Ecole et Covid-19 : que faire si mon enfant a le nez qui coule ?

Deux semaines d’inquiétude. De classes qui ferment. De cas contacts. De quarantaine et de tests PCR en urgence. Ces derniers jours ont été, pour les parents d’élèves, les instituteurs et les médecins généralistes, un vrai imbroglio. 

Quel protocole adopter si un enfant à de la fièvre ou le nez qui coule ? Quels documents sont en droit de demander les écoles et les crèches ? Et comment remédier tant que faire se peut à la situation ? Marine Crest, médecin généraliste à Marseille, nous aide à répondre à ces questions et à y voir plus clair. 

Marie Claire : Les conditions d’accueil et les protocoles sanitaires à adopter dans les écoles sont flous depuis la rentrée. Quelles conséquences ce manque de communication a-t-il eu selon vous ?

Marine Crest : “L’incapacité de l’état d’établir une communication entre la Santé et l’Éducation en amont de la rentrée est déplorable. Du coup, depuis deux semaines chacun fait à sa guise parce qu’au fond, personne ne sait. 

Cette inquiétude générale a même commencé fin août : des parents inquiets sont venus au cabinet pour avoir un avis médical sur la situation. En tant que médecins, on n’a eu aucune communication des écoles non plus. Les seules informations récoltées, c’est parce qu’on est nous-même parents. Même chose, l’Ordre des médecins ne s’est pas prononcé à ce sujet.

Cette inquiétude générale a même commencé fin août : des parents inquiets sont venus au cabinet pour avoir un avis médical sur la situation

Du coup, c’est la cacophonie. Le premier jour d’école, j’avais des parents à 7h30 dans mon cabinet, parce que leurs enfants avaient le nez qui coule. 

En tant que médecin, comment avez-vous réagi à cette désorganisation générale ?

Marine Crest : Très clairement, il a fallu que chacun se positionne. Surtout que dans un secteur particulier, ça se sait vite si un médecin fait tester à tout-va, pour la moindre poussée de fièvre ou s’il ou elle envoie les élèves à l’école. 

Peu importe les annonces de Jean Castex en fin de journée (notre interview s’est déroulée avant la prise de parole prévue du Premier ministre, ndlr), je trouve scandaleux que le gouvernement nous ait laissé naviguer à vue pendant deux semaines entières. Avant la rentrée, ils auraient dû mettre en place un protocole clair pour que tout le monde ait le même niveau d’informations et sache quoi faire. Un protocole qu’on aurait pu modifier au fur et à mesure d’ailleurs. 

Cette absence totale de communication n’a fait qu’augmenter le stress d’une part et surtout l’animosité : les gens ne savent pas, donc ils s’énervent face à cette situation.

Le problème, c’est que cette absence de communication entre les ministères d’abord mais aussi publique, ça n’a fait que créer une pression de plus pour les médecins, qui sont sommés de faire des certificats pour justifier les absences, les retours ou de prescrire des tests en urgence… D’ailleurs, ces certificats de retours (à l’école, crèche ou entreprise) n’ont pas de poids légal en vérité, les établissements demandent ces documents pour se protéger.

Quel protocole conseillez-vous concernant les enfants et les dispositifs d’accueil à l’école en cas de légers symptômes ?

Marine Crest : Ni plus ni moins que les protocoles d’usage, hors pandémie. On se rappelle d’abord que les enfants ne sont ni plus porteurs de la Covid-19, ni plus contagieux, ni plus symptomatiques que les autres individus.

Une fois ce postulat là posé, s’il a une légère fièvre, on lui donne du doliprane* et on le surveille. Si 48h après, la fièvre est toujours présente, on consulte. Évidemment, ce n’est pas là même chose s’il y a des comorbidités.

Mais pour le reste, on applique les mêmes réflexes qu’habituellement. Et même si les conditions actuelles sont particulières, il faut se souvenir que 40% des enfants ont de la fièvre une fois par semaine et d’ici un mois, ils auront certainement tous le nez qui coule. 

En ce qui concerne les parents, il suffit de porter son masque et d’appliquer les gestes barrières correctement pendant ces fameuses 48h de surveillance en cas de fièvre, ni plus ni moins. 

Comment éviter de communiquer le stress parental aux enfants, du fait de cette situation ?

Marine Crest : Mis à part répéter ce que l’on sait sur le virus, notamment que son impact est moindre sur les enfants, je ne vois pas grand chose à faire de plus. SI un parent est stressé, l’enfant le ressentira de toute façon. Ce que j’observe de mon côté, c’est que la plupart des enfants tolère mieux les gestes barrières, parce qu’ils vivent ça de façon ludique. 

Plus généralement, ce sont les enfants qui rassurent leurs parents en ce moment !

*Attention au surdosage

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