et ils ont eu un impact de malade sur la musique actuelle »,
précisait Orelsan au Parisien.

Si pour le moment le rappeur a décidé de ne pas dévoiler davantage d’information sur le pourquoi du comment de cette collaboration insolite, la dernière production en date du duo pour le morceauGreen Juice du rappeur américain A$AP Ferg donne le niveau de l’exploit réussi par Orelsan.
Alors, après la présence de Ron Thal sur Perdu d’avance, Dizzee Rascal dans La fête est finie, The Neptunes viennent boucler la boucle, ou presque, pour celui qui a pour rêve ultime un featuring avec Eminem.

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