Covid-19 : ce facteur qui pourrait déterminer le degré de gravité de la maladie

Selon une nouvelle étude chinoise, la composition du microbiote au moment de l’infection par le SARS-CoV-2 pourrait expliquer pourquoi certains individus développent des formes longues de la maladie.

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On estime aujourd’hui que des anomalies génétiques et immunologiques seraient à l’origine de 15% des formes graves de Covid-19, mais un autre facteur pourrait également jouer un rôle prépondérant. Selon une étude menée par les chercheurs de l’université de Hong Kong (Chine) et publiée dans la revue Gut, la composition du microbiote intestinal serait impliquée dans les formes graves de la maladie. Selon la définition de l’Inserm, le microbiote intestinal est l’ensemble des “bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes” présents dans le tube digestif. On connaît déjà son implication dans la survenue des maladies métaboliques comme l’obésité, et l’on sait également que les symptômes intestinaux semblent plus fréquents dans les formes sévères du Covid-19. Des éléments qui interrogent évidemment les scientifiques.

Des bactéries présentes en nombre supérieur chez les patients Covid-19

Lorsque le microbiote est déséquilibré, on parle de dysbiose. Un équilibre qui peut être perturbé par des antibiotiques, une infection, un mauvais régime alimentaire mais aussi un déficit immunitaire. Pour comprendre la manière dont la composition du microbiote intestinal influe sur la survenue de formes graves du Covid-19, les chercheurs ont prélevé des échantillons de selles et de sang sur 100 patients positifs au SARS-CoV-2 entre février et mai 2020 au sein de deux hôpitaux. Les données récoltées ont ensuite été comparées avec des échantillons recueillis avant la pandémie sur 78 personnes.

Les résultats ont montré que les patients positifs au Covid-19 présentaient une plus grande quantité de la bactérie Ruminococcus gnavus, connue pour jouer un rôle dans la survenue de certaines maladies inflammatoires de l’intestin mais aussi dans les spondyloarthrites ou le lupus. A l’inverse, ces patients présentaient moins de bactéries Bifidobacterium adolescentis, Faecalibacterium prausnitzii et Eubacterium rectale, des bactéries qui, selon cette étude, ont un “potentiel immunomodulateur”. 30 jours après la résolution de la maladies ces espèces étaient encore sous-représentées. Un indicateur qui “pourrait contribuer à des symptômes persistants, soulignant la nécessité de comprendre comment les micro-organismes intestinaux sont impliqués dans l’inflammation et le COVID-19.”, insistent les chercheurs.

Les chercheurs mettent en garde contre l’utilisation des antibiotiques

Les auteurs de l’étude ont également observés des niveaux plus élevés de cytokines chez les personnes atteintes du Covid-19. Si les cytokines sont ses agents essentiels du système immunitaire, lorsqu’elles sont présentes en trop nombre elles peuvent créer des lésions profondes, notamment au niveau du sytème hépatique et des poumons, et entraîner la mort. Plusieurs études ont justement montré que le Coronavirus était de nature à provoquer une élévation anormale des cytokines. “Les associations entre la composition du microbiote intestinal, les niveaux de cytokines et les marqueurs inflammatoires chez les patients atteints de la Covid-19 suggèrent que le microbiote intestinal est impliqué dans l’ampleur de la gravité de la Covid-19, peut-être par la modulation des réponses immunitaires de l’hôte”, concluent les chercheurs.

Ces derniers alertent également sur la prescription d’antibiotiques chez les patients atteints, qui seraient notamment inutiles mais potentiellement néfastes. “Les antibiotiques sont peu susceptibles d’être associés à une amélioration des résultats pour les patients en supposant qu’il n’y ait pas de co-infections bactériennes mais, au contraire, ils pourraient exacerber et prolonger la dysbiose des microbiotes intestinaux chez les patients atteints de Covid-19.”, expliquent-ils.

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