Clara Luciani nous parle de "Coeur": "J’avais envie de légèreté"

Après La grenade, devenue une hymne féministe,Clara Luciani revient avec un nouvel album, Coeur*. Avec un beats disco digne d’Abba, son album, emprunt d’insouciance et d’incertitude apporte des thématiques variés, de l’amour à la peur, c’est toutes les émotions humaines qu’elle explore.

Covid et pause forcée 

Marie Claire : Sur le dernier titre de l’album : Au revoir, vous chantez : “Quand j’aurai tout chanté, je me tairai.” Existe-t-il pareil risque ?

Clara Luciani : J’ai toujours chanté ce que la vie me donnait et tant que je vivrai, j’aurai matière à écrire, donc cette chanson, c’est de la pure fiction ! Je l’ai écrite dans un moment de peur et d’incertitude, comme on en a tous eu au moment du Covid. J’ai craint de ne plus jamais remonter sur scène…

Quand le Covid est arrivé, avez-vous eu l’impression d’être coupée en plein vol ?

J’ai eu la chance d’avoir terminé ma tournée, ça m’a forcée à prendre une pause dont j’avais besoin. Quand on a le nez fourré dans son propre bonheur, souvent on ne se rend pas compte qu’on est en train de le vivre. C’est une conséquence du confinement que cet album soit si dansant, j’avais envie de légèreté car on était en train de suffoquer. J’ai voulu faire l’inverse du premier album, voir la lumière et rendre les morceaux plus décomplexés.

Quand on a le nez fourré dans son propre bonheur, souvent on ne se rend pas compte qu’on est en train de le vivre.

La grenade a continué de vivre, on le lit encore sur des tags féministes…

La grenade s’est très vite imposée dans un univers plus politique que les salles de concert. Même avant le confinement, j’ai le souvenir d’avoir vu des écriteaux dans des manifestations. Voir qu’elle a été utilisée à bon escient, c’était beaucoup d’émotion.

Chanter l’amour en 2021

Sur Cœur, vous chantez que “l’amour n’a jamais tué personne” et que “les seuls coups que l’amour pardonne, c’est les coups de foudre”.

C’est une chanson pour prévenir, comme si je parlais à une amie, car je sais que beaucoup de femmes m’écoutent. L’amour n’est pas fait pour souffrir et c’est un message que j’aurais aimé entendre tôt dans ma vie.

Chante-t-on différemment l’amour en France en 2021 ?

C’est un sujet inépuisable car il a mille visages et l’amour amoureux ne cesse de se renouveler. On est de plus en plus libre dans nos rapports amoureux et le single Le reste le reflète bien : on est beaucoup plus décomplexé, on se contraint moins à s’enfermer dans un mariage.

“J’aime la solitude, mais une heure par jour”

Quelles étaient vos envies instrumentales pour ce disque ?

J’ai puisé mon inspiration dans le disco car je suis fan d’Abba. J’avais envie d’un album plus étoffé, d’y réunir plus de monde, car on manque de partage. Voir débarquer dix-huit violonistes, c’est émouvant dans une période où on a l’impression de ne plus jamais être plus de cinq dans une pièce. Des amis sont même venus faire des claps, j’ai aussi fait appel à un chœur gospel, à Paris, aux studios Ferber. J’ai écrit ce disque pour entrevoir la lumière au bout du tunnel.

J’aimerais qu’on se regarde moins le nombril. J’espère qu’avoir été enfermé·es seul·es avec nous-mêmes va nous donner envie de vivre ensemble.

Si on trouvait une utopie au bout de ce tunnel, elle ressemblerait à quoi ?

J’aimerais qu’on se regarde moins le nombril. J’espère qu’avoir été enfermé·es seul·es avec nous-mêmes va nous donner envie de vivre ensemble, éloigné·es de nos écrans. Sur le dernier album de La Femme, je n’ai fait que des chœurs, mais ils représentent bien ce côté joyeuse troupe et m’ont peut-être refilé ce virus. J’aime être en bande, même dans mes clips il y a mes meilleurs amis, ma cousine, ma maman. J’aime la solitude, mais une heure par jour.

(*) Cœur (Romance Musique/Universal).

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