Comment arrêter de fumer ? Les techniques qui ont fait leurs preuves

Envie d’arrêter de fumer ? Le Dr. Briane, psychiatre et addictologue, nous donne quelques clés pour dire enfin « adieu » à la cigarette…

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Arrêter de fumer : ça commence dès aujourd’hui !

Selon un Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) publié au mois de mai 2020, 30 % des Français âgés de 18 à 75 ans fument régulièrement et 24 % des Français fument quotidiennement. Dans le détail : 35 % des hommes et 27 % des femmes en France sont accros à la cigarette.

Bonne nouvelle : en France, le tabagisme recule. Ainsi, selon Santé Publique France, par rapport à l’année 2014, les chiffres du tabagisme régulier ont diminué de 3,9 points et ceux du tabagisme quotidien de 4,5 points.

Il faut dire que les raisons d’arrêter de fumer ne manquent pas. Le tabac est responsable de 75 000 décès par an et il est impliqué dans le développement de 17 cancers – du poumon, de la vessie, du pancréas, de la bouche… Il nuit à la santé respiratoire (et provoque notamment la BPCO), visuelle (le tabagisme peut ainsi conduire à la cécité), sexuelle (il peut entraîner des troubles de l’érection), auditive (puisqu’il peut entraîner une surdité) et cardiovasculaire (le tabac nuit notamment aux artères).

Comment arrêter de fumer ? L’association de médicaments et d’une psychothérapie

 » L’addiction au tabac est une maladie chronique  » explique d’emblée le Dr. Magali Briane, psychiatre et addictologue. Pour arrêter de fumer, la meilleure solution reste donc de se tourner vers un(e) professionnel(le) de santé : médecin traitant, addictologue, tabacologue, psychologue, psychiatre, voire centre spécialisé dans le sevrage tabagique.

Sevrage tabagique : par où commencer ?  » Dans un premier temps, on va réaliser une évaluation : quelles sont les habitudes du patient avec le tabac ? Est-ce qu’il existe une réelle dépendance ? Qu’apporte le tabac au patient ? Pourquoi a-t-il commencé à fumer ? Cette première consultation permet ensuite de proposer une prise en charge adaptée  » détaille le Dr. Magali Briane.

L’arrêt du tabac s’articule ensuite autour de deux axes spécifiques :  » il y a bien sûr une dimension biologique dans le tabagisme : certaines personnes présentent une vulnérabilité biologique à la nicotine, la principale substance addictogène du tabac, et ont donc un risque de dépendance accru, remarque la spécialiste. Toutefois, il y a également une dimension psychologique dans l’addiction au tabac : le fait de fumer apporte quelque chose à la personne, que ça soit une sensation de détente, d’appartenance à un groupe, une habitude jugée positive… « 

  • Arrêter de fumer : les médicaments

Les médicaments prescrits dans le cadre d’un sevrage tabagique servent à combattre la dimension biologique de l’addiction au tabac. «  Il est notamment question de substituts nicotiniques, sous la forme de patchs ou de gommes  » explique le Dr. Magali Briane. Car si la nicotine constitue  » la  » substance addictogène du tabac, ce n’est pas la plus dangereuse :  » ce qui est mauvais pour la santé, ce sont plutôt les hydrocarbures contenus dans la cigarette « .

À savoir. Sur le court terme, la spécialiste a tendance à recommander la cigarette électronique pour arrêter de fumer :  » cela fonctionne sur le principe d’un substitut nicotinique « . Un suivi médical reste nécessaire.

La varénicline (Champix®) peut également être prescrite pour arrêter de fumer. Ce médicament contient une substance qui se fixe sur les récepteurs à la nicotine présents dans le cerveau : il aide à soulager les symptômes du manque et permet de réduire les effets de plaisir liés au tabagisme.

  • Arrêter de fumer : la psychothérapie

L’objectif de la psychothérapie, c’est de  » sortir  » le tabac de la vie quotidienne :  » il s’agit de comprendre quelle est la place du tabac dans la vie du patient, et de mettre en place de nouveaux comportements plus sains pour remplacer la cigarette  » analyse le Dr. Magali Briane.

À savoir. Cette psychothérapie prend généralement la forme d’une thérapie cognitive et comportementale (TCC).

Comment arrêter de fumer ? Les coups de pouce qui fonctionnent

  • Le sport

 » Le sport présente un double intérêt lorsqu’on s’efforce d’arrêter de fumer : primo, il permet de se rendre compte des bienfaits du sevrage tabagique (on respire mieux, on peut courir plus longtemps, on s’essouffle moins rapidement…) et deuzio, il permet de lutter contre le craving, cette envie irrépressible d’une substance – ici, le tabac  » précise la spécialiste.

  • La sophrologie, la cohérence cardiaque et la méditation en pleine conscience

Parce qu’elles proposent des visualisations positives et des exercices de respiration, la sophrologie et la cohérence cardiaque apportent de l’apaisement et soulagent rapidement les signes du manque. La méditation en pleine conscience, quant à elle, permet de prendre du recul vis-à-vis du tabac, de mettre de la distance entre l’addiction et soi.

  • Le soutien des proches

 » Il est extrêmement important, affirme la psychiatre. C’est un renforcement positif qui aide à rester motivé sur le long terme.  » Mieux : arrêter de fumer à plusieurs permet d’échanger autour des difficultés, de ne pas se sentir seul dans ce moment difficile et de s’encourager les uns les autres…

Attention ! Il faut souvent plusieurs essais pour dire définitivement  » adieu  » à la cigarette. «  Les reprises du tabac sont normales : cela fait partir du processus de mise en place et de maintien de l’addiction, réagit le Dr. Magali Briane. Ce n’est ni un manque de volonté, ni une faiblesse : par définition, une addiction est une perte de contrôle, il est compliqué de s’en débarrasser.  » Bref, on s’accorde aussi de la bienveillance !

Merci au Dr. Magali Briane, psychiatre et addictologue, membre du Collège scientifique de la Fondation Ramsay Santé.

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