Épisiotomie : peut-on l'éviter, quelles conséquences et comment bien cicatriser ?

L’épisiotomie consiste à sectionner une partie du périnée pendant l’accouchement afin de permettre le passage du bébé. Explications.

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Épisiotomie : de quoi parle-t-on exactement ?

L’épisiotomie est un acte chirurgical qui se définit comme la  » section au ciseau d’une zone bien précise du périnée afin de permettre le passage de la tête du bébé, pendant l’accouchement  » explique le Dr. Olivier Jourdain, gynécologue-obstétricien. En langage médical, on parte d’épisiotomie médio-latérale.

Épisiotomie : à quoi ça sert ?  » Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que durant l’accouchement, il y a un risque de déchirure grave du périnée ; ces déchirures sont rares mais peuvent survenir au niveau de n’importe quelle zone du périnée, y compris l’anus ou le sphincter de la vessie, ajoute le gynécologue-obstétricien. L’objectif de l’épisiotomie, c’est donc de couper dans une zone qui cicatrisera bien, avec le moins de conséquences possibles pour la santé de la mère. « 

À savoir. Une épisiotomie peut être pratiquée par une sage-femme ou par un gynécologue-obstétricien.

Épisiotomie : quelles sont les indications ?

Épisiotomie : existe-t-il des facteurs de risque ? Le principal facteur qui augmente le risque d’avoir besoin d’une épisiotomie pendant son accouchement, c’est la taille du bébé et (en particulier) le diamètre de sa tête :  » un bébé avec une tête volumineuse entraînera logiquement une dilatation plus importante du vagin et du périnée, donc il y aura un risque de déchirure grave plus important  » clarifie le Dr. Olivier Jourdain.

Par ailleurs, les épisiotomies sont plus fréquentes lors des premières naissances : environ 34,9 % des primipares (c’est-à-dire : des femmes qui accouchent de leur premier enfant) nécessitent une épisiotomie. «  Il existe également un facteur de risque constitutionnel : certaines femmes présentent une élasticité des tissus du périnée moins importante, c’est déterminé génétiquement  » ajoute le spécialiste.

Épisiotomie : quand est-elle nécessaire ? «  L’épisiotomie est pratiquée lorsqu’il y a un risque de déchirure importante du périnée chez la femme qui est en train d’accoucher : la décision de pratiquer (ou pas) une épisiotomie est prise très rapidement par le médecin / par la sage-femme, d’où la nécessité de bien expliquer l’acte à la femme enceinte en amont, durant sa grossesse. En effet, en situation d’urgence, il est compliqué d’expliquer précisément les gestes chirurgicaux qui vont être pratiqués ! « 

Épisiotomie : peut-on l’éviter et peut-on la refuser ?

«  L’épisiotomie est un acte chirurgical de dernier recours, une décision prise en urgence par l’équipe obstétricale pour permettre la naissance du bébé dans les meilleures conditions possibles ; si le choix de l’épisiotomie est fait, cela signifie qu’il n’y avait pas de meilleure solution  » martèle le Dr. Olivier Jourdain.

Par conséquent, il n’est malheureusement pas possible de dire  » non  » à une épisiotomie.  » Dans certains cas, lorsque la déchirure périnéale est très légère, on préférera une petite déchirure à une épisiotomie  » nous rassure le médecin.

 » L’épisiotomie fait peur, d’où l’importance de bien l’expliquer en amont, avec des dessins et des schémas : le médecin / la sage-femme va sectionner une partie du corps que la patiente connaît mal, qu’elle ne voit pas… c’est pour cela que, lors de la préparation à la naissance, je recommande de se familiariser avec son périnée, notamment à travers le sens du toucher. « 

À savoir. Le taux d’épisiotomie est en baisse en France. Tandis qu’en 1998, une épisiotomie était pratiquée dans 55 % des accouchements (et jusqu’à 71 % lors d’une première naissance), cette intervention concerne aujourd’hui 20,1 % des accouchements (et 34,9 % des primipares). Source : rapport DREES 2017.

Épisiotomie : comment se déroule la cicatrisation ?

À savoir. Une cicatrice d’épisiotomie mesure quelques centimètres seulement : les  » grandes  » épisiotomies restent très rares.  » La suture est réalisée avec des fils résorbables : il n’y a pas de points de suture à enlever  » souligne le Dr. Olivier Jourdain.

En moyenne, la cicatrisation après une épisiotomie se fait en l’espace d’une dizaine de jours :  » cela dépend évidemment des femmes « . Pour permettre une cicatrisation rapide, des soins locaux sont mis en place :  » ils sont réalisés à la maternité d’abord puis au domicile de la mère ensuite : il s’agit de traitements antiseptiques (eau + Bétadine®) qui sont administrés par voie locale par la sage-femme  » précise le gynécologue-obstétricien.

La cicatrice d’épisiotomie peut être douloureuse – ça  » tire  » !  » Ça ne dépend pas de sa taille, mais plutôt de la tolérance de la patiente  » remarque le Dr. Olivier Jourdain. Après une épisiotomie, pendant plusieurs semaines, il est nécessaire de limiter l’activité physique :  » certains sports ne sont pas contre-indiqués (comme la natation, par exemple) tandis que d’autres sont à éviter (les sports d’impact : le footing, par exemple) « .

Merci au Dr. Olivier Jourdain, gynécologue-obstétricien à la Polyclinique Jean Villar (groupe ELSAN – Bordeaux).

Source : Le Monde

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