Grâce à la mobilisation des internautes, Olivier, petit garçon autiste privé de cantine après une crise, la réintègre

« Au moins, je ne serai plus dehors à me geler », réagit le petit Olivier, soulagé. À partir de ce mardi 6 décembre 2022, cet élève de 10 ans atteint d’un trouble du spectre autistique (TSA), peut de nouveau déjeuner à la cantine de son école publique, située dans le 9e arrondissement lyonnais (Rhône).

Olivier, 10 ans, déjeunait dans le froid devant l’école

« C’est grâce à vous », remercie la veille en vidéo l’entrepreneur engagé pour l’inclusion Chams-Ddine Belkhayat sur Twitter. 

« Vous » ? Les internautes indignés, mobilisés pour que la situation de l’enfant, qui fut privé de cantine scolaire du 24 novembre au 5 décembre, évolue.

Le 24 novembre dernier, l’écolier a « fait une crise entre le temps périscolaire et le temps scolaire, au moment de la sonnerie, donc au moment de retourner en classe », explique Cécile, la mère de ce dernier, face caméra pour Handicap.fr.

Cette crise s’est déroulée durant l’absence de son référent ULIS (Unité localisée pour l’inclusion scolaire). À la suite de quoi, Olivier a été exclu de façon indéterminée de la cantine. « On a pourtant mis un protocole de gestion des crises, qui a pourtant bien fonctionné dans le passé », regrette la mère.

Le 2 décembre dernier, « Un Révélateur », suivi par 85 000 abonnés sur Instagram, a publié un portrait de l’enfant triste devant son école, son injuste histoire en légende.

« Tous les midis, il mange donc un repas dans le froid que sa maman lui amène après un périple de 3 heures en transports en commun pour quitter et retourner à son emploi… », relaie le compte influent.

« Pourquoi ? Parce que les responsables périscolaires répondent qu’ils n’ont personne pour accompagner Olivier sur les temps du midi. (…) C’est pourtant un droit pour Olivier comme pour chaque enfant d’être accueilli sur le temps périscolaire, mais bien trop souvent, les droits des enfants en situation de handicap ne sont malheureusement pas respectés », rappelle « Un Révélateur ».

https://www.instagram.com/p/ClqVsLPLPY5/

Olivier « pleure chaque midi parce qu’il se sent exclu, jugé à cause d’une différence qu’il n’a pas choisie, ni lui ni sa famille », peut-on aussi lire dans la publication du Révélateur « likée » plus de 720 000 fois.

« Cette barrière derrière lui, c’est celle que la société met entre les personnes dites normales et les personnes jugées trop différentes », dénonce encore le post.

La ville de Lyon demande de l’aide à l’État

Lundi 5 décembre, une réunion a été organisée par le maire de Lyon Grégory Doucet afin de régler cette situation et un nouvel AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap) a été recruté. Ce dernier « interviendra sur le temps périscolaire (…) pour qu’une solution adaptée et durable soit trouvée pour son épanouissement », écrit la municipalité dans un communiqué de presse.

Cet évènement « révèle les difficultés rencontrées par les collectivités concernant les métiers du soin depuis la différenciation de l’accompagnement entre les temps scolaires et périscolaires », tient aussi à pointer la Mairie, appelant à une coopération plus étroite avec l’État. Et de dénoncer, à leur tour : « Les communes se retrouvent désormais en première ligne, pour assurer le meilleur service public possible pour les habitantes et habitants. »

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