Comment arrêter de boire : les meilleures techniques pour se sevrer de l'alcool

Quand a-t-on un problème avec l’alcool ? Comment se sevrer de l’alcool ? Les réponses du Dr. De Azevedo, médecin addictologue.

Restez informée

Arrêter de boire : comment savoir si j’ai un problème avec l’alcool ?

Première chose à savoir :  » on estime qu’entre 500 000 et 1 million de femmes en France ont un problème avec l’alcool, dans toutes les catégories socio-économiques  » affirme le Dr. Philippe De Azevedo, médecin addictologue.

Avoir un problème avec l’alcool, qu’est-ce que ça signifie ? Pour les autorités de santé,  » trop boire « , c’est consommer plus de 14 unités d’alcool par semaine pour une femme, 21 unités d’alcool par semaine pour un homme.  » Mais ce sont des chiffres qui ne reflètent pas forcément une dépendance, plutôt un risque pour la santé – un risque accru de cancer de la gorge, de la bouche ou de l’œsophage, par exemple  » note le Dr. De Azevedo.

 » La dépendance commence, en réalité, au moment où on se pose la question : quand on commence à avoir des réflexions des amis, des enfants, des collègues… il y a peut-être un problème de dépendance à identifier  » ajoute l’addictologue. Chez les femmes, les enfants  » sont souvent un déclencheur de la réaction « .

 » Si on trouve une fonction à l’alcool, il y a un risque de dépendance.  » Ainsi, chez les femmes, l’alcool a souvent une visée anxiolytique :  » on se dit :  » je me sens anxieuse, je vais prendre un verre de vin, ça ira mieux  » et là on est dans une réflexion de dépendance  » remarque le Dr. De Azevedo.

À savoir. Chez les femmes plus jeunes (entre 15 et 25 ans), la dépendance à l’alcool peut se caractériser par une consommation festive  » où on ne peut pas s’arrêter : on prend  » seulement un verre  » et on termine la bouteille, cela peut éventuellement finir en black-out  » explique l’addictologue.

Comment arrêter de boire ? Première étape : consulter un addictologue

La première étape pour arrêter de boire consiste à prendre rendez-vous auprès d’un médecin addictologue.  » On peut être redirigé chez l’addictologue par le médecin généraliste, par exemple après une prise de sang qui révèle des marqueurs hépatiques anormalement élevés, ou encore par le médecin psychiatre lorsqu’il y a des troubles psychiatriques associés  » remarque le Dr. De Azevedo.

Au cours des premières consultations, le médecin addictologue pourra notamment procéder à un bilan organique exhaustif – avec une prise de sang, une échographie du foie, une fibroscopie…  » Il s’agira également d’identifier de potentielles comorbidités psychiatriques : anxiété, hypersensibilité, dépression, troubles bipolaires, difficultés à gérer ses émotions…  » précise le spécialiste.

 » On va également faire un bilan sur la fonction de l’alcool : sur le plan psychologique, il s’agit de comprendre à quoi sert l’alcool pour la personne dépendante. « 

À savoir. La dépendance à l’alcool est probablement aussi liée à une vulnérabilité génétique.

Comment arrêter de boire ? Une prise en charge ambulatoire ou en clinique

Pour les cas les plus compliqués (lorsqu’il y a des problèmes de santé, des gros signes de manque ou qu’une rupture avec l’environnement familial et/ou professionnel est nécessaire, par exemple), un séjour à l’hôpital peut être proposé, pour une durée déterminée.  » Cela permet notamment de retrouver un sommeil naturel et de rééquilibrer les neurotransmetteurs. « 

Sinon, le sevrage alcoolique pourra se faire en ambulatoire : «  on pourra proposer des consultations régulières au cabinet ou une prise en charge en hôpital de jour  » explique le Dr. De Azevedo. L’hôpital de jour constitue souvent une transition entre le séjour à l’hôpital et les consultations en clinique.

Pour le sevrage alcoolique, la prise en charge est généralement pluridisciplinaire :  » il y a un travail sur la gestion des émotions, sur l’estime de soi, sur le stress…  » La relaxation et la méditation en pleine conscience peuvent aussi aider,  » pour se déconnecter de cette hyperéceptibilité des émotions qui constitue un facteur de vulnérabilité à l’alcool  » ajoute le Dr. De Azevedo.

En parallèle, des médicaments pourront être prescrits contre le  » craving  » (l’envie d’alcool), mais aussi pour contrer l’appétence et la fonction de l’alcool.  » Les médicaments ne suffisent pas  » nous avertit néanmoins le spécialiste.

L’objectif : atteindre une abstinence totale vis-à-vis de l’alcool.  » Au bout de 6 mois – 1 an, si tout se passe bien, le patient / la patiente pourra reprendre une consommation d’alcool modérée, sous contrôle médical  » note le Dr. De Azevedo.

Merci au Dr. Philippe De Azevedo, médecin addictologue à Paris.

Source: Lire L’Article Complet