Culture d'été. "3 000 ans à t’attendre" : George Miller signe une version décevante du mythe du génie

Alithea Binnie (Tilda Swinton) est narratologue, spécialiste donc des techniques pour raconter une histoire dans les œuvres littéraires. Célibataire, solitaire, rêveuse, elle observe le monde avec scepticisme, mais les circonstances l’amèneront à rencontrer un djinn sorti d’un vieux flacon. Un génie interprété par Idris Elba, qui avant de lui accorder ses trois vœux traditionnels, lui raconte via des flashbacks spectaculaires son histoire façon Les mille et une nuits.

George Miller adapte ici un roman de l’anglaise Antonia Susan Byatt : « Il a toujours fallu que nous rendions le monde compréhensible, lui qui a toujours été imprévisible, perturbant, mystérieux. Ces histoires étaient fondamentales il y a très longtemps, et on continue à en raconter aujourd’hui, même si elles sont parfois fausses, ou toxiques, cela fait partie du même processus », souligne le réalisateur. 

« Nous devions écrire des histoires, des contes, des récits, pour rendre le monde cohérent. Si on ne l’avait pas fait, on n’aurait sans doute pas survécu, faute de protection face au monde. »

à franceinfo

Un univers visuel pas toujours de bon goût

Deux périodes vont alors se superposer et se répondre dans le film : le passé du génie, qui nous transporte à l’époque de la Reine de Saba, au Xe siècle avant Jésus-Christ, jusqu’au sultan ottoman Soliman le Magnifique, au  XVIe siècle, et cette conversation, aujourd’hui, dans une chambre d’hôtel entre Alithea et son djinn, qui finiront par s’éprendre l’un de l’autre.

Une situation qui selon Tilda Swinton poussera son personnage à s’ouvrir, et ne plus croire qu’elle se suffit à elle-même pour exister : « Elle a cette fierté, cette dignité, quand elle dit qu’elle n’a pas besoin de faire un vœu, qu’elle est satisfaite. Parce qu’un vœu serait quelque chose qu’elle ne maîtrise pas, et ne pourrait pas réparer. Elle a vécu presque toute sa vie en se privant de dépendre des autres, elle est autonome, se suffit à elle-même, mais d’une certaine façon c’est aussi sa faiblesse. Ce qu’elle a fermé en elle s’ouvre lorsqu’elle rencontre le djinn. »

Et s’il faut rendre hommage à George Miller, 77 ans, pour faire ce genre de films originaux et ambitieux qu’Hollywood ne produit plus ou presque, le résultat laisse un sentiment mitigé, avec des tableaux visuels pas toujours du meilleur goût et un Idris Elba rarement juste.

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