Covid-19 : les femmes, plus résistantes au virus que les hommes ?

Les différences ont toujours été là, mais la maladie causée par le coronavirus les a encore plus mises en évidence : les femmes ont tendance à réagir plus efficacement à divers types d’infections.

Voilà plusieurs mois que le CHU Strasbourg et l’Institut Pasteur mènent une étude sur la capacité du système immunitaire à produire des anticorps protecteurs après une infection à la Covid-19 et la durée de cette immunité. 

Selon des premiers résultats révélés ce mercredi 18 novembre 2020, 99 % des patients présentent des anticorps dans leur organisme trois mois après avoir été contaminé et 84 % six mois après. Il en ressort également que le taux d’anticorps baisse plus rapidement chez les hommes, quel que soit leur âge ou leurs poids. Ce qui semblerait indiquer une immunité plus longue pour les femmes.

“L’oestrogène joue peut-être un rôle” 

“Pour l’instant, on ne sait pas vraiment pourquoi : il se trouve que plusieurs réponses immunitaires au virus se trouvent dans le chromosome X, or la femme en possède deux. Il y a peut-être aussi une explication hormonale, l’oestrogène joue peut-être un rôle”, a détaillé le professeur Samira Fafi-Kremer, directrice de l’Institut de Virologie de Strasbourg, ce jeudi 19 novembre sur France Info.

Alors que d’autres analyses ont d’ores et déjà prouvé que les hommes sont plus susceptibles d’être atteints par des formes graves du coronavirus, l’étude a montré que les hommes de plus de 50 ans ou ceux ayant un indice de masse corporelle supérieur à 25, présentent des niveaux immunitaires plus élevés un mois après l’apparition des premiers symptômes par rapport au reste des individus testés. 

“C’est finalement assez logique puisque ces personnes sont les plus à risques, développent les formes les plus graves de la maladie et donc le plus d’anticorps pour lutter contre ce virus”, explique encore Samira Fafi-Kremer à France Info.

Des résultats utiles pour l’élaboration d’un vaccin

Même si ces conclusions doivent encore être validées sur un plus grand nombre d’individus, elles pourraient se révéler très utiles dans l’élaboration d’un vaccin, notamment pour déterminer le dosage en fonction du sexe.

L’objectif est bien sûr de rendre les vaccinations à venir optimales en terme d’efficacité. “De réaliser que les femmes gardent une immunité plus longtemps peut permettre d’adapter la vaccination, réfléchir à quel dosage, à quelle périodicité en fonction de si on est une femme ou un homme”, conclu Samira Fafi-Kremer sur France Info

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