Elisabeth Moreno : "Les victimes de violences conjugales n'ont pas besoin d’attestation pour quitter leur domicile"

Alors que le gouvernement redoute un regain des violences conjugales avec le reconfinement, la ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes Élisabeth Moreno rappelle aux femmes qu’il faut fuir «lorsqu’elles se sentent en danger».

Mis en place pour enrayer la pandémie de Covid-19, le confinement a aussi pour résultat d’exacerber les violences conjugales et familiales. Preuve en est : lors du premier confinement national, de mars à mi-mai, le nombre de signalements reçus avait augmenté de 36%. Aussi, le gouvernement tient à le rappeler : il vaut mieux fuir que rester dans un foyer violent. «Je veux dire aux femmes qui sont victimes de violences conjugales aujourd’hui, qu’elles n’ont pas besoin d’attestation pour quitter leur domicile lorsqu’elles se sentent en danger. Elles peuvent fuir avec leurs enfants. Les forces de l’ordre – policiers et gendarmes – sont informés et elles ne seront absolument pas inquiétées, bien au contraire, on les prendra en charge», a affirmé la ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes Élisabeth Moreno, vendredi 6 novembre, au micro de Franceinfo.

«Dès qu’elles se sentent en danger, elles peuvent appeler le 17, envoyer un SMS au 114 si elles ne peuvent pas appeler, détaille-t-elle ensuite. Elles peuvent également appeler le 3919, une ligne pour leur permettre d’avoir des conseils, un accompagnement. Car toutes les femmes ne veulent pas forcément immédiatement partir, parfois elles ont juste besoin d’être écoutées et de savoir ce qu’elles peuvent faire. Il y a également une plateforme arretonslesviolences.gouv.fr qui leur permet de déposer leur plainte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ; cette application n’est pas traçable sur le téléphone.»

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Des centres pour les auteurs de violences

Afin de protéger et soutenir au mieux les victimes de violences conjugales, le gouvernement a déployé ces derniers mois un certain nombre de dispositifs. Un système d’alerte a, par exemple, été mis en place dans les pharmacies durant le premier confinement et se poursuit encore aujourd’hui. «Il y a aujourd’hui 22.000 pharmacies en France, 4 millions de Français qui passent dans ces pharmacies et qui peuvent soit dire qu’une femme qu’ils connaissent est en danger, soit les femmes elles-mêmes peuvent prévenir ces pharmacies qui se mettent en connexion avec les forces de l’ordre pour pouvoir les aider à sortir de ces situations généralement dramatiques», poursuit Élisabeth Moreno.

Le gouvernement a aussi décidé de s’occuper des hommes violents. «Il y a deux types : les hommes sous addiction de drogues, d’alcool et autres substances de cet ordre et les prédateurs», explique la ministre. Puis d’enchaîner : «Les prédateurs, il faut les enfermer et il ne faut avoir aucune pitié pour eux. Pour ceux qui sont en souffrance, en difficultés, nous avons décidé d’ouvrir 16 centres d’ici la fin de l’année pour les prendre en charge psychologiquement, médicalement mais aussi les aider socialement, et les aider à se réinsérer dans la vie professionnelle pour justement éviter la récidive et éviter qu’ils continuent dans cette chaîne de violences intolérable.»

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