Covid-19 : malgré la vaccination, le Royaume-Uni est-il en train de subir une troisième vague ?

Selon les autorités sanitaires britanniques, les taux de contaminations, d’hospitalisations et de décès sont à nouveau en hausse au Royaume-Uni. Considéré comme plus contagieux, le variant indien est désormais dominant sur ce territoire. Cette nouvelle souche du virus pourrait-elle provoquer une troisième vague de l’épidémie ? On fait le point.

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La dernière étape du déconfinement au Royaume-Uni approche à grands pas. Le 21 juin, les discothèques pourront rouvrir leurs portes et le gouvernement débutera la levée des dernières mesures fortes de restriction. Depuis plusieurs jours, les nouveaux cas de Covid-19 sont cependant en hausse avec en moyenne 3.304 nouvelles contaminations quotidiennes. D’après les autorités sanitaires britanniques, les taux de décès et d’hospitalisations ont également augmenté de 20 % tandis que le nombre d’infections double environ toutes les quatre semaines. Face au rebond de l’épidémie, des scientifiques ont alerté sur la possibilité d’une troisième vague.

Le déconfinement britannique a-t-il eu un impact sur les contaminations ?

“Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce nous voyons aujourd’hui, ce sont les signes d’une vague précoce”, a expliqué à la BBC le Professeur Ravi Gupta, spécialiste des maladies infectieuses et membre du Scientific Advisory Group for Emergencies (Sage), le Conseil scientifique britannique. D’après l’expert, l’augmentation du taux d’incidence serait due à la prédominance du variant indien sur le territoire d’Outre-Manche.

Pour l’heure, le taux de nouvelles contaminations quotidiennes peut sembler faible, mais “ce n’est pas parce qu’une vague part de très bas qu’elle ne sera pas très rapidement dangereuse. Il ne faut pas attendre de grandes valeurs afin de s’alarmer. C’est la dynamique qu’il faut surveiller”, a indiqué Michaël Rochoy, chercheur en épidémiologie, à 20 minutes.

Comment expliquer les hausses de indicateurs de l’épidémie ? Première hypothèse soulevée : la dominance du variant indien au Royaume-Uni. Le 25 mai dernier, les autorités sanitaires britanniques ont précisé que cette nouvelle souche de la Covid-19 représentait près de 58% des contaminations. Ce variant serait plus contagieux que la souche anglaise qui était majoritairement présente au Royaume-Uni. Le déconfinement progressif pourrait également avoir eu un impact sur le taux de contamination. Depuis le 17 mai, il est désormais possible de consommer à l’intérieur des restaurants et bars britanniques. Le relâchement des gestes barrières et de la distanciation sociale pourraient être à l’origine d’une nouvelle hausse des infections de Covid-19.

Royaume-Uni : une majorité de primo-vaccinés

Le Royaume-Uni a fait le choix de réaliser une campagne de vaccination massive contre le coronavirus. Près de 58 % de la population britannique a reçu au moins une dose d’un des vaccins anti-Covid-19, selon la plateforme Our World Data. La stratégie vaccinale du gouvernement repose cependant sur les primo-vaccinations. Il faut attendre 12 semaines avant de recevoir sa seconde dose de vaccin. Or, l’efficacité des vaccins est très faible avec une seule dose. “Les taux d’efficacité des vaccins ne valent qu’après la deuxième dose, soit après un programme complet de vaccination“, a affirmé Jacques Izopet, infectiologue, à La Dépêche.

“Il est possible que les Britanniques paient leur choix de massivement primo-vacciner plutôt que s’assurer une plus grande part de population totalement immunisée”, a souligné Antoine Flahault, épidémiologiste, à 20 minutes. D’après les autorités sanitaires britanniques, une primo-injection d’un vaccin contre la Covid-19 protège à 50 % des risques d’être infecté par le virus. Ce taux diminue à 30 % face au variant indien.

Les scientifiques estiment cependant qu’une troisième vague sera moins virulente que les précédentes. “Contrairement aux autres vagues, il est possible que celle-ci entraîne moins d’hospitalisations, de réanimations et de décès, grâce à la vaccination. Il pourrait y avoir un grand nombre de cas sans avoir un réel impact sur la saturation des hôpitaux”, a complété Michaël Rochoy.

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